TRAITÉ DE SAINT-VENCESLAS
ques grands-officiers avertissaient Vladislas de son imprudence, et sa partialité pour les nobles était refroidie par ses récentes mésaventures. Toujours très mobile d'ailleurs, à la merci du dernier qui lui parlait. «J'ai assez à faire avec le roi, écrit à ce moment Sternberg, que les nobles avaient envoyé auprès de lui pour le ramener à eux; ce que j'obtiens un jour, d'autres arrivent et le détruisent complètement et Sa Majesté approuve aussitôt ce qu'ils lui proposent. Je reviens et je décide de nouveau Sa Majesté, jusqu'à une nouvelle - intervention ' . » C'était toujours à recommencer ; mais, dans cette cour obérée, les bourgeois avaient des arguments irrésistibles : ils déliaient les cordons de leur bourse, et obtenaient au moins en échange quelques promesses et un appui intermittent.
Les choses traînèrent en longueur, chacun des deux partis se cantonnait dans ses exigences; le pays était divisé en deux ligues, toujours prêtes à en venir aux mains. Le traité de Saint- Venceslas ne fut signé qu'après d'interminables négociations (lôiy).
Les villes se résignaient à d'importantes concessions : elles renonçaient en fait au monopole de la fabrication de la bière, acceptaient que toutes les contestations relatives aux biens libres relevassent du tribunal du pays, n'insistaient pas pour que la charge de sous-chambellan fût rendue à un bourgeois, ce qui impliquait une certaine domination de la noblesse sur les communes ^. En revanche, elles obtenaient satisfaction sur plusieurs points. Elles avaient été mises hors la loi pendant les dernières années : elles reprenaient désormais leur place dans la société. Il était défendu de leur déclarer la guerre sous peine d'être mis au ban du royaume ; quiconque ouvrirait les hostilités contre une cité, serait ,poursuivi comme ennemi public; s'il recevait un sauf-conduit du roi ou du tribunal suprême, il serait permis de lui donner à boire et à manger, mais ceux qui s'uniraient à lui,