DEPOSITION DE ROBERT BIGWOOD
Il y aura huit ans au mois de septembre prochain que je suis entré chez la princesse. Je vins chez la princesse au mois de mars 4798, et j'ai demeuré avec Son Altesse depuis cette époque.
Vers l'année 1802, au commencement de cette année, je remarquai pour la première fois que sir Sidney Smith venait à Montague-House ; il avait coutume de rester fort tard dans la soirée; je l'ai vu de bonne heure dans la matinée, vers environ dix ou onze heures. Il demeurait chez sir John Douglas, et il était dans l'usage, ainsi que sir John et lady Douglas, de dîner, déjeuner et souper presque tous les jours chez la princesse.
Je vis sir Sidney Smith, un jour, en 1802, dans la chambre bleue, vers onze heures du matin, c'est-à-dire
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deux heures entières plus tôt que nous n'avions coutume de voir du monde. Je demandai aux domestiques pourquoi ils ne m'avaient pas fait savoir qu'il était là. Le valet de pied me dit qu'il n'avait introduit personne.
Il y avait une porte particulière ouvrant dans le parc, par laquelle sir Sidney Smith aurait pu entrer, s'il en avait eu la clef, et parvenir à la chambre bleue sans être aperçu par aucun domestique.
Je n'ai remarqué aucune circonstance qui pût me porter à supposer que la princesse était enceinte : c'est ou à la fin de 1803, ou au commencement de 1804, que je remarquai pour la première fois que le capitaine Manby venait à Montague-Housc.
J'étais de service un jour dans l'antichambre; le capitaine Manby avait son chapeau à la main et avait l'air de s'en aller. Il resta longtemps avec la princesse. Pendant que j'attendais sur les marches, je regardai dans la chambre où ils étaient, et, au moyen des glaces qui réfléchissaient leurs images, je les vis se saluer l'un l'autre, je veux dire qu'ils se baisaient sur la bouche.
Le capitaine Manby s'en alla. J'observai que la princesse avait son mouchoir dans ses mains et qu'elle s'essuyait les yeux comme si elle pleurait.
La princesse alla à South-End au mois de mai 1804; j'y allai avec elle, et nous y demeurâmes, je crois, environ six semaines avant l'arrivée de Y Africain. Siccard était souvent à guetter avec une lunette pour voir si le vaisseau arrivait.
Un jour il dit qu'il apercevait VAfricain, et, bientôt après, le capitaine Manby quitta le vaisseau et se mit dans une chaloupe. Siccard prit le chemin du Basquet pour aller au-devant de lui.
Lorsque le capitaine Manby eut mis pied à terre, Siccard le conduisit à la maison de la princesse, et il dîna avec la princesse et les dames de compagnie. Des ce moment, il vint voir très-fréquemment la princesse.
La princesse avait deux maisons sur le penchant de la colline, les numéros 8 et 9 ; elle prit ensuite le numéro 7, d'où Ton communiquait par le balcon avec le numéro 8. Les trois maisons étant contiguës, la princesse était dans l'usage de dîner au numéro 8, et, après le dîner, de passer avec sa société au numéro 7, et j'ai vu plusieurs fois|a princesse, après être allée au numéro 7 avec le capitaine Manby et les autres personnes de la société, traverser seule avec le capitaine Manby. en passant du numéro 8 au numéro 9, qui était la maison dans laquelle la princesse couchait ordinairement.
C'était un sujet de conversation dans la maison.
Les domestiques donnèrent l'éveil à ce sujet, et je crois que d'autres le soupçonnèrent ainsi que moi.
La princesse prit un enfant qui, à ce qu'on m'a dit, avait été amené dans la maison par Hikeman. Je n'étais de service qu'une semaine sur trois, et je n'y étais pas lorsqu'on amena l'enfant : mais je l'y vis au commencement de ] 803.
L'enfant qui est à présent avec la princesse de Galles est le même que j'ai vu au commencement de 1805; il a une marque sur la main gauche. L'homme qu'on dit être son père s'appelle Âustin. La femme d'Austin, à ce que je crois, vit encore; elle a eu un autre enfant, et l'a amené souvent à Montague-House : il ressemble beaucoup à l'enfant qui est avec la princesse.
Madame Gorden était employée en qualité de nourrice pour l'enfant; elle l'amenait ordinairement à la prin-
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cesse dès qu'elle était éveillée ; et Tenfant restait avec Son Altesse Royale toute la matinée.
La princesse paraissait extrêmement attachée à l'enfant et le paraît encore.
Si(j7ié : R. BiGwooD.
Déposition faite par serment à l'hôtel de lord Grenville, dans Dow. ning-Street, le 6 juin 1806.
Signé : Spencer, Grenville.