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trépidante atteignent au lyrisme de la passion effrénée. A perte de vue 1l disserte sur les comparses qu’il dresse à son service. [Il a la verve inépuisable d’un écrivain de race, mais aussi le tranquille cynisme d’un diplomate de la vieille école : lui, ambassadeur du Tzar, d'un Empire dont les archives sont inaccessibles aux profanes, combien il aurait r1 à l'idée qu'un jour ses pensées, ses calculs, ses confidences seraient divulguées ! Il a eu sa guerre : il est mort enseveli sous les débris de sa patrie. Et les temps apocalyptiques se sont accomplis. Devant nous s'étale, dans sa nudité, le fonds et le tréfonds de sa politique. Le Livre Noir fait avec les manuscrits de Georges Louis un ensemble indissoluble par lequel tout s’éclaire, Et c’est l'Ambassadeur russe qui nous apporte la preuve des accusations sévères de l'Ambassadeur français !
Avec une opiniâtreté fabuleuse, Isvolsky n'a cessé de formuler, de répéter à Sazonoff qu'il a trois buts à Paris et que sa réussite dépend de trois conditions sine qua non. S 1] a quitté Saint-Pétersbourg, s’il est ambassadeur, c’est pour agir plus vite et rayonner plus loin, gouverner plus sûrement | Europe et mener, même au prix d'une guerre générale, la Russie à ses fins, aux Détroits et à Constantinople. C'est le rêve de ses nuits, l'œuvre de ses jours. Or les trois conditions sont : 1° la mainmise sur les banques d'émission par les soins du gouvernement ami, interposé pour monopoliser à travers lui l'épargne française et accaparer la distribution des emprunts extérieurs : 29 l’achat et la domestication de la presse française, depuis les gros
tirages, jusqu aux journaux d'élite et d'opinion, pour dis-
cipliner les foules occidentales, dociles au bâton du chef d'orchestre slave ; 3° un blanc-seing pour étendre aux aventures balkaniques les obligations de l'alliance et la coopération française.
Pour Isvolsky la politique française dépendait d’un
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