‹ Georges de PodiébradChapitre 88 sur 183 · Palatsky, V, 2, p. 255, i5i · texte numérisé non relu

Palatsky, V, 2, p. 255, i5i

2. Sur les justices municipales, voir Tchélakovsky, Les privilèges delà ville de Prague, et en particulier, Introduction, p. xxv et sq. — Cp. Tomek, Histoire de Prague, passim.

CONFLITS .rrniCIAIRES

qu'un noble était partie dans l'affaire. Le Vieux-Chroniqueur qui nous a laissé quelques renseignements sur cette période troublée et mal connue, éclaire par un exemple l'insolence des seigneurs. Un gentilhomme, nous dit-il, va à la ville, en province, rencontre un passant, et là, pour rire, pour s'amuser, lui donne un soufflet. Si le bourgeois le rend et qu'il n'y ait pas de témoin, l'agresseur le cite devant le tribunal suprême, à Prague '. — Notez que les bourgeois seuls sont tenus de comparaître en personne. Devant le tribunal, ils sont soumis à des formalités humiliantes : tandis que les seigneurs conservent leur épée, prêtent serment debout, ils sont forcés de s'agenouiller. Les juges sont presque toujours les amis ou les parents de la partie adverse, et même avec la volonté d'être impartiaux, ils apprécient à une tout autre mesure l'honneur et la dignité d'un noble ou d'un vilain. Dans les cas les plus favorables, le procès traîne, les frais s'accumulent, et que deviennent les affaires abandonnées, la famille sans chef! Quelle aubaine pour tous ceux qui voudraient obtenir un emprunt de quelque riche bourgeois, un délai de quelque créancier ! La menace d'un procès réduit à merci les plus intraitables. « O villes bien-aimées, s'écrie le chroniqueur, quelle destinée est la vôtre! '— C'est une grande honte et une grande injure pour les rois : ils ont travaillé avec beaucoup de soins et de peines à établir l'ordre, la justice et le droit dans ce royaume et à assurer à chacun, en ce qui le concerne, la jouissance paisible de son droit. Faut-il donc que les résolutions et les décrets de Rendl aient plus de valeur que celles des empereurs et des rois?... Ce ne serait pas grand dommage que l'on portât sur ce Rendl quelques voitures de bois sec et qu'on le brulàt lui et ses inventions, afin que personne ne fût tenté de l'imiter. Mais le malheur est que le roi Vladislas aime mieux les Chevaliers et les Seigneurs que les villes, et cependant ces seigneurs prennent plus volontiers au roi -qu'ils ne lui donnent ^. »

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