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laquelle il ne ferait qu'un, dirais-je presque, comme l’escargot avec sa coquille? Telle était la maison de Le Brun, sur le Grand Vinâve. C’est un antique et imposant logis dans le style du pays, — brique rouge et pierre grise avec toit d'ardoise bleue et hautes fenêtres à meneaux, — à l'aspect honnête et grave. Il l'avait meublé de beaux meubles indigènes. C'était la « maison d'un artiste », d'un artiste qui n'avait pas voulu que sa demeure fût un musée, mais simplement une archaïque maison assortie au sol, fidèle aux vieilles mœurs, une maison wallonne comme il était un artiste wallon.
En août 1014, Le Brun s'engagea comme volontaire. Il avait une femme charmante, de délicieux enfants, un admirable intérieur, et il n'était plus à l'âge des coups de tête. Le salut des siens se confondit sans doute, en cette heure tragique, avec le salut de la patrie belge injustement envahie... C'est qu'il avait un grand cœur, Rien n'est exaltant et bienfaisant comme l'admiration qu'on éprouve quand le talent est doublé d’un caractère, quand l'artiste se trouve être un homme.
Des les premiers mois de la guerre, sur l’Yser, ayant spontanément pris part à une mission périlleuse, Le Brun ne reparut pas. Sa mort, à laquelle on refusa longtemps de croire, est restée mystérieuse... Quelle tragique poésie dans ce mystère! IT semble qu’on raconte quelque légende des temps anciens : et c'est l'histoire de maint héros tombé hier !
Le Brun disparaissait ainsi en pleine force, sans avoir pu donner toute sa mesure. D'un tableau à l’autre, le sentiment était plus profond, le métier plus sûr, et l’on
pouvait compter encore sur de splendides réalisations.
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Telle quelle, son œuvre inachevée enrichit le patrimoine d'art de la Wallonie. Sérieuse, rude, méditative, elle contribue pour sa part à préciser la physionomie de notre race, dont elle montre peut-être un aspect peu familier. N'importe! Dans cette œuvre, comme dans tout ce que produit l’art wallon, on sent la présence d’une âme, la discrète suprématie de l'esprit.