‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 93 sur 97 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

PAUL, pois VALLEDO, deitx Témoins.

valledo.

Ah! je ne crains pas de m’èlre trompé! Yotre présence, docteur, me prouve que je suis bien renseigné... Nous sommes ici chez monsieur Georges Thévenin?

' PAUL

C’est vrai, monsieur le comte ; mais il n’y est pas.

' VALLEDO.

je suis mieux informé que vous , car je sais positivement que monsieur Georges Thévenin est chez lui... Au surplus, nous allons nous en assurer sur-le-champ, car ce qui m’amène ne peut souffrir ni lenteur ni délai.

PAUL

Pardon, monsieur le comte; mais qu’il y soit ou non, vous n’entrerez pas.

VALLEDO.

Ah! il se cache donc !

PAUL

Pour vous éviter!... Oh! non; mais Georges est souffrant, et moi, son ami, son médecin, j’ai ordonné qu’on ne iui laissât voir personne.

VALLEDO.

C’est possible, monsieur; mais comme il faut que je le voie, je serai moi-mème mon introducteur.

PAUL

Un mot, s’il vous plaît. Je crois savoir ce qui vous amène... Vous souhaitez sans doute une réponse à la lettre que vous avez écrite à sir Slac-Dowel?

VALLEDO.

Précisément.

PAUL

Alors, monsieur le comte, ce n’est pas à Georges qu'il faut vous adresser, il ignore que vous ayez écrit; je n’ai pas voulu qu’il connut votre lettre.

VALLEDO.

Ainsi le baronet n'a encore rien réglé?... Tant mieux! je n’aurai pas à changer les dispositions... et comme monsieur Georges a bien dû prévoir qu’une rencontre entre . nous était inévitable, peu lui importe sans doute qu’elle ait lieu plutôt aujourd’hui que demain... plutôt à l’instant que dans une heure.

PAUL

Et si je vous disais qu’il ne peut plus y avoir de courage à pro-

voquer moli malheureux ami... brisé par les émotions... épuisé par les souffrances; il n’a peul-èire plus que quelques heures à vivre.

v ALLE no.

Monsieur, il reste toujours assez de force pour recevoir le châtiment d’une insulte... Il est épuisé, dites-vous... n’eùt-il plus qu’une goutte de sang dans les veines, ce sang, il me le faut!... (Mouvement des Témoins pour entrer dans 1a maison.)

PAUL

Un moment, monsieur le comte. Je vous ai dit que son bras était faible, mais je vous dis aussi que le mien est fort. Si Georges se meurt, moi, je suis bien vivant, et à défaut de mou ami, vous voudrez bien m’accepter pour adversaire ?

VALLEDO.

Vous?... Et pourquoi? vous ne m’avez fait aucune injure.

PAUL

S’il ne tient qu'à cela , regardez-vous comme insulté par moi , car le mépris qu’il a pour vous, je le partage. Il vous a dit que vous étiez un traître; je vous dis, moi, que vous êtes un lâché!

VALLEDO.

Monsieur !

GEORGES, paraissant, suivi de Mac-Dowel.

Valledo!

. PAUL, aux Officiers.

Reconnaissez donc qu’il m’appartient comme adversaire; je l’ai» j’espère, assez outragé I

GEORGES, se plaçant tout à coup entre eux.

Arriéré! Moi, je le soulillète. (il lève la main sur Valledo.)

VALLEDO.

C’est uu duel à mort!

MAC-DOWEL.

Je l’espère bien.. Pour vous, je me charge des armes.

VALLEDO, à Georges.

Je vous attends ici près, à la côte de Fourvière.

GEORGES

J’y serai avaul vous.

VALLEDO.

Si vous tardez, je reviens.

GEORGES

Vous lie reviendrez pas. (Courges, Paul et Mac-Dowel rentrent dans |a maison, Valledo et les Témoins sortent par la grille du fond.)

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