‹ Georges de PodiébradChapitre 77 sur 183 · VLADISLAS ROI DE HONGRIE · texte numérisé non relu

VLADISLAS ROI DE HONGRIE

pouvaient de nouveau être réunies à la couronne, et le furent en effet en dépit de quelques protestations des Hongrois qu'aggravèrent les hésitations et les contradictions du monarque. Le traité d'Olomouts était effacé, bien que, comme nous le verrons plus tard, toutes les fâcheuses conséquences qu'il avait entraînées, n'eussent pas disparu avec lui. Mais, à d'autres points de vue, la réunion, sous le sceptre de Vladislas, de la Hongrie et de la Bohême fut regrettable pour celle-ci. La situation de la Hongrie exigeait impérieusement la présence du roi : l'agitation y était encore plus profonde qu'en Bohême, les luttes de classes plus acharnées, les mœurs politiques plus mauvaises; vers le sud, les Turcs menaçaient sans cesse la frontière. Vladislas, qui ne s'était jamais plu à Prague, fixa désormais sa résidence à Pesth, et ne fit plus en Bohême que de rares et courtes apparitions : la prospérité de ce peuple hérétique le touchait peu ; il se désintéressa de sa propre cause, heureux encore quand il ne poussa pas l'impéritie jusqu'à se prononcer contre ceux qui combattaient pour lui.

La royauté abdiquait; les seigneurs n'eurent même pas à s'emparer du pouvoir, ils occupèrent la place devenue vacante. Ils comptaient parmi eux nombre d'hommes supérieurs. Jamais peut-être la noblesse tchèque n'a produit autant de politiques remarquables ; de la rude école des guerres civiles était sortie une génération vigoureusement trempée. A l'habitude des grandes affaires et au goût du gouvernement, elle joignait l'indépendance d'esprit et la fermeté de caractère que donnent l'incertitude des situations et la nécessité de ne compter que sur soi-même ; sous la forte direction d'un roi digne de son titre, elle aurait fourni au pays de glorieux serviteurs. Ils ne furent ni guidés ni contenus et devinrent un danger et un fléau. — Que l'on se rappelle ce qui se passait en France vers la même époque : quels admirables auxiliaires trouva Louis XII dans la noblesse, soumise et non encore servile! Quel eût été cependant l'avenir du royaume, si les hardis capitaines des expéditions italiennes avaient été lâchés sans maître, sans

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