‹ Georges de PodiébradChapitre 27 sur 183 · LES PRKMIERES ANNEES DE PODIEBRAD OD · texte numérisé non relu

LES PRKMIERES ANNEES DE PODIEBRAD OD

d'une croA'ance et d'un s3stème nouveaux. Rien de moins exact. Il n'avait rien du fanatique ou du doctrinaire. Ce n'était pas un Grégoire Heimbourg couronné, c'était un roi qui, dans laprévision d'une lutte qu'il aurait voulu éviter, mais qu'il sentait fatale, cherchait à se ménager les meilleures chances de succès. Sa diplomatie, avisée autant que variée, si peu entêtée, prompte aux volte-face, ne poursuivait qu'un but : acquérir une puissance telle que le pape hésitât à l'attaquer, et, s'il perisistait dans ses projets hostiles, que sa haine fût désarmée. En réalité, il représente bien mieux ainsi le.tj'pe du souverain moderne que sous la figure traditionnelle de champion d'une théorie et de martyr d'une idée, cejte théorie fût-elle celle de l'indépendance des souverains en face de la papauté, et cette idée, celle de l'Etat laïque. La politique de principes, c'est la politique du moyen âge, de l'époque où les princes se croient tenus de penser pour leurs sujets : le roi moderne n'a qu'un devoir, assurer à ses sujets la liberté de penser à leur guise.

Et ce n'était pas une tâche facile que de défendre les droits du peuple tchèque contre les entreprises d'un pape tel que Pie II?

iEneas Sylvius Piccolomini, qui fut élu pape après la mort de Calixte III et prit le nom de Pie II (1458), avait accueilli avec satisTaction l'élévation de Georges. Convaincu qu'il désirait sincèrement se réconcilier avec l'Église, il se réjouissait de tout ce qui augmentait son influence et lui donnait une plus grande liberté d'action : après son élection, il n'aurait plus à ménager les Utraquistes et userait de son pouvoir pour ramener ses sujets à la foi romaine. — Quelles étaient les cro3'ances intimes, les convictions personnelles de Georges? C'est une question qui restera probablement toujours douteuse. Nous n'avons guère, pour nous éclairer sur ce point délicat, que deux anecdoctes; malheureusement, outre qu'elles ne sont pas établies d'une manière absolument incontestable puisqu'elles ne sont rappc^rtées que par ^Eneas Sylvius, elles sont presque contradictoires. Lorsque Georges suivit Ladislas à Breslau :[ 1454-1455), un

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