I. Cite par Tchclakovsky, p. ii-i
FIN DK LA PERSÉCUriON 333
et l'ont rempli avec une rare élévation : la postérité ne saurait l'oublier sans injustice.
Vaniék intervint-il en faveur des dissidents? Les paroles de Grégoire produisirent-belles quelque impression? Les documents ne nous en disent rien. De tels plaidoyers ne convertissent guère ceux auxquels ils s'adressent; ils passent par-dessus leurs têtes et, seules, les générations suivantes les comprennent. Quoi qu'il en soit, la persécution, d'abord assez menaçante, s'adoucit bientôt. Le roi était satisfait d'avoir fait montre de son zèle orthodoxe ; trop d'affaires le sollicitaient d'ailleurs pour qu'il tînt très attentivement la main à l'exécution de ses ordres. L'archevêque ne demandait qu'à se montrer clément; à côté de lui, Loupatch, qui était, après Rokytsana, la plus haute autorité de l'Utraquisme et qu'avaient toujours attiré les doctrines radicales, était bien disposé pour les Frères et leur conserva son amitié jusqu'à sa mort (1464). Ceux-ci de leur côté se montrèrent plus réservés : avec un peu de prudence ils désarmèrent, pour quelque temps au moins, la colère royale. Leurs progrès ne furent pas même sérieusement interrompus. Ils étaient encore fort peu nombreux, mais, disséminés dans toute la Bohême, leur action s'étendait; les groupes, très multipliés, constituaient comme autant de centres d'attraction, se renforçaient peu à peu, se transformaient en Eglises. Des synodes fréquents réunissaient dans une vie commune les congrégations dispersées, complétaient l'organisation, fixaient la doctrine. — Comme Jésus est mort et ressuscité, le vrai chrétien doit mourir au monde et renaître régénéré dans le Sauveur. Cette renaissance est la source de la vie chrétienne et l'origine du salut : elle se marque par le renoncement et la charité. Seul, le vrai chrétien fait un bon prêtre, et le mauvais prêtre remplit ses fonctions pour sa propre perdition et sans profit pour autrui. Les justes doivent se séparer de l'Église corrompue; en entrant dans l'Unité, ils reçoivent un second baptême.
Les prêtres, ordonnés par l'Église romaine, ne doivent-