‹ Georges Cadoudal et la chouannerieChapitre 48 sur 99 · I I.NTATIVES D'ASSASSINAT CONTRE LE GÉNÉRAL GEORGES · texte numérisé non relu

I I.NTATIVES D'ASSASSINAT CONTRE LE GÉNÉRAL GEORGES

a Si par hasard Duchatellier, rainé, le marchand de chen vaux, allait chez vous, faites-le arrêter et fusiller, c'est un ■ espion '. n

« On voit ici, continue l'abbé Guillevic, une des mille et une rn~es que les traîtres employaient pour arriver jusqu'à nous. M. Duchatellier y arrivait sous prétexte de vendre des chevaux de bataille à nos officiers supérieurs. Il trouva la mort dans le •idumede Guillemot, tout en examinant comment il pourrait aelque nuit y porter le massacre ".

« MM. de Saint-Hubert et de Beauveau' se rendirent vers la mi-décembre du Poitou à Vannes dans la même intention que M. de B... y était venu de Paris, et ils écrivirent comme l'avait fait M. de B... pour avoir de Georges une audience. C'était, en effet, alors l'unique moyen de parvenir ou de rien faire parvenir aux généraux. J'étais le seul à savoir positivement leurgite. Les courriers l'ignoraient ordinairement eux-mêmes. Les papiers dont ils étaient porteurs étaient le plus souvent sons l'enveloppe de quelque officier de canton, témoin la recommandation que m'en fait le général dans ses lettres des 22

' Il Totilait dire : • Envoyez-le au proclmin chef de division, qui en fera ce que de droit, a C'était la marche, et mon état ne me permettait rien autre chose, (^otc de l'ahbé Guillevic.)

* Grii.i.EMOT. — Les bleus, dont il était l'effroi, l'avalent qualifié /ioi de Bignaii, du nom du chef-lieu de sa division, dont il avait fait comme leur ciraelièri'. Gui'Iemot n'avait pas les moyens de Georges et de Mercier, mais il en avail le dévouement, la loyauté, la valeur. Il passa en Hretajjne lorSque notre infortuné général partit de Londres pour l'expédition déplorable de 1804. Il revenait en Angleterre à la lin de cette année avec le second de. ses fiU, lorsqu'il fut livré par un de nos oflicicrs qui sauva sa vie au prix de celle de son major général. \ mon dernier voy.ige sur Icconlincnl, je trouvai nue ce fils chéri était réduit à se cacher comme conscrit réfractaire. Conformément au\ intentions du Roi et de Monsieur, au mois de juin 1808, je m'empressai de le faire passer à Londres avec .MM. Kirch et Thomas, en janvier 1810. Il y est depuis à la charité de ses compatriotes.

Cela est d'autant plus f.icheux que ce jeune homme annonce les plus heureuses dispositions et pourrait nous être dans l'occasion de la plus grande utilité. (Xote de l'abbé Guillevic.)

•* .M. de Saint-llubirt se faisait aussi a|)peler le chevalier de Sainl-.\nge; qunnl à M. de Beauveau, M. de Carado-Molai-, neveu de madame de Beauveau, éinigrée ;i Londres, soutenait qu'il n'avait aucun droit à s'afftdilcr de ce

GF.OnOKS CADOUDAL.

et 2G décembre 1800, ainsi que dans celle du G janvier 1801, rapportées ci-dessus. Il parait que Georges, instruit de la mission de MM. de Saint-Huljert et de Beauveau, leur refusa toute espèce d'audience :

(( Je vous ai répondu hier pour ces messieurs de Vannes " , me marquait-il le 26 décembre. Cette lettre est perdue, comme tant d'autres, mais celles qui vont suivre la suppléent.

« Repoussés dans une première attaque, nos assaillants n'en avaient rien perdu de leur ardeur, et, quinze Ijours après, ils veulent remonter sur la brèche pour un nouvel assaut. La personne qui les avait accueillis à Vannes sans précautions (et presque sûrement elle en avait eu des reproches), crut devoir me consulter cette fois. J'en écrivis au général qui me répondit le 14 janvier 1801 :

u La correspondante ' de Vannes n° 1 pourra recevoir chez « elle les deux Vendéens qui y ont déjà été, mais sans leur faire « la moindre confidence. «

Il Ce fut alors que désespérés de ne pouvoir pénétrer par moi jusqu'au général, ils s'adressèrent pour plus de succès à l'un de ses ofliciers de confiance qui s'était marié pendant la paix et demeurait dans Vannes. Cet officier, sachant que nos Vendéens passaient pour être, ainsi que les B.,. et les Duchatellier, de la horde de Fouché, se retrancha d'abord sur ce qu'ayant pris femme, il avait dès lors rompu avec les chouans, spécialement avec Georges, et qu'il ne pouvait ni ne devait désormais renouer avec eux. Ils pressèrent, insistèrent, sans gagner un pouce de terrain.

(1 11 leur défendit surtout de jamais mettre les pieds chez lui, prétendant qu'ils le comproinellraient ; mais il y rentrait h peine que M. de Beauveau y entrait sur ses talons.

« Aprèi de premiers reproches d'une part et de pituyabli-s excuses de l'autre, excédé de .ses supplications, il lui promit d'engager le premier de ses ciimMadcs «pi'il liouvcrait en ville de prendre à son sujet it au ■-ujei <l(^ Saint-lluKert iiîs

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