‹ Georges LouisChapitre 11 sur 145 · A LITUANIE SE DETTE EE · texte numérisé non relu

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deux capitales. Elles faisaient volontiers assaut de gorges chaudes sur un ambassadeur qui choquait les snobinettes et les gandins. On daubait sur ce diplomate confiné dans ses papiers. Îl travaillait trop ! Voilà le grand cri des sots!

De quelle officine s’échappaient ces cancans grotesques 2? Leur inanité glissait sur Georges Louis. Lui qui ne remit jamais au lendemain une visite utile, qui écrivait dans ses nuits laborieuses des rapports insurpassables, avait-il le temps d'écouter ces commérages ? Pris pour cible par des frondeurs sans conséquence, il haussait les épaules et contimuait sa dure besogne. Mais il eut la nausée de la conversion d'un Paléologue, avalisant ces turlutaines et, sans rire, lui en faisant grief, emphatiquement !

Une indignation suspecte grossissait tous ces racontars. Elle avertit Georges Louis. Sa juste méfiance rapprocha la première accusation d’une autre, révélant l’artifice. Le

maquillage du réquisitoire ressortait, pris en flagrant délit de faux.

Georges Louis n’était pas seulement incriminé comme réfractaire à la fréquentation des salons et des clubs : on l'accusait surtout d’incompatibilité d'humeur avec M. Sazonoff. À quel titre? Etait-ce pour le même motif

n vérité, si le ministre russe ne se sentait pas en contact avec le représentant de la France, ce ne pouvait être dé- Cemment par sa supériorité mondaine. Il n’avait rien d’un dandy, du chic d’un Brummel élégant, recherché pour les thés, raouts et soirées en vogue. D'extraction infime, d'éducation bureaucratique, il ne brillait nulle part, n1 par sa naissance, ni par ses belles manières, ni par son esprit ou son luxe. Le comte Witte — cité par Georges

Louis — disait de Jui d’un ton goguenard :

:Sazonoff? S'il n'avait pas été le beau-frère de Stolypine, il

aurait fini sa carrière comme ministre à Munich. C'est un

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