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fond des choses, restitue à l'habitation humaine sa situation centrale. Son rythme artistique tourne 19) r de cet axe et lui emprunte ses courbes et ses ondulations. L’ lui-même y rentre en maître absolu. Il y opte ses gestes saisonniers en des attitudes éternelles. L'œuvre du peintre ainsi atteint à un haut sommet psychologique, à la cime même de l’art; car l’art, à l'encontre de notre critique instinctive et décadente, l’art n’est pas tout dans le métier, la matière et l'émotion technique ou esthétique qui s’en dégagent. [Il est avant tout dans sa hauteur d'idée, son élévation de sentiment, sa sublimité d'expression. Ne rechercher dans l’art que l’émotion matérielle, en abstraire la flatterie, pour l'œil, des pâtes, des accords symphoniques, des réussites de procédés, c’est le décapiter. L'homme, les animaux qu’il a domptés, la maison qu'il s'est faite, les gestes spécifiques qu'il répète, toujours les mêmes, à travers temps, voilà le point culminant de la peinture de Georges Le Brun. Il rend à chacun de ces gestes, il | È
à ces compagnons de l'homme leur style €arac Il traduit chaque élément de la maison humaine a minutie, selon le lieu de elle synthétise. Dans la Ferme- Château, qu'il peignit à Thimister et qu’on trouvera au musée d'Ixelles, l'habitation impérieusement détaillée accapare tout le cadre. Elle l’accapare aussi dans La Faux, qu'il réalisa à Lierneux. Mais ici c’est l’humble, blanche et élémentaire douceur de la maison pauvre; là, le puissant et féodal orgueil de l'habitation riche. Et toutes deux traduisent l'endroit.
Dans Maisons a Spixhe c'est le triomphe rude des pierres, de chaque pierre mise en relief, sur l’ensemble du paysage et sous l'acuité du vent d'est. Au contraire, dans
D PLIE RE Croquis. |
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Ver
Le Village dans la Vallée, pris à Hebronval, le village et l’horizon s'épousent magnifiquement et se font un impressionnant écho.
On détaillerait ainsi chaque tableau pour y retrouver le souci de l'artiste à faire de l’homme et de ce qui est à l’homme le centre même de son art, le reste n’étant qu'encadrement, art par là même anobli, humanisé, spiritualisé.
De là il ne suit point que cette peinture sacrifie à la philosophie. Elle est peinture pure, par la solidité de la matière, par le souci linéaire, par la sobriété du ton. Et cette sobriété n’est point mépris, comme cette solidité n’est point recherche outrée. Dans ce souci peut-être y aurait-il à prime vue, quelque excès, si on ne songeait aussitôt qu'il cadre avec le lieu admirablement et qu'il tient au caractère même des choses à exprimer. La maison ardennaise, avec ses grès et son schiste, impose aux yeux son détail élémentaire et ce détail même prend une plus impérieuse accentuation sous l’acuité de l'air ambiant.
L'artiste en prépare le rendu avec un soin extrême. Quelques aquarelles inachevées rendent un compte exact de ce travail probe. Les dessous sont presque d’un géomètre. Mais la douceur du fusain corrige cette géométrie et le rehaussement léger et senti l’amadoue.
Ce soin extrême s'affirme aussi dans les croquis dont il fait une préparation à ses paysages composés. [1 étudie longuement et analytiquement une attitude, une pose, un geste, un raccourci. Le printemps au Moulin de Ruy
semble, avec quelques autres compositions, une sorte de < ve 44 halte fraîche dans l’ordinaire rudesse de son œuvre. Il a
ici atténué la rugosité des choses ardennaises. Elles sy
fondent en douceur et c'est devant un simple pignonen …