‹ Georges de PodiébradChapitre 158 sur 183 · ECHEC DEFINITIF DE L UNITÉ · texte numérisé non relu

ECHEC DEFINITIF DE L UNITÉ

l'Église germanique par un vague instinct de race. En dehors même de ces Allemands, la nation entière subissait la pression, sourde, indéfinissable, mais écrasante, qu'exerce toujours sur un petit peuple un grand Etat voisin.

Si l'on néglige même toute considération extérieure, il y avait dans la Réforme allemande, dans le génie si large et si humain de son initiateur, dans ses succès presque foudroyants, une attraction irrésistible : les Frères mêmes semblèrent près d'être entraînés. Loukach réussit à empêcher l'Unité de se perdre dans le protestantisme; grâce à lui, elle resta une secte indépendante, elle conserva une vie individuelle. En se plaçant au point de vue purement humain et historique, on a le droit de se demander : à quoi bon cette résistance? Dans quel but? — l'Utraquisme avait succombé à la maladie qui le minait depuis si longtemps, mais sa succession était déjà recueillie ; les destins avaient prononcé, l'arrêt était définitif : le plus sage eût été de se résigner. En refusant de le faire, les Frères qui, jusqu'alors, avaient été une espérance, devinrent un danger. Ils avaient paru appelés à rétablir l'unité morale en Bohême, en absorbant peu à peu tous les partis; ils ne furent plus désormais qu'un obstacle à l'union et un nouvel agent de discorde. Aux factions déjà si nombreuses une autre s'était ajoutée : la valeur de ses membres et leurs services individuels ne compenseront qu'imparfaitement les résultats funestes de la confusion qu'elle entretient et qu'elle augmente.

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