‹ Georges de PodiébradChapitre 110 sur 183 · I. Codex, IV, p · texte numérisé non relu

I. Codex, IV, p

quelque influence, reprend son rôle naturel, cherche à garantir les serfs contre l'oppression. Ferdinand I*^"^ ordonne aux capitaines de cercles d'intervenir en faveur de ceux qui sont maltraites par leurs maîtres; il établit nettement le droit de la Chambre royale à connaître de tous les procès qui lui sont présentés, et, de fait, les appels au roi ne sont pas rares et ils sont souvent favorablement accueillis '.

En Moravie, les plaintes des paysans sont jugées par le capitaine du pays, assisté de plusieurs assesseurs ; elles sont devenues si nombreuses, lisons-nous dans une résolution de la diète de 1612, que les deux jours qui leur étaient consacrés ne suffisent plus pour les expédier. Preuve sans doute que la condition des serfs n'était pas excellente, mais preuve aussi, incontestable, qu'ils ne désespéraient pas d'obtenir justice contre leurs maîtres.

Maigres garanties après tout ! Devant qui comparaissent-ils ces opprimés? Devant des nobles, élevés dans les mêmes idées que leurs propres seigneurs. Les capitaines de cercles qui ont mission de les protéger, sont des nobles aussi, imbus de tous les préjugés aristocratiques ; quels abus les arracheront à leur indolence! Que si par hasard le tribunal se prononce pour le plaignant, quelle autorité soutiendra sa décision? Ce serait une chose dure que de ne pas pouvoir punir ses hommes, dit Zdeniék Zroutchsky de Chrzenovits; tous ses compagnons pensent comme lui : l'intervention d'un pouvoir quelconque sur leurs domaines les révolte comme une illégalité et une tyrannie -.

Aussi s'efîbrcent-ils d'enlever à leurs serfs ce recours à une juridiction étrangère, quelque illusoire qu'il soit. Ils y réussissent sans peine; la comparaison de deux textes de

1. La Chambre royale, composée de seigneurs, était très justement suspecte aux paysans et ils en appelaient de ses arrêts à la chancellerie; leurs recours étaient quelquefois entendus.

2. La diète même est impuissante à protéger les paysans. Nous en trouvons un exemple dans ce qui se passe en Moravie à propos d'une sorte de droit du mariage {tcliejchelné) : il était fort impopulaire, et à plusieurs reprises les Etats en ordonnent la suppression. Les nobles n'en continuent pas moins à le percevoir : tout au plus le nom est-il changé.

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