N» 16 DE PAR LE ROI
LES GÉNtliAlX ET CHEFS DE I.'a K M Ê K CATHOLIQUE ET ROYALE DE BRETAGNE.
.'/iix tjnicriuix, officiers et soldais des armées et des gardes ditis ri'publicaines et nationales.
Soldats fuançois ',
Ce titre sera-t-il encore longtemps le seul qui puisse vous donner quelque rapport avec nous? Si !ont ce que le crime a de plus hideux et la scélératesse de plus perfide a t'ait jouer jusqu'ici des ressorts monsirueux pour armer les citoyens contre les citoyens, les frères contre les frères, pour faire é[;orj;cr les amis par les amis et les pères par leurs propres enfants, la valeur françoise si indignement prodifi'uée doit enfin nous rapprocher; il est temps de nous entendre.
Le soldai françoisseroit-il devenu loulù coupune vile machine, dont rintrij;ant le plus adroit s'empare, et qu'il fait mouvoir à son fjré ? La liberté de penser, de raisonner les causes pour lesquelles vos sueurs et votre sanjj sont sans cesse versés, vous est-elle donc interdite, et la crainte des supplices empêclicra-telle l'homme accoutumé à braver la morl, de réiléchir sur ce qu'il peut cl sur ce qu'il doit fairi>?
Qui l'a provoquée, cette {jnerre affreuse et harbare que nous nous faisons journellement? Qui sommes-nous et pourquoi nous battons-nous?
D'un côté une ripubli(|ut! vicieuse doiil le nom vnide de sens ne
' En Ittli- île celte piùcc il eiiiro lc< mou : Ik- ;'rj' c i J.r lloi >.e ir.iii\r I <t(i ilc France cniiriuiné entre «le» inipliii-s ili- ilni|ic.iii\. De la c.iir.mno s.)rlciii iiiu' croi», une lini'lie et un riliil (|iii iiipporlcnt une biiuilrrnle |i(irlnnt : /ri snplrnlia rnlim . Au- (letiniii (le reçu deiii CHunn* et la ileviae ; Sic rrflofrscrftt. Deux c)iiit«.|iuiiul« Buiipur. lent l'écu.
PIECES JISTIFICAI IVES. 361
sert qu'à couvrir aux yeux des hommes grossiers la plus effrayante lies anarchies, la ilestruclion des principes sacrés de relifîion, d'ordre, de police, de respect pour les individus et les propriétés, voilés el>r(intéuient sous les noms de Liberté et d'Égalité, dont personne ne jouit.
Une Assemblée imbi^cile, qui naguère votoit des crimes avec aicLimation, et qui hurloit de joie dans l'émission des décrets cannilales qui lui étaient dictés par un scélérat, devant lequel elle tli cliissait le genou, et qu'un scélérat plus adroit vient de conduire à l'échafaud pour faire lui-même bientôt place à un autre; rejettant aujourd'hui la faute de tous ces forfaits sur ce prétendu Tvran, dont il y a un mois, nul de ses membres n'eût osé dévoiler It^ crimes. Ainsi pour éviter le reproche de scélératesse, elle se pu 11' à celui d'ineptie, de lâcheté, et ce sont là les hommes qui vous gouvernent !
1 ks soi-disant représentants, aussi ridicules qu'ils sont féroces, \li iment s'emparer de la conduite de vos armées. Leur impéritie, l^lu■^ bévues, font couler chaque jour des flots de votre sang; que I, in importe? noiit-ils pas sous leurs ordres des généraux qui leur ïLiMut d'c.xcuse? la lêle de ces malheureux n'est-elle pas respon- ^.iMf de leur sottise ?
Tantôt ils vous annoncent des victoires des armées éloignées. Mais vous savez ce que sont ces victoires; un poste emporté, une pièce de canon emmenée coulent des milliers de François; votre vie est pour eux l'objet d'un calcul arithmétique, et ces vils tyrans chantent des hymnes de triomphe, lorsque la France est couverte d'un deuil universel.
Tantôt ils cherchent à vous éblouir par des promesses spécieuses et jamais réalisées. Voyez comment, placés insolemment entre les trésors que leur r :pacité arrache aux sueurs do vos parents, et vos besoins pour lesquels ceux-ci croyaient avoir fait tant de pénibles sacrifices, ces scélérats affichent le luxe le plus barbare, et se gorgent de richesses quand vous manquez même du nécessaire.
De notre côté, la Religion, rilonneur, le Respect des propriétés et de la liberté des individus, la pri«':re, la iranquilité publique, le retour à ces jours heureux où le soldat francois était l'admiration des autres peuples, la sauvegarde des citoyens, et le défenseur des lois. Voilà l'objet de nos vœux, de nos efforts et de nos combats.
Rappelez-vous ce temps, où marchant sous les drapeaux de la gloire, votre arrivée dans nos cilés était un jour de fête pour les citoyens; comme l'habitant paisible s'empressait de vous accueillir; avec quelle cordialité il partageait avec vous le repas de la famille et les prix de ses travaux; vous étiez alors ses défenseurs et ses amis; la froideur avec laquelle il vous reçoit aujourd'hui,
la dispersion de ses enfants à voire approche, le morne silence qu'il garde avec vous, l'effroi qui se peint sur sa figure inquiète et consternée, ne vous disent-ils pas assez qu'ils ne voient plus en vous que les aveugles et tristes instruments des vexations de la férocité do ses oppresseurs?
Soldats françois, qui sont-ils, ceux qui veulent faire de vous des brigands, des geôliers et des bourreaux? Que veulent-ils, ceux qui méprisent votre vie et qui égorgent inhumainement les prisonniers qu'ils font sur nous, pour nous provoquer à exercer à votre égard la même barbarie? De qui tiennent-ils ce pouvoir au nom duquel ils vous commandent; cette force par laquelle ils vous contraignent et préiendent même vous punir des sentiments d'honneur qui provoquent encore quelquefois vos murmures? De vous vous et à vous seuls!
Ah! cessez, cesse/, donc de prêter votre ministère à l'exécution de leurs ordres sanguinaires. Punissez-les vous-mêmes de tant de forfaits qui retombent sur vous. Réunissez-vous à nous pour replacer sur le trône notre auguste et légitime souverain : couvrez-vous de toute la gloire qui éclata sur les armées de Henri IV, lorsqu'une faction criminelle voulut renverser le trône de ses pères. Qu'il est intéressant, le spectacle d'un jeune prince entouré des braves guerriers qui ont replacé sur son front le bandeau royal que des mains impies avaient déchiré! Séparez votre cause de celle des mo.'istres (jui vous égarent. Offrez ce speclacle à l'univers, et que la France, après cinq années de convulsions et de crime, contemple en vous ses libérateurs.
Les généraux et chefs do l'armée catholique et royale de \Uetagnc déclarent :
AiiTiCLi; i>iiF.MiEn. — Les dispositions de la iiroclamatiou du 2G juillet seront exécutées dans toute leur rigueur.
Anr. 2. — Les assassinats exercés sur les fidèles sujets du Uoi nécessitent de tristes mais justes représailles, comme le seul nmycn d'arrêter le cours de cette barbarie inouïe; il ne sera plus fait désormais de prisonniers.
Art. 3. — Tous généraux, officiers et soldat des troupes soldées ou des gardes nationales, tous commissaires militaires et civils, tous médecins, chirurgiens et autres employés quelconque A la suite, et pour le service des armées cl des places, qui voudioiit partager rhorineiir de rét.iblir sur le trône leur légitime souver.iin, et d'en chasser les usurpateurs, seront maintenus dans les g'rades, dignités, commamlemcnls, enq)lois, fonctions, a|)pointemenls et solde dont ils auraient précédemment jouis <lans les troupes républicaine.^. Ils recevront eu outre en fornu" de gratification, nu trimestre desdiles soKles cl appointements sans aucune retenue.
Al\T. i. — Tout village, bourg, villi-, place-foiIe et maritime
qui, avant l'approche de rariiiée et sponta)iement,aihoreva l'éteiii1ai t roval et prendra la résolution de le défendre, sera par le fait inênic dans un état d'amnistie générale, applicable à tous ses li.il)itants; les commandants, officiers d'état-niajor et sons-officiers, iiiililaires et civils, seront maintenus dans leurs places au nom du Hol. La {jarnison recevra une gratification; savoir, le soldat de Imite arme, une année de sa solde; et les officiers de tous grades, six iiiois de leurs appointements; il en sera de même de vaisseaux ili' ligne, frégates et biitimenis de tous genres qui prendront la inéme détermination.
Art. 5. — Tout officier ou sous-officier qui parviendra à rejoindre l'armée avec moitié ou plus des hommes qui sont sous sa condiiile, recevra une gratification égaleà une année d'appointements ; il lui sera tenu compte, ainsi qu'à sa troupe, des chevaux, équipaj;es. armes, voitures et ustensiles de guerre qu'ils auront conduits.
Celte disposition est a[)plicahle à lout individu qui pourra rejoindre avec armes et bagages.
Aut. 6. — Tous généraux, officiers et soldais, etc., qui n'ayant p.is précédemment trouvé l'occasion favorable de se soustraire à la tyrannie et qui, contraint par les circonstances, de marcher contre l'armée, auront le courage de tourner avant ou pendant l'action leurs armes contre les ennemis de la religion et du Roi et préviendront ainsi, par la punition méritée de ([uelques scélérats, Teflusion du sang français, recevront une gratification égale, savoir ; pour le soldat de tonte arme, à deux années de solde, et pour les officiers de lous grades à une année d'appointements, et jouiront après la paix de la totalité desdites soldes et appointements en pension de retraite.
Art. 7. — La première campagne qui sera faite avec l'armée catholique et royale par les individus spécifiés dans les articles précédents, tiendra lieu, à chacun d'eux, de six années de service pour l'obtention des récompenses et des décorations militaires. Il leur sera compté quatre années, du jour auquel ils auront rejoint l'armée, ou remplit les dispositions de la présente proclauiation qui leur seront relatives selon leurs grades ou leurs emplois respecli(s.
Fait et donnr en conseil, te 20 août 179i, fan deuxième du règne de LoLis XVH.
Si(jné : le comte J. Di PUISAYE, géii. en chef. Le marquis df i,A IJoDRDONNAYE. Lc baron Dr. CoiiMATiN, maréchal de camp, et mnjor-gén. Bort.AiNviLi.iEns, mar. de camp, et officier du IMorbihan. Le chev. df. Siiz, col. off. du Moibihan. Bei.i.evue, l.-col., off. (le la Vend. Le Cli. lu Chanteiieau, aide-maj. gén. off. de la
3b-4 EIECKS JUSTIFICATIVES.
Yen. Le cliev. de Soi.hieu, td. Jarry, l.-col. off. de la Yen. Casque- RAY, id. ToRESTiEn, off. (le la Veii. Diperrat, id. Le Roy, coL Berthelot, maj. off. de la Veii. et du Morb. Tommelin, off. dllle et-Yilaine. Béuke du IMoulin Tison, id. Le cliev. de Busnel, l.-col. off. d'Ille-et-Yil. De Jovette, maj. Perschais, cap. off. d'Ilie-el-Yil. Glignard, off. de la Yen. Bréchaud, com. civ. de la Yen. De la Haye, off. des Côtes-du-Nord. Guillemot, off. du Morb. Le cliev. de Boisguy, l.-col. dllle-et-Yil. De Bois- GUY, id. Le chev. de Rahieb, d'Ille-et-Vilaine. Poncet, off. de la Yen. Le cliev. de Trorou, chev. de Saint-Louis. Fabre, off. de la Yen. Le Thieis, ofl". du Jlorb. Flalst, oFf. des Côtes-du->!ord. ÏIercier, off. du i\loib. JiAiDET, off. des Côtes-du-Nord. Le chev. de Boishardy, maj. id. De Lantivy, off. du IMorb. Du Ukstaut, id. De Si-Regent, id. De Thuollays, sons-aide-maj. géii. off. d'Ille-et-Yilaine. Le Fèvre, off. du Morb. Dussy, off. de la ^hinche et de la Vend. Rossignol, off. dllle-et-Yil. D'Argentfères, id. PiNSEON, id. Goupil, Boitton, id. Mercier, id. Oleron, off. des Côtcs-du-Nord. Le chev. De Bédée, off. d'Ille-el-Vilaiiie. De la Foret, id. '.
(Arcliives de Kericaiio.)