‹ Georges Le BrunChapitre 6 sur 32 · L'ŒUVRE ET SON OBJET · texte numérisé non relu

L'ŒUVRE ET SON OBJET

La grande mélancolie de la Fagne est dans son entier dépouillement. Aussi sied-il qu’on la rende avec un art dépouillé, RUE

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Mais son primitivisme n’est pas d'imitation. Fan aetn on vise à la gaucherie pour la TE On se veut naïf pour faire croire à sa sincérité.

La gaucherie initiale de Le Brun état toute naturelle. Le même voyage recommence éter nellement pour ceux-là qui refont avec les mêmes pas, les mêmes chemins et, de se donner à soi-même une éducation en marge de l'école, avec une discipline personnelle, c’est à peu près comme si on retournait volontairement à l’origine de l’art.

Le caractère agreste et initial de son œuvre, ce n’était

point pour sa haute droiture un défaut à exploiter, à ériger v5 D

en qualité précieuse.

La rusticité de sa main, s’il sait qu'il l'a, il en veut garder quelque chose, non comme une sorte de rudesse à opposer aux Joliesses de l’art mondain, mais comme étant

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en conformité avec les objets à exprimer. Une œuvre

rustique veut un faire rustique. Autour de lui, tout lui

impose cette technique, le tas secret du terrain qui avec une lenteur séculaire et comme tâtonnante fait des rudes herbages du sol la tourbe hésitante sous la flamme, patiente à se consumer, l'éternel travail des hommes en itte avec l'é éternel travail de la fange, pour en assurer leur onquête sur elle, dans la AIRreDL du sillon, la modicité récolte. La résistance contrariante de la brousse et U iglante hostilité du vent exigent de leur geste, comme de leur façon de s’abriter contre les grands souffles du large, une sgrte de stylisation laborieuse et rigide.

Cette rusticité fait donc, dans le paysage, corps avec un rite, comme avec un rythme. Mais, à être vue à la longue, on l'aperçoit qui rentre dans un ensemble dont elle fait partie et qui s’y fond harmonieusement. Ainsi fera-t-elle dans l’œuvre du peintre. Elle semblera au fur et à mesure de l'expérience acquise, s’y résoudre. Mais ce ne sera que pour s’amadouer aux surfaces, tout en s’accentuant même, en soustructure, dans les profondeurs. |

C’est que certains détails pittoresques qui, à première sentent comme prédominants, peu à peu à être la continuité des heures, rentrent dans l’ordre général où ils reprennent leur place secondaire et épisodique. L’harmonieuse et sobre fusion de tous ces caractères donne la vraie caractéristique des choses, et cette fusion, le temps inévitablement l’opère pour nos yeux avec l'accoutumance journalière et le triomphe, au jour le jour, sur toutes les particularités mêmes typiques, de la vérité fondamentale des lignes et des tons.

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