DIVISION. — BUREAU. 2" INSTRUCTION
Le intniitre c/e la police (/cnérdie c/e la Republique à l'adininislraiwn centrale du département du Morbihan.
> Paris, le .i pluviôse an VII de la lU'publii[ue une et iiuli\iiible.
« Vos prédécesseurs, les administrateurs du Morbihan, Citoyens, ont, par leur arrêté du 21 fructidor an IV, ordonné que Jean-.laii, ci-(lev;inl chef de rhouans, de la coiiimiMie de lîaud, serait mis en arrestation pour êlie déporié, parce qu'ils l'ont considéré comme émigré, trouvé dans les départcmenis ci-devant insurgés :
Il Ce particulier ne prouve pas en effet, au moins légalement, sa résidence sur le territoire de la République, depuis le temps de droit, et il a été porté sur la liste des émigrés et n'a pas réclaUié en tenq^s ulile.
" Mais la sagesse du gouvernemenl peul(|uel<|ueloissereI.'ichcrde la rigueur de la loi en faveur d'un parliculier, quand il peut en résuller un avantage réel.
Il C'est pour obtenir ce but que j'invile chacun des membres <|ui composent voire adminisiraiion i\ employer le zùlc el la prudence dont il est capable, pour parvenir A connaiire les vrais senlimenls
de ce parliculier, si sa soumission aux lois de la République est sincère, et s'il serait disposé à lui donner des preuves de son dévouement, en la servant contre la chouannerie et en découvrant fous ses chefs et leurs moyens.
" On peut lui laisser entrevoir que le prix de sa bonne conduite sera d'être relevé de la déchéance qu'il a encourue.
u Vous me (ransmetterez le plus tôt qu'il vous sera possible le résultat des sages mesures que vous aurez prises.
(i Salut et fraternité.
(I Dlval.
i( A l'adminisIraHon centrale du dcpartement du Morbihan, à Vannes. »
(Archives de Kerléano.)
N" 52 bîs An ministre de la police de la République '.
« 13 pluviôse an VII rcp. (I»r [février 1799.)
« Citoyen ministre,
« Par votre lettre du 4 de ce mois vous nous témoignez le désir de connaître les vrais sentiments du nommé Jean Jan, chef de chouans et de nous assurer si sa soumission aux lois de la République est sincère.
Il Notre réponse sera courte et claire, Jean Jan n'est plus, il est mort les armes à la main comme un traître et un parjure.
Il Lors de la pacification des chouans, Jean Jan fut, en conformité des pouvoirs accordés par le Directoire au général llocho relativement aux émigrés, conduit à la citadelle de Port-Malo avec les nommés Peuron dit Pivert et le marquis de Lescouet. Un officier de (;endarmerie <lc confiance commis par nous les déposa à Port-Malo, mais quelque temps après, le 10 fructidor, ces trois individus funmt mis on liberté, et nous n'avons jamais pu en savoir la raison, quoique dans le temps nous en portâmes nos plaintesù notre |)rétlécesseur, ainsi qu'aux administrations centrales et municipales de l'Ille-et-Vilaine et Port-Malo.
Il Jean Jan ne s'évada de prison que pour reprendre son métier de brigand, et il a fini comini' il méritait de finir, étant tombé le
' En inarRf on lll : .lian Juri, rlief ilc rli .uniis iii.iri les armes à la main. — 501 ei-
5 messidor an 6 (24 juin 1798) sous les coups des républicains, lors d'une battue ordonnée par le général divisionnaire Michaud.
I' Puissent subir le même sort tous ceux qui comme Jean Jan servent activenieni les rois et l'anarchie! »
(Arcliives de Kerlcano.)
Instruction (lonnce par RIonsieiir nu ijcncral Georges.
Le général Georges se rendra à son poste, le plus tôt possible, pour prouver à tous ses braves compagnons d'armes la satisfaction que nous éprouvons de leurs bons et loyaux services, et le désir constant que nous avons de pouvoir nous aller placer à leur tête, pour seconder leurs nobles efforts, dès que le moment sera propice. Ils reconnaîtront sans doute à cette résolution que le Roy est plus (jue jamais décidé à poursuivre la justice de sa cause, qui n'en fera jamais qu'une avec le rétablissement de la religion et le bonheur de son peuple. Nous nous plaisons à croire que, pénétrés comme nous de ces vérités, les fidèles sujets de Sa Slajcsli' se tiendront désormais en garde contre de fausses insinuations, qui tendent sans cosse à décourager leur zèle et le bon esprit qu'il est si nécessaire d'entretenir et de propager pour parvenir à l'heureux but, qui doit léunir des frères, qu'une horde de factieux n'a mis en opposition que pour assouvir leur barbare cupidité.
Le sieur Georges annoncera à tous les fulèles sujets du Roy qu'alin de pouvoir remplir ces importants objets. Sa Majesté, en acceptant la démission du sieur comte de l'uisnye, a fait choix pour le remplacer ilaiis le commandement dont il était pourvu, du sieur courte de 15élia{;ue, connu par le zèle, la fermeté et les talens qu'il a constamment déployés pour le service du Roy, tant eu Amérique qu'en Lurope, et particulièrement dans la province de Bretagne, dont le commandement en chef lui avait été confié dès 171(1 par Louis XVI, notre auj;uste frère.
Dans le «'as où les affaires relatives aux intérêts des (idèlos sujets du Koy, et <le la cause comiiuine, oMigcraienl le général Georges à faire <|uelque séjour A Londres, il pourra |)ro(lter des sieurs Uobineau de Saiiit-Uégent et Gosier, qui l'ont accompagné pour faire connaitrc aux différents chefs royalistes les intentions exprimées dans la présente iustriu'tion.
Donné ù lùlinburgh le It de mai 17'JS.
CiiAiii.r.s-Piiii.ippr,
(Aicliivc. itc Kerlinim.)
Charles-Philippe de France, Fils de France, Monsieur, frère du Roy, lieutenant général du royaume;
Voulant récompenser le courageux dévouement des officiers dont le général Georges nous a fait connaître les importants services et cette constante assiduité à leur poste dont nous sentons tout le prix. Nous avons nommé au grade de colonel d'infanterie les sieurs : Robinault de Saint-Regant, Pierre Guillemot, de Sol de Grissol, André Guillemot, à prendre rang du 15 juin 1795, comme aussi les sieurs de Bar et Duplessis Gréiiédan, à prendre rang en ladite qualité de colonel d'infanterie, le premier du 10 décembre 179G, et le second du 12 janvier 1797.
Nommons aussi au grade de lieutenant-colonel d'infanterie les sieurs Robb, de Botherel, le Thies et Rohu, à prendre rang du ISjuiu 1795.
Autorisons le sieur Georges à transmettre à ces officiers ce que nous venons de faire à leur égard, en attendant que leurs commissions puissent être expédiées en vertu des ordres que nous envoyons à cet effet au sieur le chevalier de la Pelouze, chargé à Londres de l'expédition des grâces et brevets.
Donné à Edinburgh le 9 de mai 1798.
Chables-Phiuppe.
(Archives de Kerléauo.)
A'olo. — Tous ces brevels sont partis de Londres le 6 juin 1798 pour Edimbourg a6D d'être mis à U signalure de Monsieur. A Londres, le H juin 1798.
Le chevalier df. la Peloize.
A Millau, ce 15 juillet 1798.
J'ai reçu. Messieurs, votre lettre et le mémoire qui y était joint, ainsi que la lettre et le mémoire que SI. de Reauvais m'a particulièrement adressés ; je suis extrêmement louché du zèle qui vous les a dictés et dont vous m'avez déjà donné tant de preuves. J'espère bien ([u'il ne restera pas longtemp-. sans elfel, mais avant de recourir aux armes, il faut avoir du grandes probabilités de succès, et je ne veux pas que la vie de mes braves et fidèles sujets soit
exposée, sans qu'il en puisse résulter d'avantages pour le salut de notre patrie. Mon intention est donc, en attendant les ordres que mon frère vous transmettra de ma part, que vous entreteniez le bon esprit parmi mon peuple et que vous l'engagiez à ne rien entreprendre avant que le moment en soit venu. Parlez-lui surtout de mon amour, de mon désir de le délivrer de la tyrannie qu'il éprouve ou d'y périr, de mes travaux constants pour parvenir à cette fin, et soyés persuadés en particulier, Messieurs, de tous mes sentiments pour vous.
Signé : Louis.
MM. Georges, le chevalier de Robinank de Sitinl-Véjanl et de Beauvais.
(Archives de Kerltauo,)
Nomination d'un chef de canton.
Kous faisons et nommons sous l'autorisation du général Georges, IMatliurin Evano, surnommé Bernard, adjudant du canton de Jlellerand qui comprend dans son arrondissement,
Sçavoir :
Mellerand, Guerne, Dienzy, Quislinic, IMalguenac, pour les parcourir, survoilier cl organiser. Ordonnons à tous les sujets royalistes de lui obéir fulellemenf, et prions ces messieurs prêtres et ceux qui sont à prier, de le seconder et éclairer, pour qu'il puisse bien remplir sa mission que nous lui confions. Donné ce 3 octobre 1798.
Signe' : .Iii.likn,
surnommé Ai'gustin.
7'. S. — 11 fera préparer les armes de suite, mais avec les plus grandes précautions; il me fera connnitrc les gens les plus décidés et de meilleure conduilc, pour que je puisse faire un choix, et prendra ou fera ]irendrc par le plus brave et le plus discrcl l'état des armes existaiiles.
Certifiée conforme.
Li genir((l di\>isionn<iirc : MiciiAi i>.
(Archive» .le K.ih ano.)
Brevet de colonel chef de division dans l'armée catholique et royale de la province de Bretagne et Bas-Maine pour (e sieur Pierre Guillemot.