ACTE DE NAISSANCE DE GEORGES CADOUDAL
PAROISSE DE BRECFl
Ij'an de grâce mil sept cent soixante-onze, le premier jour du mois de Janvier, je soussigné, prêtre de cette paroisse, ai baptisé un fils né ce jour dn légitime mariage d'entre Louis Cadudal qui signe et 5larie-Jeanne Le Bavon, ses père el mère, laboureurs du village de Kerléano ; on lui a donné le nom de Georges; parrain a été Pierre Cadoudal, qui signe, et marraine Yvonne Le Lamer, qui, avec le père el parrain présents qui signent, a déclaré ne savoir signer de ce interpellés, en foi de quoi j'ai signé :
Signé : Pierre Cadl'dai., Louis Cadudal et Y. Esvelin.
(Archives île Kcrk-ano.)
Notes sur les élèves c/it colliije de Vannes.
En 1790, un inaiire d'anglais au collé{;e de la marine ayant insulté, dans une brochure, les écoliers paysans à cause de coudes perces, ele... le collé(;e ou masse se porla vers la maison Casiello pour le pendre. On força les |)orles de la halle pour enlever la potence, qui était déjà sur la grande place, quand on sut que le coupable avait quitté Vannes pour n'y jamais revenir. Ou voulait lui faire faire amende honorable à genoux, avant de le pendre. Il avait osédire qu'il aurait fallu ne faire étudier que les jeunes gens ayant de la fortune.
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Alors les écoliers portaient le chapeau à trois cornes; tous, sans exception, en entrant au collège quittaient l'habit de paysan. Après la Révolution cet habit avait été honoré, les écoliers leconservèreni.
(Note de IM. A. F. Rio.)
(Archives de Kerlcano.)
Lettre de l'ahlic' GiiUUvic, curé de Plœmevr, à l'abbé Giiéijan, cure de Ponl'wy, député à la Constituante.
Il Monsieur et cher confrère,
(i Je doute que vous ayez pris le bon parti, en jurant. La
démarche chancelante de la plupart des curés jureurs de l'Assemblée, ]e jurement de l'évêque d'Autun iiianiué au B coinuie l'évêque lui-uièiMO, les palliatifs à tous maux de l'étrange évêque de Lydda, la confession que le curé Royer a pieusement faite de son confesseur aristocrate, la dénonciation de l'Auvergnat Bourdon contre le respectable Bonnal, le serment niorl-né de Grégoire le petit, etc., etc., avec tout cela six mois de réflexions sérieuses et d'études suivies, plus que tout cela la conduite sage, noble, intrépide et vraiment apostolique du Corps épiscopal, seid juije en fait de doctrine; ma raison, mon honneur et ma conscience m'ont irrévocablement fixé dans les principes que je professais, sans déguisement, an mois de mai 178!(.
Il Je désirerais que les ecclésiastiques jureurs éfayassent leur serment d'un avis doctrinal. Je connais quelqu'un qui, pour n'être pas plus instruit qu'un autre, ose prendre rcngagcnjcnt de répondre à ce corps acéphide, si pourtant ou ne l'assassinait pas pour le réduire au silence. Car le fer, le feu, la faim sont aujourd'hui les forts arguments de nos nouveaux apôtres... Quand on a pour soi la raison et les (ails, ton! champion peut combattre des allégations vagues et des citatimis fausses.
Il Je ne crois pas que vous ayez beaucoup d'imitateurs dans le diocèse. Vous connaissez la lettre de notre bon évéque, tous les bon» ecclésiastiques se sont fait un devoir d'y souscrite.
u Au reste, mon cher confrère, notre différeule fa^-on de penser sur la qiu'slii)ii de sçavnir si rA>sciMl)lée natiouali- a touché au
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spirituel et quels en sont les juges, ne détruira jamais chez moi les sentiments d'amitié et d'estime que je vous ai voués pour la vie. Je me flatte du retour.
« Je suis, etc.
Il GUILLEVIC, " Recteur de Plœineur. »
(.\rcbives de Rerléano.)
Lettre à iévéquc intrus de Vannes, d un Chartreux refusant la place qui lui est offerte.
- Bignan, le 11 aoiil l-fll.
« JIOKSIEIR,
« Les principes de religion auxquels j'ai été, je suis et serai toirjours invariableinenl attaché, m'empêchent d'accepter la place que vous m'offrez et toutes colles qu'on pourrait m'offrir.
" J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec un profond respect,
■c Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Il Le Ql'entrec,
" Ci-devant Chartreal. ..
(Archives de Kcrleano.)
Maximes de l'Eylise catiwUijue, apostolique et romaine, à l'usaye des fidèles, pendant le temps de schisme et de persécution.
Aux hommes Iti ohi-iras Mais à Dieu préférable
Une foi m professerai Celle de nome uniiju
Au Pape lu te soumellras, Aux évéque» pareillement.
Eu eux seuls tu reconnaîtras L'Église et son gouvernement.
Aux \rais Pasteurs tu montreras Un inviolable attachement.
D'e:ix seuls tu rcccv Les sacrements, l'en
Des scliisnialiques tu fu Messes, sermons égalcn
Qu-.
le confessrra*, s (le miirl imiqu
Devaiii eux oc le marieras.
Tu n'aurais pas de sacrement.
Kl dans ta maison tu prieras, Si tti ne le peux auircuioiu
Des iatius m déploreras Le pitoyable aveu(;lcment.
Avec soin lu le garderas De te souiller par leur sermeat.
Pour les persécuteurs n^auras Ni liaiae, ni ressentiment.
Mais à Dieu lu demandera* l.cur conversion sincèrement.
Pour la fui le glorifieras D'endurer tout patiemment.
A sa perte préféreras Les fers, la mort et son tourme
ïl.vis les souffrances ta prieras Uu Uieu courroucé justenicul.
El par les pleurs détourneras De tes pcclics le châlîment.
Ces maximes etisciflneras A les enfants soigneusement.
(Archives de KerUano.)
Déclaration du recteur de Plœineur à ses paroissiens an sujet de son refus de prêter serment à la Constilufion civile du clcrrjc.
u MESSIEtinS ET MKS TRÈS-CIIERS PAROISSIENS,
Il Je crois en conscience ne pouvoir pas prêter le serment prescrit par le décret du 27 novembre dernier, que je vous ai lu diiiianclie. Il serait de mon devoir de justifier mon refus. Celle justiliration me serait aisée; mais dans les circonslances difficiles oii nous nous trouvons, je me suis fiiit un devoir plus jjraïul encore d'évilor jusqu'à l'apparence de tout ce qui pourrait jeter le trouble dans la société, et altérer en rien la paix de nos camjiajjnes. .le vous l'ai toujours recommandée, cette paix; je vous la recommande encore, je vous la recommanderai toujours. Mou seid désir, depuis la Révolution, était de maintenir ma paroisse dans un juste milieu. Toute ma consolation en me retirant sera de l'avoir consiamment empêdiée d'enfreindre ou d'onlrer les décrets. La liberté, comme la reli(jion, a son fanalismo, et tout fanatisme est un crime.
Il Ma soumission aux lois me prive de vous entretenir de l'embarras oi'i me jette l'article 7 du décret du 27 novembre dernier. Cet article porte expressément : Ceux (/csdils... cures... refusant de prêter leur serment respectif... qui s'immisceraient dans ai'CI'NE de leurs fondions pultlirpies... seront poursuivis comme pcrtnrhatenrs (le l'ordre pnhlic. Je devrais, aux termes du ilécrel, cesser mes fuiiclioiisdcs aujourd'hui. Mais ma retraite, en ce moment surtout, jelterail mon intéressante paroisse dans uu état convulsif, cl toute
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iiivulsioii est à craindre. II s'est répandu d'ailleurs, et il parait il laiii, que la cessation subite de nos fonctions ne serait pas dans jesprit de l'Assemblée. Je ne connais cependant pas de loi qui ait érof;é à la loi qui l'ordonne. Que faire? Il me semble qu'après l'avoir donné acte de ma soumission à l'article 7 du décret du 7 novembre, si vous m'invitiez à continuer le service jusqu'à 1111 placement, je crois que par ce moïen nous éviterions toute lise dangereuse et nous nous metlerions respectivement à l'abri L' lout reproche.
i' J'ai l'honneur d'être, avec respect et avec un entier dévoueii'iit, Messieurs et mes très-chers paroissiens, votre très-humble I \oire très-affectionné recteur.
riœmeur, le 20 fc
« GuiLLEVIC. I)
(Archives tic Kerléano.^
L( tire an stijet des persécuûonx exercées contre les prêtres rcfractaires à Vannes.
Il MONSIEVR,
Les nouvelles de Vannes sont fort mauvaises. Vendredi depuis jiiili jusqu'au soir, et même durant la nuit, soixante commissaires, H rnmpajjnés de nombreux satellites, firent des visites domiciliaires Ile / les prêtres et chez plusieurs de ceux qu'on sait avoir avec eux Il ^ liaisons, et capturèrent : 1» le père Lépinc; 2° SI. Lamour; ')" Mille d'Auray; 'i" M. Laiinay le Tonsuré, lesquels ont été renéiinés dans la tour du Connélable. L'opinion publique est qu'on ne fora dans lu ville d'autres visites, hors les cas de dénonciations pailiculières.
u Ceux qui blâmaient les prêties de s'être manifestés doivent, à préscnl, s'applaudir de leur pénétration. Mais, outre que l'événement est une mauvaise rèj;ie pour juger de la prudence d'une action, on ne peut blâmer les prêtres de Vannes sans taxer d'imprudence ceux de presque toules les villes de France, les uns et les autres ayant tenu la inême conduite.
u Agréez mon salut fraternel.
Les dragons de Loiient allèrent chercher les prêtres dans les maisons reli{;ieusos. Celle des l'rsuiines fut envahie par trois hommes armés, (jui brisèrent le tour à coups de sabre pour cher-
cher M. Lacoil)ièic. Les Dames de la Retraite en virent arriver d'autres qui en voulaient à leur aumônier. (Les Daines de la Retraite étaient dans les bâtiments dont une partie est actuelleinenl le Tribunal de coiitmerce à Vannes.)
(Archives de Iverléario.)
Lettre du 19 mars 1793 du juge de paix de Rliids aux administrateurs, à Vannes, sur les mouvements iwiurrectionnels.
■ Il CiTOVKNS ADMINISTRATEURS,
Il Depuis samedi il est continuellement venu des émissaires dans notre canton, nous prévenir que l'insurrection était générale dans tous les pavs. Nous avons été menacés que si nous ne nous joignions à eux, on serait venu dans notre commune nous v forcer.
« Ce qui arriva lundi nuitamment. Un attroupement de six cents hommes armés ont entrés dans cette ville, fait sonné le tocsin, nous ont fait arboré la cocarde blanche et mettre pavillon blanc sur la tour.
Il 11 est bien vrai que nos campagnes sont très-révoltés de tirer pour le recrutement de l'armée, et qu'ils sont dans la disposition de se soulever si on ne leur accorde leur prêtre et leur roy ou un chef. Tel est leur vœu fortifié par les bruits que l'altroupement, qui est venu dans notre commune, leur a dit être celui du peuple entier. Citoyens, prenez des moyens de répriuuîr les désordres et les maux dont nous sommes menacés.
Il Le peuple de ce canton tous assemblés vous envoés des députéspour vous prévenir de ce qui se passe et de ce qui pourra se passer si vous ne prenez un paiti, pour faire naître la lianquillité et le coMtentement publique.
'' l.e juge de paix des cantons de lUuiis pour le peuple de sou canton.
Il HAri.Lic. »
« Chiffrée par nous commissaires et membres du Comili* de surveillance.
Il Uachki.ot, Itoi i.i r, (Unr.T. »
(Anliivi's .le Krrl.nnn )
PIECES JISTIFICATIVES.
. Musillac, 20 mars nSS.
Pour clnfratiire, Baellec, ]'iije de paix.
u Giiérande s'est enfin rendu hier à huit heure du matin. Nous avons en aussi hier un combat qui s'est passée sur la chaussée, près de Rochefort, où nous avons eu loule l'avantage, nous les avons chassés loin, ils sont allés le soir coucher à Iviven, je viens de parler à un paludié, qui ni"a dit qu'il n'y avait pas à Vannes grande troupe et m'a dit de plus qu'il devait s'être passé une affaire avant-hier à Poterneu. .Nos troupes commencent à se faire au combat, ils paraissent ne pas beaucoup se soucier des travaux de la terre, ils jjréfèrent le bien général. Je vous rendrai Ions les jours compte de ce qui se passe icv.
« Adieu, bonne santé et surtout ménagez la un peu plus que vous ne fiiiies, et soyez persuadé de tout l'intérêt que je prend à ce qui vous regarde, comme du respect avec lequel je sais.
Il Monsieur,
u Votre Irès-humble et très-obéissant serviteur.
Il l"R.\.SCHEVlt.LE DU PÉLINEC.
Il A M. Baëllec, jiitje de paix à Sarieau, »
(.\rclii>escle KcilJano )
Exirah du Reijkire des drclarations faites au secrélariat de la municipalité de Lorient par les capitaines de navires.
Le 2<) mars 1793. — Ce jour Simon Ilervio, capitaine de la Marie-Louise, cliasse-niarée, arrivé hier soir revenant de la Charente, déclare avoir... relâché hier dans le Jlorhihan el avoir vu le pavillon blanc à Sarzeau, mais que Porl-Nav.ilo n'a jamais voulu le recevoir sans l'ordre du Di'parleuient, qiioiqno l'on ait menacé les li.ibilants du feu, s'ils n'y consentaient.
Le 2S mars 1703. — Ce jour... a comparu... le citoyen Benoist Recio, rapil.iinc du chasse-marée Ir Saint Jean-Bnptislc revenant de Nantes, lequel déclare que relâché A Porl-Navalo, lundi dernier une troupe de brigands se sont iransporiés à smi bord, se sont