‹ Georges LouisChapitre 112 sur 145 · MALTE · texte numérisé non relu

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Apr. 2. — Le Ministre des Affaires Étrangères est chargé de l'exécution du présent décret. | Fait à Paris, le 21 février 1913 Signé : R. POINCARÉ.

Contresigné : JONNART.

Georges Louis était à la disposition, c'est-à-dire que sa carrière interrompue pouvait être reprise ailleurs. En mai 1912, Paléologue lui faisait entrevoir un autre poste ; plus tard des journaux qui passaient pour être dans le secrét des Dieux parlèrent d’une situation nouvelle, intermédiaire entre le ministre et les directeurs politiques. En fait M. Poincaré, qui dissimulait ses rancunes, mais ne les oubliait jamais, voulut que l'ambassadeur languït dans l'impuissance de se plaindre, au nom de la correction professionnelle, et que son inactivité fût définitive.

Louis, en quittant Saint-Pétersbourg, entrait dans la retraite pour toujours, et Isvolsky, malgré le serment de M. Poincaré, restait seul et libre à Paris.

J'ai retrouvé dans les carnets de Georges Louis deux conversations avec moi, relatives à la double conclusion Rs Louis-Isvolsky. La première est du 8 décembre

ERNEST JUDET. — Poincaré m'avait dit à moi-même qu'en tout cas, si vous quittiez Saint-Pétersbourg, Isvolsky quitterait Paris. Vous êtes parti. Isvolsky est resté. Pourquoi?

Georces Louis.—Parce que dans l'intervalle Isvolsky a su le gagner en le chargeant de la distribution des fonds mis à sa disposition par le Gouvernement russe pour agir sur la presse.

La seconde conversation notée par Georges Louis entre lui et moi est du 12 janvier 1914 :

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ERNEST JUDET. — Poincaré m'a fait demander de venir le voir quelques jours après la formation du ministère actuel. I] savait que Je le critiquais d’avoir formé ce ministère, et il a tenu à m expliquer sa conduite.

IÏm'a laissé éntendre que Doumergue était son homme, qu'il l'avait choisi afin de pouvoir sous son nom continuer à diriger la politique extérieure, et qu’il la dirigeait en effet, restant en rapports constants avec les Ambassadeurs accrédités à Paris. C'est lui en outre qui a mis Margerie auprès de Doumergue.

J'ai dit à Poincaré : « Et Isvolsky est toujours à Paris > Vous m aviez dit cependant en juin 1912 que, si M. Louis partait, M. Isvolsky partirait aussi. » Poincaré m'a répondu d’un air de défi : « J'ai dit cela. Mais les choses ont changé. Il n’est plus question du départ d'Isvolsky. Tout va bien avec lui. »

Et Poincaré a ajouté : « La Russie a un avenir immense Sa force est en plein développement. Elle n’oubliera pas le coup que l'Allemagne vient de gagner à Constantinople. Dans deux ans la guerre aura lieu. Tout mon effort va tendre à nous préparer. »

Il ne paraîtra pas inutile de compléter le récit de ces entretiens par celui d’un troisième que j'eus quelques semaines après avec M. Poincaré. +: # in "5 y à k: Le 13 mars 1914 je publiais dans l’Eclair, sous'ce titre « Un point d'histoire ignoré », un article sur le débat parlementaire de la veille, où le député François Deloncle avait regretté la rupture de nos relations officieuses avec le Vatican. Elles avaient été maintenues, même après la fin du Concordat, et le Temps, dans une dépêche du ÎT mars, le constatait en indiquant qu’elles furent supprimées par M. Poincaré :

[l n’est pas sans intérêt de préciser qu à un moment donné, depuis la rupture du Concordat, des relations officieuses entre

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