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que je n’ai le désir de rester ici que si mes services y peuvent encore y être utiles.
Il sera facile de voir au retour très prochain des ministres s'il est exact que ce soit par mon fait et non par celui de M. Isvolsky que M. Sazonoff ne se sent plus en contact.
Jusqu'à présent j'ai lieu de supposer que tout au moins 1l n’a pas tenu spontanément le langage qui vous a été rapporté ; car il a continué jusqu'à son départ, et M. Kokovtzoff également, à me parler dans de très longs entretiens de nos affaires communes sur le ton de la pleine confance, et vous avez pu remarquer que, sur tous les points qui avaient donné lieu à des doutes, mes informations ont été confirmées parles faits et par vos moyens secrets de contrôle.
Ce n’est pas M. Isvolsky, c'est le Gouvernement français qui est juge de l’activité que J apporte dans mes fonctions et de la sûreté de mes avis. La surprise avec laquelle vous avez entendu la communication qui vous a été faite montre que vous n'aviez rien constaté qui pût expliquer une telle démarche.
L'original de cette lettre pathétique, d'une superbe impersonnalité, d’une dialectique irréfutable, porte en haut, de la main du signataire, ces deux mots au crayon : Non envoyé. Nous avons là le témoïgnage irrécusable des pensées qui se déroulèrent dans sa tête. Elles souffletaient en plein visage le faquin sur les simagrées et les grimaces duquel il n'avait aucun doute. Mais le télégramme suggéré par sa conscience lui parut donner trop tôt le fer à la pointe adverse. Ses méditations l'inclinèrent à ne rien précipiter. S'interdisant de céder à la facilité d'une riposte du tac au tac, il eut assez de sang-froid pour se tenir bien ramassé sur une stricte défensive. Cette tactique fut vite récompensée : car les éclaircissements lui vinrent à
souhait de la meilleure source, de l'ennemi. Les compères pu trop pressés d'achever le vaincu, l'aidèrent à se diriger EX malgré eux, au besoin contre eux, à se mettre hors de | leurs atteintes.
Le cerveau de M. Poincaré est un organe souple et accommodé à l'usage intensif pour lequel il l’a dressé. LE. Exclusivement juridique, froid, obstiné, concentré, A acharné sur ses desseins, 1l en poursuit âprement le succès S personnel avec tous les moyens dont il regorge ; il assujettit aisément ses moindres actes à une discipline rigide pour mieux lire dans le jeu des autres, sans découvrir le sien. Avec ces dispositions natives, fortifiées par une assiduité que rien ne distrait, 1] ne devrait commettre aucune faute. Or, les siennes sont parfois énormes. Il commande mal à une combativité égoïste et ombrageuse. Elle lui rend intolérable lé commerce de personnalités supérieures et indépendantes, le pousse à les supprimer ou les annuler. Il se fourvoie souvent : énumérant toutes les raisons qu'il a de réussir dans une entreprise, rassemblant minutieusement toutes les garanties, 1l souscrit à la souillure morale de certains calculs. Insensible à la véritable noblesse d'autres âmes, 1l évalue mal les mobiles et la courbe de leurs réactions. Il s’est trompé du tout au tout sur 41 Georges Louis. Il l'a pris pour un fonctionnaire quelconque
+ qui s aplatirait à sa dévotion. Sa lenteur à démission- 1 ner ne l'mquiéta nullement. Il n'en démêla pas les causes magnanimes, les attribuant sans doute à des circonstances FAN insignifiantes de temps et de lieu.
A Le lendemain du jour où avait fait télégraphier son ce ukase, il saisit le Conseil des Ministres de l’imcident Le créé par lui de toutes pièces. Avec une volubilité joyeuse ep qui surprit quelques-uns de ses collègues, il imsista ke sur le débarras désiré et désirable d’un ambassadeur qui hs se rendait justice lui-même, en avouant son découra-