‹ Georges Cadoudal et la chouannerieChapitre 49 sur 99 · TKNTATIVKS D'ASSASSINAT CONTKE LE GÉN É RAL GEORGES. 2T · texte numérisé non relu

TKNTATIVKS D'ASSASSINAT CONTKE LE GÉN É RAL GEORGES. 2T

ordres de Georges. Ces ordres furent qu'ils quitteraient l'un et l'autre le territoire de l'armée de Bretagne, dans les vingt- 'quatre heures, sous peine de la vie, et ce fut le n" 2 ' qui alla les lui signifier de la part du général. Il n'est point de lamentations que ces messieurs ne firent alors sur ce qu'on suspectait leur royalisme dans le Morbihan, après tant de sacrifices faits par eux à la cause du Roi, dans la Vendée. Us se réclamèrent de leur qualité de députés, car ils se disaient aussi envoyés aujirès de Georges de la part de je ne sais quel comité, de je ne sai5 quelle armée encore; je me le rappelle fort bien maintenant. " Ne voyant plus de quel bois faire flèche, ils s'excusèrent de partir sitôt sur ce qu'ils n'avaient pas le sou pour faire la roule.

» Le général m'écrivit le ',) février (ainsi le combat fut opiniâtre) :

^ Mandez aux deux messieurs arrivés que dans ce moment il m'ent impossible de les voir et que je leur conseille de retourner chez eux. Je vous fais passer douze cents livres; vous tu ferez tenir six cents à ces messieurs. "

,1e m'empressai d'envoyer cette somme à Léridant, qui la i iui|ita tout de suite à nos deux chevaliers d'argent court, en leur réitérant de la part de Georges 1 injonction de quitter, et loiijnurs sous peine de la vie, le territoire de son armée dans les vingt-quatre heures.

u Mais Georges ne vous charge, vous, que de leur conseiller de s'en retourner chez eux. — Georges pouvait-il me charger d'autre chose? Un prêtre sait recevoir la mort; il n'en signifie pas l'arrêt. ..

« Si MM. de Saint-Hubert et de Heauvean par(ageaient le crime de MM. Duchatcllier et de B..., pourquoi, dira-t-on peut-être, loin de leur en faire paitager le sort, les renvoyer avec vingt-cinq louis de gratification dans leur poche? J'ai fait moi-même celte question au général Georges. Voici sa réponse :

' M. Lcriil.iiil.

274 CEOKGF.S CADOUDAL.

« Saint-Hubert et Beauveau sont sans contredit aussi cri- « minels que Duchatellier et B..., et comme eux ils mérite- « raient la mort. Aussi ai-je longtemps balancé surle parti qu(^ B je prendrais à leur égard. Je me suis décidé pour le parti de Cl l'indulgence parce que si j'en étais venu aux dernières extré- « mités mihtaires contre deux officiers de la Vendée, les armées n vendéennes n'auraient immanquablement pas manqué de " me demander la raison de tant de rigueur. La raison en est Cl bien suffisante, assurément : ils venaient pour m'assassiner. ■c J'en ai par devers moi des preuves irréfragables. Malheuc< reusement ces preuves me sont privatives. Je ne pourrais les « communiquer à personne sans m'exposer à perdre les amis «précieux de qui je les tiens. Je ne le ferai jamais. Mais les c< armées vendéennes m'auraient-elles cru sur parole? N'au- 11 raient-elles pas regardé l'exéculion de leurs officiers par l'arci mée bretonne sur des on dit, comme une vengeance que «j'aurais exercée sur leurs généraux pour m'avoir abandonné « tout aussi vilainement en 1800 qu'ils l'avaient fait en 17',)G? « Mon indignation s'en est expliquée dans le temps sans mé- « nagement. Ce soupçon se serait répandu sans exception; «peut-être eût-il entraîné des représailles qui, sans contredit, Il en eussent enlrainc- bien d'autres, et nous nous serions à ja- « mais réci])roquement fermé toute porte à un rap|)rocbement « que, d'un jour à l'autre, les événements peuvent désormais B amener sariS contrainte. ï/.i cause avant tout. "

Il Sur ces entrefaites, dit plus loin l'abbé (îuillevic, airiva à Vannes, vers les dix beures ilu soir, M. de Beauveau lui-même. Je le sus dés le lendemain matin. Je rassemblai sur l'beure quatre officiers royalisles incomparables pour une pareille expédition, à qui je proposai de l'aller arrêter h son auberge. Je mis à la tète de ce coup de main ce M. Beribelot dont j'ai parlé plus liant, en lui observant que je lui donnaiscclte preuve de eonliaiu-e parce que je ne ]>ouvais mieux cboisir pour une entreprise qui demandait autant de sang-fioid que d'audaeejCt fque, d'ailleurs, j'étais cbaigé d'avoir <i lui offrir l'oceasion de réparei pai- une ailiiin il éclal le scandale qu il avait iIimuk" tMi

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