J'cliiis., iiSôi, p
2. Ses prnccdcs cic pcjciniquc en revanche ne \ai-icrent .guère.
lis l'\'( I Is l)\NS I. IMTi:
dcposiuiircs de la tradition en attachant aux (ouvres une inipcti-iance pi'ei^()n(.lei'ante. - l/honinie, répondaient leurs ad\ersaires. doit attendre son salut non de son propre mél'ite, mais du mérite du Sau\eur. Ils étaient cei'tainemeni tideles sui' Ce point a la pensée dLi fondateur de 1" Unité, mais ils s'en éloignaient par les conséquences qu'ils tii'aient de leur piincij'ie, la lésignation inditVérente et l'inertie morale : toiu est pur dans cekn' qui est pLU".
A hupielle de Ces ileux opinions se rattacherait la iiiajorité: Le i^rogiamme et l'avenir de l'Unité en dépendaient. Les partisans d'Amos l'efusaient d'admettre parmi eux les seii^neLU'^ et les liches, réprou\aient absolimient le commerce, la guerre, le sei'ment, l'exercice de toute autorité séculière; \ictorieLix, leLU' éti'oit as'cétismv-' condamnait la secte a la stérilité et à l'isolement. I^rocope, dans son Traité sui' la bonne Nolonte iq^jo et dans son ( ionmientaire sur le \' chaj^itrede saint Mathieu, le Sermon sm" la montagne était le texte pieleie des rii;oi'istes\ s'elVoi^ca de ti'ouxer une solution moins radicale, piit position à égale distance de tous les exagéi"és, et proposa une opinion qui conciliait l'interxention di\ ine et la liberté humaine. La gi'àce est nécessaii'e et sans elle tous ]ios ellorts seraient stériles, inais nous de\'ons ti'a\ailler à méiater le choix de Jésus pai' notre repentii' et nos \ertus. Il nous est impossible de remplir sur tous les points les ordres ^le Dieu, niais a\()ns de la bonne volonté, et le Sau\eur ne n(uis abandonneia pas. Les riches et les nobles sont entomes de dangei'eiises séductions, mais, s'ils é\iteni les péchés nioi'tels qui entraînent aussi la Llamnati()n des pau\res, il ne leur est pas impossible de hiire leur salut; s'ils mènent une ^•ie chrétienne et gou\'ei"nent sui\ant les pi'escriptions de l'I'Aangile, pai' quelle intolérance lem' lei'merait-on l'Lnite? Le [^olinoIi' sectdiei' a été cieé pal' Lieu pour le bien gênerai : les l-'reres ne \ioleni pas la loi du SauNeiH' en leclamant la protection de l'autorité l'éguliére et en l'exerçant eux-niemes dans les conseils ou dans toute autre jonction '.
I . l*i'MLippc, ( '.iiiiiiiiciihiirc ilu Liin|uiLiiic ch;i(iiii'c tic ^.lilU MaUiicii, d'ap^L•^ .1 iiclclick. I\iikn]'icl . Il, p. I T I . \i la Idi m U(is pinpics nicnics iic siini^ciit
SYNODE DE BRANDYS 3^7
La modération de Procopc et rintcrvention de Klénovsky entraînèrent le s\node de Brandys (1490}; mais, à peine de retour dans leurs paioisses, les i-igoristesessa\èTent d'ameuter les esprits contre les concessions faites aux modérés : elles étaient fort timides cependant et pleines de restrictions, mais il était facile de prcvoii' qu'on ne s'arrêterait pas là '. Des prédicateurs fanatiques dénoncèrent l'Antéchrist qui s'était glissé dans le camp des serviteurs de Dieu : comme à l'époque de Sylvestre, Satan avait réussi à compromettre l'œuvre du Seigneur. Nous ne connaissons malheureusement pas les incidents de la lutte : le récit de Loukach est une apologie visiblement arrangée dans le but de rejeter tous les torts sur les rigoristes -, Les deux fractions se disputaient l'éveque, ALathias de Kounvald, animé des meilleurs sentiments, mais faible, hésitant, tiraillé entre ses préférences qui le portaient du côté des novateurs et ses souvenirs, la crainte de trahir la volonté de Grégoire. Après diverses péripéties, les novateurs l'emportèrent d'étinitivcment au synode de Rychnov (Reichnau, 1494 ; leurs chefs furent appelés aux principales fonctions, et, l'année suivante, l'assemblée condamna ceux des écrits de Kheltchitsky et de Grégoire qui ne répondaient plus aux besoins du temps : l'Unité ne reconnaissait d'autre maître que le Christ, d'autre règle que sa loi ^
Cette résolution était une révolution. Les Frères s'atfranchissaient de leurs traditions et de leur passé. Ce qu'il y
rtu saliU; la bonne volonté compense nos iinpcrfeciions et est acceptée par Dieu comme complément de nos teuvres. '(Goll, Tclias., 1886, p. l^oy).
1. Le synode n'avaitpas condamné les doctrines dcGrégoirect ilavait même proclamé la supériorité des anciennes coutumes, mais il n'en imposait plus l'observation comme une condition indispensable du salut.
2. Suivant l'opinion généralement admise, les modérés, sur les propositions de Klénovsky, auraient volontairement abandonné les décrets votés à Brandys et auraient laissé aux rigoristes la direction de l'Unité, afin qu'ils se rendissent compte par eux-mêmes de la nécessité des changements. L'événement leur aurait donné raison, et, quelques années après, une forte majorité se serait prononcée en leur faveur. 11 faudrait des preuves bien fortes pour accepter un récit aussi invraisemblable, et le témoignage de Loukach me semble insuffisant.