PalatsUy, v. 2, p. qy
iT-NTRii". \u: iMtr:iui"s
Les candidats utraquistcs icconimcnçèix'nt Iciif lamentable ()d\ssée à la lecherche de l'ordination, surpienant la bonne foi des évèqiies, sollicitant leur pitié ou achetant leui" complaisance. Chacpie année, les difficultés augmentaient, les interdictions de la cour pontificale étaient plus sévcTes et mieux obéies. .\\eitis de la véritable situation, les prélats qui a\aienl été trompés une lois, se tenaient sur leurs gardes; les simoniaques haussaient leur prix, et leurs exigences dépassaient souxent les pauvres lessom'ces du (Consistoire : ils imposaient aux candidats les plus honteux compromis, les forçaient d'acheter leur consécration pai" im faux serment, (x'ux-ci devaient leur promettre de ne pas distribuer le calice, puis demandaient au Consistoire de leuf paidonner letu' faute '. 'I^riste pfélude pour entiei" au service de Dieu qu'une double apostasie!
Aussi, quels étaient les hommes qui se soumettaient à ces humiliations! I,es meilleurs n'avaient aucune instruction et ne connaissaient même pas les rites du culte, fa\'oi'isaient la superstition, propageaient, sans s'en douter, par ignorance, les doctrines les plus contestables. Beaucoup étaient des gens sans aveu, quelquefois des criminels qui fuyaient une condamnation ; ils négligeaient tous lems devoirs et donnaient à leurs paroissiens les pi us "déplorables exemples. Bien que l'on accueillit à peu près au hasard tous cetix qui se présentaient, un grand nombre de cures restaient vacantes; presque tous les prêtres avaient deux (Ui trois paroisses à gouverner, beaucoup cinq ou six,
I .a médiocrité intellectuelleet morale du clergé lui enlevait toute dignité et toute indépendance. Le droit de patronage
I. Rctractatidii tics pi-ctrcs ilcvnnt le ('nMsistnirc iitnu|ui.ste (iSno) : " Nous nous accusiiiis lievaiit le Seigneur tnia puissant, lums avons péclié contre Dieu et cnntie cette sainte iilglise iitrai.]iiiste, en prêtant en Italie, devant l'évèi]ue i]ui nous a cniisacrés prêtres, un serment impie et sacrilège ; nous avims, en vertu tie cette piNunesse et cniitre l'ordre de .iésus-C^hrist, reçu la communion *sous ime seule espèce. Ce jiéclié, nous murs eu accusons devant Dieu, devant son l-lgjise et vous .|ui la représente/, afin t)ue \ons priiez pfiur nous, que Dieu nous pai'donne et nuus reboise comme ses seiviteurs. » l'oio\ \ , iV/c l 'ti\u]iii.slcii iii liiuliincii, dans les Aicliif filr luslcrr. (icscli., XXX \ I, p'. jl.j.
PAUVRETi; MORALK DF CLERGÉ fTRAQnSTE 287
se transformait, et le curé n'était plus que le chapelain du seigneur. A l'origine, le propriétaire qui fondait un village, construisait et dotait l'église; il se réservait en retour le droit de présenter le curé et exerçait sur les affaires ecclésiastiques une haute surveillance, mais cela n'entraînait pas que le prêtre relevât de son autorité. Le clergé formait à cette époque une corporation très riche, redoutable, jalouse de ses prérogatives, et ses libertés étaient respectées.
Depuis le s'^hisme, comme presquetous lesbiensecclésiastiques avaient été confisqués et que les communes, fort appauvries, ne pouvaient rien faire pour l'entretien de leurs prêtres, ceux-c,i ne vivaient plus guère que des aumônes du seigneur. Contre ses caprices et ses fantaisies, le desservant n'avait à compter sur aucun appui extérieur : la doctrine hussite, dont la liberté de la parole de Dieu 'et la punition des péchés publics constituaient deux des principaux articles, justifiait dans une certaine mesure l'intervention des laïques dans le domaine des choses religieuses. Tout se réunissait ainsi pour avilir le curé, le réduire au rôle d'humble serviteur du patron : celui-ci, pour avoir retenu quelques bribes de l'Écriture, se regardait comme plus savant que lui, souvent avec raison, le méprisait et le traitait comme un domestique. On engageait un curé pour un laps de temps déterminé, quelquefois un semestre ou même un trimestre; s'il ne plaisait pas, on le renvoyait sans autre forme de procès. Le pauvre diable, sans ressources, sans recours, sans rnétier, ne songeait qu'à obtenir grâce près du maître à force de complaisance, acceptait toutes les humiliations, se pliait à toutes les conditions, quitte parfois à demander aux plus grossiers plaisirs l'oubli de sa misère '.
Les Utraquistes avaient essayé d'enrayer le mal lorsqu'ils
I. Même à cette époque cependant la commune intervient dans l'administration ecclésiastique. Chaque-année, le seigneur nomme un conseil de paroisse composé de douze membres : leur compétence est à la fois financière et morale, ils veillent aux revenus et aux dépenses, et tiennent la main à ce que les fidèles ne manquent pas l'église. — Ils ne peuvent pas cependant grcnd'chose contre le patron, et le curé ne trouve en eux aucun appui solide.
ij; coNsisroïKi: d i;n cas
avaient, en 147S, réorganisé le Consistoire. Le projet adopté par les Etats et qui n'était guère d'ailleurs que la reproduction de l'ancien établissement catholique, était bien conçu : au-dessus des simples curés, les doyens; au sommet de la hiérarchie, un Conseil suprême ', qui serait à la fois pour tous les prêtres un guide et un protecteur, maintiendrait parmi eux l'unité de doctrine et la pureté des mœurs et leur assurerait une légitime indépendance. A la tête de ce Conseil se trouvait un Administiateur qu'assistaient dix à douze conseillers. — Administrateurs et membres du Consistoire étaient ordinairement animés des plus pures intentions; ni les vertus ni les talents n'étaient rares parmi eux, du moins au début : à quoi réussirent-ils cependant? Il n'existe guère de lecture plus monotone et plus lamentable que celle des actes de cette malheureuse assemblée; nulle part n'éclatent avec une plus navrante clarté toutes les misères dont souffre l'Eglise tchèque, la corruption et l'ignorance des prêtres, la ruine de la discipline, les divergences de doctiines, l'indifférence des fidèles, les exigences des seigneurs. Chaque année le mal s'aggrave, et toutes les ordonnances du Consistoire ne servent qu'à le constater, mais non à l'enrager.
Que représente-t-il et que valent ses décrets? Les diètes, avec cette incurie et cette mobilité qui frappent de stérilité leurs meilleures résolutions, ne s'occupent plus de lui, laissent souvent le soin d'en désigner les membres aux magistrats de Prague; pendant de longues années, on l'oublie si complètement qu'on ne pense pas a combler les vides qui éclaircissent ses rangs et qu'il ne se compose plus que de quelques vieillards malades et désabusés. Au nom de quels principes exigerait-il l'obéissance alors qu'il est lui-même en insurrection contre l'autorité pontificale dont il ne conteste
I. Oïl !c dcsii^iuiit sous le nom lic (".cmsistoirc d'en bas, parce qu'il siégeait dans la ville de Prague, puur le distinguer du Cr)nsistoirc catholique qui avait l'administration du diocèse, tant que l'cvcché était vacant; il se réunissait sur la colline des Hratchany et ou le nommait le (>onsistoire d'en haut. V. Ininek, De l'aJiitinistratioit cccicsiastiqiic des UtraqitisteSj
I4i3-i(')jj, dans le J'cliai. tclutik. M. 1X4^.
BANQUEROITI- DI-. I.'l THAQl [SMK 28()
pas en théorie rautoritéPScschefs ne donnent-t-ils pas rexeniplede l'insubordination, grises par l'ombre de pouvoir qu'ils possèdent, toujours en conHit avec les évèques, plus ou moins canoniques, qui passent sur le siège de Prague? Ils partagent l'erreur commune alors à tous les Bohèmes, qu'il surtit pour être libre de n'obéir à personne. Ils se croient les fidèles héritiers de la doctrine réformatrice, parce qu'ils refusent de renoncer au calice, à la communion des enfants et à la lecture de l'épître en tchèque. Mais la libre interprétation de l'écriture les épouvante, ils soumettent la conscience individuelle à la tradition et à l'autorité, maintiennent les dogmes et les rites catholiques, les sept sacrements, l'adoration de l'hostie, le célibat des prêtres. Le Hussitisme de la décadence ne saurait être mieux réprésenté que par cette assemblée de vieillards effarés et récalcitrants, spectres qui veillent autour d'un tombeau.
Aussi tous ceux qui ne se payaient pas de mots et de formules creuses cherchaient ailleurs une doctrine plus substantielle; en face de l'Utraquisme expirant, une secte nouvelle attirait à elle les cœurs plus hardis et les âmes altérées de vérité; les véritables successeurs de Hus, il faut les chercher dans rUnité des Parères Bohèmes.
l.a timidité de l'Utraquisme explique les rapides progrès que tît quelque temps plus tard la confession luthérienne en Bohème. Tous ceux que tourmentait une passion religieuse plus intense, dépassèrent peu à peu un programme désormais stérile; ils cherchèrent à rendre quelque signification au schisme et comme une àme à la révolution se trouvèrent tout préparés à devenir les disciples du réformateur allemand. — Le mouvement hussite était cependant trop original et trop national pour se perdre ainsi presque sans laisser de trace. Pendant que les chefs officiels de l'hérésie s'attardaient à des négociations compromettantes, quelques hommes résolus et pieux avaient jeté les bases d'une nouvelle communauté religieuse et créé une secte qui subit l'influence du protestantisme, mais ne se confondait pas avec lui, et est la seule, avec les Vaudois,
29^ I. INITK DES KUKUES
qui ait conserve depuis le moyen âge jusqu'aux temps modernes, une existence indépendante et une pliysionomie tout à tait individuelle '. L'Unité des frères Bohèmes - est restée jusqu'à la bataille de la Montagne-Blanche un des principaux éléments de la vie nationale tchèque; elle a donné à la Bohème quelques-uns de ses politiques les plus remarquables et de ses écrivains les plus éminents; apjrès avoir marqué toute cette période historique d'une empreinte particulière, elle a ennobli par l'héroïsme de ses martyrs la catastrophe finale et rendu l'exil fécond par les travaux de ses fidèles. Ne lui revient-il pas quelque part aussi de responsabilité dans les désastres du xvii^ siècle? N'auraitelle pas, par une fidélité trop obstinée à ses cro3'ances particulières, contribué à empêcher la formation en Bohême d'une grande église luthérienne qui aurait ofl'ert à la réaction catholique une invincible résistance? — Ce n'est pas impossible. Dans tous les cas, par la grandeur du rôle qu'elle a joué non moins que par la haute valeur des hommes qu'elle a produits, elle mérite une attention spéciale '\
i..Lechler, Johann von Wiclit' und die Vori^oschichtc der Rctormation, II,
2. \'crs 1720, le comte Ziiizcndorf accueillit sur ses domaines quelques descendants des anciens Frères Bohèmes, qui, plus d'un siècle après la victoire définitive du Catholicisme et en dépit des persécutions, étaient restés hérétiques. Ils fondèrent la colonie, si célèbre depuis, de Herrnhut, dans la Haute-Lusace. Leur propaj^andc, favorisée par la renaissance religieuse allemande du xviir siècle, tut assez heureuse. Ils sont aujourd'hui quelque cent mille eu Europe ou en Amérique. Les Hei-niliûter ou les Commiincs évangéliqties ne se rapprochent pas beauctjup plus au point de vue du dogme des anciens l'rères Bohèmes que n'importe quelle secte protestante, mais ils ont ctinservé leur discipline morale. Les colons que Zinzendorf appela sur ses domaines venaient des environs de Foulnek, en Moravie. La coutume s'est établie depuis de parler des Frères Moraves, ce que ne justilient ni les documents ni les faits. Le titre que se donnaient les Frères eux-mêmes est celui de l'Unité des Frères, et ceux qui habitaient la Moravie appartenaient cependant à l'Unité des Frères Bohèmes {unitas Fratrum Bolicmortim).
3. On trouvera ime bibliographie assez complète de l'histoire de l'Unité dans le livre de Schweinitz, The history of the (^hurch known as the Unitas Fratrum or the Unity of the brethren, Bethlehcm, Moravian publication office, i885. — Schweinitz est évèque des Frères, et son travail a un caractère apologétique, mais il est consciencieux et intéressant. — Les questions relatives aux origines ont été étudiées avec autant d'érudition que de hucsse par M. Goll, professeur à l'Université tchèque de Prague et bici\
MVSTiQn'.s i;t mii.i.i-.naiuks 20 1
Aucune secte chrétienne n'a abordé avec plus de hardiesse et résolu avec plus de franchise les grands problèmes de l'oi-ganisation politique et économique des sociétés humaines ; dans aucune aussi n'apparaît avec une plus curieuse évidence l'inHuence de la réalité sur la théorie, d'abord radicale et absolue, bientôt assagie au contact de la vie.
Pendant les années qui avaient suivi la mort de Hus, une sorte de fièvre religieuse s'était emparée de la Bohème. Des milliers de paysans se réunissaient sur les hauteurs pour entendre la parole de vérité et de vie et rendre à Dieu un culte épuré. Dans ces bandes que le calice enivrait d'un enthousiasme m\stique, les doctrines les plus étranges, les rêves les plus hardis étaient acceptés sans discussion ; les croyances chiliastiques surtout hantaient les esprits. Avant le Jugement dernier, le Christ redescendrait sur la terre et fonderait un royaume qui durerait mille ans ; les impies périraient dans un épouvantable cataclysme; sous le gouvernement direct du Seigneur, les élus, les fidèles encore vivants ou ceux qui étaient morts pour la vérité et ressusciteraient avec le Sauveur, jouiraient d'une félicité parfaite. Dans ce ro}"aume des saints, toutes les lois humaines seront abolies, les distinctions de classe et de fortune disparaîtront. La terre, délivrée des méchants, sera assez vaste pour que tous mènent une vie facile et heu-
connu en France par ses chix)niqiics de la Revue historique : Quellcn uiiJ Untersuchungen zurGcschichte dcrbœhmischen Briidcr; I. dcr Vcrkehr der Brûdcr mit dcn Waldensern : \\ ahl und Weihe der crsteii Priestcr, Prague 1878; II. Peter Cheltchitsky und seine Lchre, Prague 1HH2; xVrticlcs dans le Tchasopis tschcského M. i883-8r). Avec M. Goll, rhomme qui connaît aujourd'hui le mieux rhistoire des Frères, est M. Muiier : v. Die dcutschen Katechismen der bœhmischen Brûder, Berlin 1887. Cp. encore les études de Lenz, les doctrines de Kheltchitsky sur l'Eucharistie et le Purgatoire, Prague i885.
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reuse; les hommes, directement éclairc's par l'esprit de Dieu, n'auront plus besoin de guide ni de règle; les prêtres perdront leur puissance, et la Bible, son autorité '.
Cependant le miracle attendu ne se produisait pas. Les Croisés menaçaient d'étouffer la vérité. Il ne fut pas difficile de persuader aux Sainls qu'il leur appartenait d'accomplir eux-mêmes les destins et d'exécuter la condamnation céleste. Organisés et disciplinés, contenus par des chefs qui se servaient de leur fanatisme sans le partager entièrement, mêlés bientôt d'ailleurs d'éléments fort impurs, les Taborites se souvinrent toujours, malgré tout, de leurs premiers rêves ; leurs espérances mystiques se transformèrent plutôt qu'elles ne disparurent, et, jusqu'à la fin, ils ne renoncèrent pas à établir sur toute la terre le royaume de Dieu. La bataille de Lipan les réveilla brusquement de leurs illusions (1434). Depuis lo-rs, sans avenir, sans chefs, sans confiance, ils ne représentèrent, plus qu'un des nombreux éléments de désordre que la guerre avait laissés derrière elle, jusqu'au moment où Podiébrad les força à se rallier à rUtraquisme officiel et à se soumettre à l'archevêque élu par la diète (1452).
Lourde chute après un tel élan ! Tant de luttes, tant d'efforts, tant de victoires, et c'était là le résultat! Que de sang versé, que de souffrances, que de ruines! Voilà donc où aboutissaient des triomphes sans précédent : la noblesse plus puissante que jamais, les abus restaurés, la vérité humiliée et trahie, Jésus souffleté par l'Antéchrist! Reprendre la lutte? Mais comment? Avec quelles ressources? L'épuisement eùt-il été moins absolu, une chose manquait, la meilleure, l'enthousiasme qui espère. D'autre part, accepter sans
I. Gôll remarque très justement que Khcltehitsky, le vcritahle père de rUnité, n'est pas un millçnaire, et bien certainement, en effet, il ne croit pas que l'idéal de vertu et de bonheur qu'il conçoit, doive jamais se réaliser ici-bas ; mais cet idéal lui-mtme est-il si diflérent de celui des Chi liastes? Un des prédicateurs les plus avancés enseignait que les chrétiens n'auraient plus besoin de livres : n'y a-t-il pas un écho de cette opinion dans l'aversion de Kheltchitsky pour la scolastique et les discussions dogmatiques, dans sa prédilection pour les âmes simples qui aperçoivent la vérité par une intuition divine!-'
EFFERVliSCENCi: RELIGIKISK 2(^3
arrière-pensée la défaite, renoncer à ces biens suprêmes, la religion véritable, l'Evangile! Pour beaucoup de ces hommes, ébranlés encore par la crise, dominés par une passion irrésistible,il y avait là comme une impossibilité psychologique. Un décret ne supprime pas les croyances; un gouverneur, fût-il aussi habile et aussi respecté que l'était Podiébrad, ne calme pas en quelques années l'effervescence d'un peuple, quand elle est si profonde, si ancienne et si générale. La fin des grands mouvements politiques et religieux est marquée souvent, comme leur début, par les hardiesses de l'imagination individuelle, qui semble prise de folie. En dépit de rUtraquisme légal, des prédicateurs plus ou moins autorisés attaquaient les dogmes les plus respectés, la Trinité, la Divinité du Christ; à Cheb, un franciscain, Jean de Wirsberg, annonçait la venue d'un nouveau Rédempteur ' ; un paysan ignorant, Nicolas de Vlasenitse, avait des révélations, des visions, et fondait la secte des Nicolaïtes dont on .suit la trace jusqu'à la fin du xv!*" siècle -. Beaucoup de ces rêveurs disparaissent sans laisser de disciples, mais le silence qui bientôt enveloppe leur nom, ne permet pas de conclure qu'ils sont demeurés sans influence; pour s'en convaincre, il suffit de se rappeler ce qui se passe encore dans certains milieux protestants, le travail continu de création religieuse qui secoue les croyants. La fraction la plus extrême des Taborites, que l'on désignait sous le nom d'Adamites ou de Picards, rudement poursuivie par Zizka, n'avait jamais complètement disparu ; la victoire définitive de l'Utraquisme modéré favorisa encorela formation de groupes nouveaux ' : en
1. Frind, Die Kiiclieugescli. Bœinnens, Prague 1H7X, l\', p. 54.
2. Sur Nicolas de Vlasenitse, v. Gindely, Gescli. dcr bœhm. Brader, p. 17 et p. 491. Cp. Jos. Jiretchck, Rnkoviet k diéjviam literatiiry tclieské {Manuel pout'- ['histoire de la littérature tclièque),PrdguciH-jb, et un article duTchas. tch. M., 1876, du même auteur. C'est une étude psychologique très intéressante et qui jette une vive lumière sur l'état des esprits en Bohême au XV" siècle. Les Nicolaïtes 'étaient assez nombreux ; ils se recrutaient en général parmi les paysans, mais il y avait aussi parmi eux des nobles. Us poursuivaient surtout la perfection morale, et ceux qui avaient passé parmi eux étaient tout préparés à accepter la doctrine de Khcltchitsky.
3. Cp. Locustarium Fr. .loannis Aqucnsis de scctis et diversitate atque multiplicatif, ne Begardorum in terra Boh. — Cité par Jiretchek, Tchas., 1876, p. (3o. Il y est question des Flagellants, des Saducéens, etc.