Le roi de Bohême était margrave de Moravie
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de son sceau par lesquelles il conliriiic les libertés et les droits ti'aditionnels. Le chancelier les lit devant tous et on les compare aux anciennes chartes, poui" s'assui'er qu'elles sont bien conçues dans les mêmes termes. A la lin de la cérémonie, le Margiave prête serment à la constitution ', les P^tats lui promettent en retour obéissance et fidélité, et, a ce moment seulement, le prince fait son premier acte de souverain.
En Bohème, en dépit de dillerences de pure forme, les sujets ne sont de même liés au souverain que par un libre contrat, et leurs rapports réciproques, déterminés par des engagements parallèles, n'ont ainsi absolument rien de commun avec ceux des serfs et de leurs maîtres. Les seigneurs, dit Vchehrd, achètent pour de l'argent des serfs, des serviteurs, des sujets, et ils ont sur leurs serviteurs et leurs gens droit absolu de vie et de mort, comme le déclarent les lois. Le pays, au contraire, élit son roi, l'appelle librement, n'est pas acheté par lui, mais se donne volontairement à lui; le roi prête serment à la nation -.
Si le roi viole ses promesses, les sujets ne sont plus tenus de lui obéir. Les faits et les textes prouvent avec une égale clarté que les Bohèmes ont nettement aperçu les conséquences dernières des pacta convcnta. Lorsqu'en Moravie les nobles s'engagent à sacrifier leurs biens et leur vie pour combattre tous ceux qui menaceraient leurs droits, ils ne font aucune exception pour le roi, et celui-ci sanctionne sans hésiter leur résolution (i5iG) ^. En i5i i, quelques décisions de Vladislas mettaient en question l'intégrité du territoire;
i..« Le roi prend alors la charte, et la remet au capitaine en disant: Maintenant, vous avez votre confirmation, faites votre devoir envers nous. »
2. Vchehrd, p. i5o. Nous reviendrons plus loin sur le rôle de Vchehrd et son importance. Son livre, les Neuf livrés du droit bohème, est une des plus remarquables productions juridiques de cette époque. La meilleure édition est celle qu'a donnée M. H. Jiretchek, Prague 1874. Le témoignage de Vcherhd est d'autant plus significatif qu'il blâmait les usurpations de la noblesse.
3. D'Elvert, Ziir (jesterr. Vcnvaltiiugs-Gesch., p. 5i, dans le tome XXIV des Schri/ten der hist. sLitistisclioi Sektiou der rncehr-schles. Gesellschaft, Brno 1880.