‹ Georges Cadoudal et la chouannerieChapitre 44 sur 99 · MORT DE MKRCIER LA VENDEE · texte numérisé non relu

MORT DE MKRCIER LA VENDEE

u cuments que j'ai consultés, ne contredit linduction qu'on a «le droit de tirer de cette anecdote très-authentique. Les « bornes étroites d'une simple lettre ne me permettent pas de « m'étendre là-dessus davantage. Mais il me reste encore à c< faire une observation sur celui de mes ouvrages que M. Le i Jean a eu l'obligeance de citer; c'est que cet ouvrage a été u -.upprimé par moi en 1849, non pas à cause de l'inexactitude I' (les faits, mais à cause des interprétations très-pénibles pour 0 moi et pour d'autres auxquelles ont donné lieu certains pas- « sages d'un sens malheureusement trop équivoque. En vou- ■■' !ant me transporter dans le temps et les lieux où se passè- " rent les événements que je raconte, et en voulant reproduire i> les sentiments et les impressions qui nous dominaient alors « dans toute leur naïveté, ou plutôt dans toute leur àpreté, j'ai « placé involontairement certains personnages, dont le rôle « était souvent au-dessus de mon appréciation, dans un jour « Irès-défavorable, et je n'ai pas assez clairement expliqué K pourquoi j'avais besoin de faire ressortir, dans un intérêt pu- « rement artistique, certains traits et certains caractères. C'est « ainsi qu'en voulant tracer le tvpe très-original du marin « chouan, j'ai raconté un acte de brutalité sauvage de l'intré- « pide Rohu envers le marquis de la Boissière, qui remplis- « sait les fonctions de chef d'élat-major, et quoique j'eusse si- « gnalé quelques pages plus haut son infatigable vigilance, «son caractère tout chevaleresque et surtout son intelligente « sym|>athie avec le paysan breton, la malveillance a trouvé n moyen de faire oublier l'hommage bien spontané que je ren- II dais à un homme dont personne jilus que moi n"a respecté « les vertus et la mémoire, et elle a su faire prévaloir jusqu'au « dernier jour son interprétation auprès de celui qu'elle avait n profondément blessé. 11 en est résulté pour l'auteur, non pas ce précisément des remords, mais des regrets non moins amers « que le remords même.

n Ceci est encore plus vrai pour la partie de ma narration « qui parle de ce qui se passaitdans l'intérieur de notre collège « immédiatement avant notre insurrection. Avec ce même

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« m illieiireux déiir de reproduire plus fidèlement les passions 0 qui nous exaltaient alors, j'ai retracé avec complaisance la Il lutte presque quotidienne de ces passions non moins impé- (1 rieuses que turbulentes contre le principal du collège, qui «jouait son rôle naturel et légilime en comprimant nos ten- K dances précoces à rinsurreclion, et j'ai appuyé tellement sur « le rôle impopulaire de ses devoirs que l'impression qui en « reste cesse d'être conforme à la justice. Le tort que cette « partialité a pu lui faire dans certains esprits n'a pas été Cl moins involontaire que celui envers notre chef d'état-major; Il mais il y a de plus une circonstance très-aggravante, c'est K que le souvenir de bienfaits reçus aurait dû, en dépit de l'en- (1 traînement esthétique, arrêter la plume de l'auteur, ou la Il mieux inspirer.

Il Voilà sous l'empire de quels sentiments j'ai voué, autant « qu'il était en moi, à une complète destruction cet opuscule Il composé, j'ose le dire, avec autant de conscience que de Il bonheur, sources des plus douces illusions patriotiques avant « sa publication, et où je m'étais proposé, avant tout, de mon- B trer ce que peut, dans déjeunes âmes bien disciplinées, l'é- B ducation du caractère combinée avec l'éducation de l'in- « telligence par l'élude, et l'éducation du cœur par la piété. Il Agréez l'assurance, etc.

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Mercier, comme on vient de le voir dans le portrait qu'en a tracé Puisaye, avait des aptitudes remarquables en tous genres. A une certaine époque, il écrivit la pièce suivante, qui contient la juste expression de la pensée des royalistes qui, au sein même de la guerre civile, furent toujours des hommes nalionnux et libéraux :

« Après avoir l()ii{;lcMnp> (•>s,iy(' de combattre et de négocier « avec l'anarchie française, les souverains semblent avoir rc- « connu enlin que l'unique moyen d'arrêter les [irogrès de » l'incendie qui menace de dévorer toute l'Europe, c'est de « réunir leurs forces contre les ennemis de tout ordre social,

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.. (le détruire en France le républicanisme et de rétablir une a monarchie : il est donc encore permis d'espérer une coali- (1 tlnn nouvelle d'une étendue plus générale, d'une activité Il |)lus soutenue, d'une politique plus saine que celle qui pré- . ( édemment a frustré nos vœux. Mais il est difficile d'en al- « iriidre un parfait accord, une confiance réciproque entre les .• dilTérents cabinets, un ensemble d'opérations combinées sur

I - seuls principes d'un honneur chevaleresque et d'un désf iuléressement absolu.

<i A la crise actuelle succédera nécessairement une nouvelle " li;i!ance politique de l'Europe. Plusieurs cabinets doivent .1 d(-slrer et désirent sans doute que la France reprenne son u i.iNg parmi les puissances de l'Europe ; mais peut-être aussi " d'autres cabinets se proposent-ils d'affaiblir la France, soit

I ir la diminution de son territoire, soit de la paralyser par .- I établissement d'un système de gouvernement différent de- 11 celui sous lequel elle a prospéré.

u II serait assurément très-impolitique de manifester de telles- «appréhensions; plus elles seraient fondées, plus les puis- « sauces étrangères seraient disposées à prendre ombrage. il Quelles f|ue soient leurs arrière-pensées, la prudence ne « permet pas de repousser les recours qu'elles peuvent offrir (1 au royalisme; mais elle n'en commande que plus impérieu- « sèment de contempler en secret l'influence que doit avoir « l'intervention des puissances étrangères sur la destinée de « la France, et de calculer leur politique à venir sur leur u politique passée. Plus on réunira les éléments de ce calcul, a j)lu5 on se pénétrera de la nécessilé de rallier sans délai sous « l'éleiidard royal tous les Français (idoles.

11 l'our que le Roi reçoive sans danger les secours étrangers, « il faut qu'il puisse s'en passer avant la fin de la première Il campagne. Si la puissance militaire de la France n'était pas 11 reconquise avant la pacification générale de l'Europe, sa « |)uissance fédérative serait nulle au congres qui balancera «1 les conditions de celle pacification, et la monarchie ne sera « rétabli»; sur des bases solides, l'ordre ne sera assuré dans

GEORGES CADOTDAL.

« l'intérieur du royRume, que lorsque la puissance royale se fera « respecter à Texte'rieur. Mais, dira-t-on, existe-t-il en France CI un parti royaliste susceptible de se rallier promptenient, de K former une force stable et une niasse imposante de puis- B sance? Sans doute, il existe des partisans, mais isolés et dés- 11 unis ; des insurrections partielles de paysans n'auraient de Il résultats que l'effusion inutile du sang humain, parce que, a sans armée régulière, on ne peut calculer ses opérations, et n vous n'en pouvez former une, si l'Angleterre ne débarque « sur vos côtes un corps de troupe assez nombreux pour proté- K ger la formation de cette armée et lui fournir, au moins dans K les premiers moments, des secours en argent et en munitions. « Oui, répondrons-nous, il existe en France un parti sus- « ceplible de se rallier promptenient. Les hommes qui, sans « secours, ont lutté pendant trois ans contre les puissances des K usurpateurs, qui, malgré la division de leurs chefs, la crainte 0 d'une paix générale et les circonstances qui les ont privés de « la présence de Son Allesse Royale, n'ont pu être forcés de « rendre les armes que p;ir une armée de cent cinquante mille « hommes d'excellentes troupes, dirigées par un chef h;ibile; « ces mêmes hommes existent encore, et désirent essayer de « nouveaux efforts. Leiu's chances sont d'autant plus belles Il que le nombre de gens susccptdjles de combattre leiu'S enne- II mis s'est beaucoup augmenté; leurs chances sont plus belles. Il parce que leurs chefs, unis entie eux, sont tous soumis à une « seule volonté. C'est Monsieur qui les dirigera tous au moyen « de communications fréquentes. C'est Son Altesse Royale qui, «dans sa sagesse, aura combiné le plan de préparation et d'ac- « tionquidétenninera leurs premiers succès ; leurs chancessont Il inconi|)arablement plus belles, [)nrce qu'il est presque cer- 11 tain qu'ils ne feront pas longtemps la guerre sans élre mal- II 1res d'une partie de la côte, et r[u'alors Monsieur, se mettant Il h leur tète, donnera aux royalistes une attitude (rcnscnibie Il et une coiisidéraliou qui lixera la victoire. »

Les restes de Mercier', lr(i|i liinj;louips séjiarés de ceux de

I Le oi.ip'i il.' .Mm l.r lut cnliiir il.in» !.■ ilmrd.TC il.' I.oiiil.ir. (> ilim-

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îeorges, sont enfin réunis à ceux de son ami dans le monunent de Iverléano : « In morte cliain non sunt ilivisi. »

leie a\am été détruit en 1817, se:» ossements furent transportés dans lenouf MU cimetière. Pour leur donner plus de considération, un royaliste, un nient, Claude Carimalo, les Ht enfermer dans une boîte qui fut déposée dans a tliapelle de l'hôpital, où ils restèrent jusqu'en 1830. A cette époque, la .upi^iieure des religieuses de l'hôpital, craignant que ce déjtût ne compromit c lalilissement, fit enlever la boite et la cacha dans un trou pratiqué dans la ;oiii ; mais, les jours d'agitation étant j)assés, cette même sujïérieure fit retirer f-- '^i^seuieiits de leur cachette, et, comme ils lui inspiraient toujours des ! Milles, elle déjiosa au fond d'un grenier la boite qui les contenait.

1,11 1867, ui'étant mis à la recherche de ce précieux dépôt, je m'adressai à M. le curé de Lotidéac pour savoir ce qu'il était devenu; mais ce bon curé ne put me renseigner. En 1871, je fis la connaissance fortuite d'un autre iicv, u de M. Duparc, M. Lesagc, curé de Saint-Tbélo, qui m'indiqua le lieu un I (lient les restes de Mercier. Ils furent remis à M. Lesage par la nouvelle sii|ii'ii(.'ure, et ce dernier les a mis en ma possession. La boîte contient le bill' t suivant : » Ce sont les ossements du général la Vendée, mort dans la « ('iinmnne de la Motte; d'abord enterré dans le cimetière de la place Notre- " Il nue des Vertus ; ensuite, le cimetière ayant été défait, Claude Carimalo " I iinnut le général. On l'a transporté à l'Iiospice, où il a été conservé par " I - -oins des supérieures qui ont régi l'établissement. »

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