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M. Sazonoff. (Exclamations et rires au centre, à droite et sur divers bancs à gauche.)
QUELQU'UN AU CENTRE. — Ce n'est pas la même chose |
M PoincARÉ, — Je vous prie de citer un mot, un seul mot de M. Louis. (Très bien, très bien 1)
M. M. CaciN. — N'essayez pas une diversion. (Vives exclomations sur les mêmes bancs.)
M. Poincaré. — Je vous mets en demeure d'apporter à la tribune un mot de M. Georges Louis. (Très bien, très bien !)
MM. CacuiN. — Je ne tomberai pas dans votre diversion. (Exclamations ironiques à gauche, au centre et à droite.)
M Porncaré. — C'est vous qui l'avez annoncé. (Très bien, très bien !)
M. M. Cac. — C'est possible. Je dis donc.
M. Pauz MEssiEr. — Ce n'est pas une diversion, cest
une version.
Voix NOMBREUSES. — Le mot de M. Louis !
7 9 À à Ke 1 M. M. Cacxin. — Vous ne m arrêterez pas dans mon dé- ? y, 9
veloppement. Je veux vous fixer l'état d'esprit de M. Louis, ambassadeur de France à Pétrograd. ({nterruptions et bruit.)
Au CENTRE. — Vous nous avez annoncé une citation de M. Louis.
M. Jean ErLicH. — Est-ce ainsi qu'on accuse à Moscou ? Sans les pièces ? (Très bien, très bien 1)
Dans ce cliquétis rapide, les épées n'étaient pas mou chetées : à chaque engagement du fer le sang coulait. Les sommations répétées de M. Poincaré, qui jouait le tout pour le tout, faisaient rebondir à son profit le nom
de M. Louis. Elles soulignaient sa terreur et sa rouerie.
Il côtoyait l’abime qu'un rien eût ouvert sous ses pas. À la moindre phrase, si Cachin avait eu dans sa poche deux lignes de Georges Louis, le Président de la Guerre
s’effondrait. Tout était suspendu au Verbe d'un revenant qui ne revint pas. Êt ce fut la curée retournée. La Chambre délirait. Le tapage fou augmenta, et Cachin se plaignit de n'avoir jamais été autant injurié dans la plus orageuse réunion publique. Le Président de la Chambre se crut obligé d'intervenir.
Apparemment, M. Louis Puech protégea la liberté de la parole : mais il tint surtout à secourir le vamqueur. M Poincaré et la Chambre, coude à coude, poussaient à la déroute de Marcel Cachin, exigeant de lui une citation des paroles de Georges Louis, sous prétexte qu'il en avait fait la promesse ferme :
M. Le PRÉSIDENT. — Je m'efforcerai d'empêcher qu'on couvre votre Voix.
On vous écoutait avec beaucoup d'attention, quand vous avez jeté un nom dans le débat, en annonçant que vous reproduuriez les paroles de M. Louis. |
Naturellement, à ce moment, sur tous les bancs chacun a réclamé que vous les citiez. Voilà ce qui s’est produit. (Applaudissements.)
L'arme choisie par les communistes s'ébréchait dans leurs mains. Le résumé présidentiel, d'allure impartiale, au fond très hostile à Cachin, enfonça davantage commé un clou dans sa tête le nom de Louis. L'aigre discussion tourna court. Les interrupteurs en goguette hurlaient à qui mieux mieux sans trêve : « Et M. Louis ? » Le troupeau moutonnier, surexcité par la verve sarcastique de son favori, jubilait de cette scie. La trouvaille désopilante qui agaçait et démoralisait très à propos le tribun communiste délecta la Chambre primaire de 1919, la Chambre bleu horizon. Pour elle, née à la pohtique le jour où elle fut élue, Louis n'était qu'un être insignifiant et vague,
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