‹ Georges de PodiébradChapitre 34 sur 183 · IDLi: DE JOLKRAN'CE HELIGIEUSL · texte numérisé non relu

IDLi: DE JOLKRAN'CE HELIGIEUSL

une transaction équitable, il n'est pas douteux qu'il leur eût assuré une complète égalité de traitement, et ses discours comme ses actes montrent que c'était bien là son idéal. Quant aux persécutions contre les Frères, sans vouloir ici en rechercher la nature et les causes spéciales, elles prouvent seulement que le progrès ne s'accomplit que peu à peu, que les idées n'arrivent pas dès le premier jour à leur forme définitive. Le mot de tolérance n'a pas dès le début tout son sens, il s'est élargi peu à peu : Joseph II était un empereur tolérant, bien qu'il exigeât de ses sujets qu'ils crussent à l'existence de Dieu; Georges pouvait au xv« siècle représenter la tolérance, bien qu'il ne permit pas qu'on doutât de la présence réelle. Aujourd'hui encore l'idée de l'indifférence absolue de l'État en matière d'opinion est-elle si généralement admise? Est-il juste de nier les services éminents rendus par Podiébrad à la vérité, sous prétexte que cette vérité il ne l'a pas aperçue tout entière et jusque dans ses plus lointaines conséquences?

Cela n'implique nullement qu'il faille voir en lui un apôtre du Hussitisme, comme on l'a fait par une exagération opposée, ni même un champion conscient de la liberté de pensée. Il subissait la fatalité de la situation. Obligé de maintenir une doctrine qui n'avait plus peut-être à ses yeux qu'une importance secondaire, il servait l'avenir par cela seul qu'il ne trahissait pas son peuple et résistait aux ordres de Rome. Etrange conclusion du grand effort de la Bohême pour ramener l'Eglise au christianisme primitif et qui eût causé sans doute au martyr de Constance une amère stupeur! Le croyant mystique était mort pour préparer l'affranchissement de la conscience! De toutes les ironies de l'histoire, aucune n'est plus tragique que la contradiction de la volonté de l'homme et du fruit qui en sort. Et le destin de Huss a été celui de tous les réformateurs! Lorsque l'on étudie les querelles religieuses qui ont troublé le monde depuis le triomphe de la puissance pontificale, on s'aperçoit vite du peu de valeur réelle de ces dissidences dogmatiques pour lesquelles on a versé des ruisseaux de sang. Dans les

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