‹ Georges Cadoudal et la chouannerieChapitre 50 sur 99 · ENTATIVES D'ASSASSINAT CONTRE LE GENERAL GEORGES · texte numérisé non relu

ENTATIVES D'ASSASSINAT CONTRE LE GENERAL GEORGES

enrôlant sous les bannières de ce scélérat. Mes quatre braves

• mirent bientôt en chemin pour Vannes pleins d'espoir et de ie. Mais un d'entre eux s'étant présenté sur les dix heures et emie pour parler à M. de Beauveau, on lui dit qu'il était renrli dès la veille. En effet, MM. de Saint-Hubert et de Beaueau, apprenant au sortir de la voiture le supplice de quelue>-uns de ces coquins, et jugeant que tout était découvert, e filent en conséquence que presque changerdechevaux et rerirent en toute hâte la route de Paris, laissante des mains plus ardies l'exécution de ces sanguinaires complots'. "

Sans doute, il a pu arriver au milieu de celte multitude, de et enchevêtrement d'attentats, que parfois le soupçon se soit lissé et qu'on eût même à regretter des erreurs. Du moins lans ces erreurs il n'y a point eu de victimes, et celles qui nt péri, comme M. de B..., ont été exécutées pour des rimes trop avérés. 11 semblait qu'on était revenu, à cette épo- (ue, au temps où l'épée du général remplaçait le glaive de la ustice. Du Guesclin et Clisson jugeaient, condamnaient, exéutaient sommairement. Ils n'avaient pas de temps à perdre, 'ense-t-on que Georges en ait eu davantage?

Il lui arriva en ITi'O une aventure qui montre bien limposibilité pour les guerres de partisans, de ces procédures comiliquées. M. de Botherel, commissaire du Roi près.de Georges, ui disait un jour à Grandchamps : « Mais, Georges, vous vous êtes permis de lever des hommes en Bretagne sans l'autorisation des États; vous vous êtes de plus arrogé ie droit de «juger, de faire exécuter des Français, sans audition de té- « moins, sans procédure, suivant les anciennes lois, sans inforu formations; savez-vous qu'on pourrait bien un jour vous « demander en vertu de quel droit vous avez agi et prononcé « ces sentences? "

Quelques instants après on cria : « Voilà les bleus! " et chacun de courir à ses chevaux, de les brider, de les sangler, pour se sauver prom]Uement. M. de Botherel ne fut pas le

* Notrs .Tiitographes cl înédiles de l'abbé Gnillevlc.

dernier à prendre la fuite, pendant que plusieurs voix lu criaient : « Eh! monsieur le comte, et l'accusé, et la procé « dure, et les papiers, et l'encrier, qui est-ce qui se charge dt «tout cela?» Notez qu'il eût suffi d'une seule de ces pièce pour faire fusiller tous les habitants de la maison. La leçor était bonne, on ne dit pas si elle fut comprise de M. de Bo therel.

Toutefois, tout en admettant que la justice des guerres civiles est forcément sommaire, on ne peut s'empêcher de regretter que celle de Georges ait trop souvent pris ce caractère Que n'a-t-il laissé, dans l'intérêt de sa mémoire, plus de procédures écrites"? On eût vu à quel degré il avait l'instinct et le sentiment de la justice dans ses décisions les plus in)placables, et qui avaient tout un peuple pour complice.

Du reste, les moyens infâmes qu'employait contre lui la police consulaire étaient bien faits pour être suivis de terribles représailles. On peut même s'étonner qu'elles n'aient pas été plus fréquentes et que la liste des « délits de brigandage » publiée en l'an XII à la suite de l'immonde brochure de Montgaillard n'ait ])as été plus longue et plus probante. On y trouve, par exemple, l'exécution de l'évéque jureur Audren,à laquelle Georges était tout à fait étranger, et celles de Piei're le Moing, de B... et Lafné, dont nous avons expliqué le caractèi'e.

Il s'en faut d'ailleurs que tous les actes de vengeance mentionnés dans celte liste proviennent du fait de Georges ou aient été exécutés par ses ordres. I-'assassinat du maire de Moréac, par exemple, a été prémédité et exécuté par Sainl-IIilnire. Celui de JM. Bertrand, négociant de Lorient, acquéreur d'un domaine national dans la commune de Languidic, provient du fuit de Hohu.

En somme, dans les actes recueillis sur cette liste, il n'y a de bien prouvés à la charge de Georges que l'excculion de Pierre le Moing, de MM. de It... et Eainé, et celle de Diuhaleiiier dont la culijabiiité était cvidoiile.

Ij'cnievcriK'nt de M. de (Jucrhoi'iil n'cul pas pour eau-.»" I.i défection de ses eniaiils, mais rai-i|uibiti()n de I aliliaye de

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