I.l'S PARTIS DANS 1,'lNITK [^ l
Je supcTieur '. On ictrouvait dans ses ouvrages les qualités de iiiodeiaiiiMi, de chaime, de douceur diilcissinia rci^bcV, qui expliquent son ascendant personnel. I.oukach lui-niènie ne lésista pas a celte raison aimable et lexintades opinions moins excessi\es ■. Ses s\llogismes auraient ti'ouvé bien de^ inciedule^. Piocope rallia tous les hommes de bonne \olonie, tous ceux qui chei'chaient en toute simplicitci de C(eur la \eiile et la pi'ospel'ité de leur Kglise.
i.a lutte se Concentra, comme toujoufs, autoui" d'une question de dogme, la gi'àce et le mérite de l'homme. On se l'appelle les inquiétudes qu'avait tra\'ei'sées Kheltchitsky; depuis lofs, l'I'nité n'était jamais arri\ée à une doctrine claii'e et déliniti\'e : elle hésitait entfe la doctrine si précise de rM\'angile et les préoccupations morales qui ne lui permettaient pas d'abandonner le principe de la liberté humaine et l'utilité des teu\i"es. Dans le s\-node de 1404 qui avait fixe les dogmes et les rites des Frères, la justification par la foi avait été proclamée; mais il est probable qu'elle avait été depuis, non abandonnée, mais sérieusement atténuée : dans le colloque de 1473, les docteurs utraquistes reprochaient a Michel et à Grégoire de faire (f surtout reposer le salut dans une vie vertueuse ». Il ne manque pas de païens qui pratiquent la vertu : ii quoi cela leur sert-il, s'ils n'ont pas la vérité? — Tout en faisant très large la part d'exagération ou de mauvaise foi habituelle a des adversaires, il ne paraît guère douteux que Michel et Grégoire avaient dû donner quelque prise à ces accusations; ils ne contestaient pas l'iniportance particulière de la foi, mais cro\aient qu'elle devait se jnanifester par des (etivrcs et que Vôn compromettait son salut en se reposant trop sur les mérites du (dirist. Ils exigeaient avant tout des fidèles la possession de soi-même, la soimiission et le renoncement, une vie d'austéiité et de dévouement.
On s'explique dans ces conditions qu'Amos et ses amis aient pu en toute sincérité se représenter comme les vrais