L'AMBASSADE DE FRANCE EN RUSSIE
Comme le Temps l’a annoncé le 13 mai, une suggestion a été adressée à M. Deschanel en vue de savoir s'1l accepterait le poste d’Ambassadeur en Russie. M. Deschanel, pour des raisons personnelles, a déclaré ne pouvoir accepter.
Cette offre résultait à la fois de la haute valeur de M. Deschanel et du désir exprimé par M. Georges Louis d'être appelé à un autre poste. M. Louis, sa femme et ses enfants ont été depuis trois ans assez fréquemment éprouvés par le climat de Saint-Pétersbourg. Toutefois, d’après nos renseignements, le mouvement diplomatique provoqué par le changement que souhaite M. Georges Louis n’est pas prochain. Le retour de la belle saison permet en effet à notre Ambassadeur de rester à son poste.
Îl est inexact que M. Isvolsky ait demandé le rappel de M. Louis, pour qui il professe des sentiments d'estime amicale, et que des considérations politiques soient pour quelque chose dans les décisions qui pourraient être prises.
D'autre part, l'Agence télégraphique de Saint-Pétersbourg communique la note suivante :
« L'Echo de Paris annonce le prochain rappel de M. Georges Louis, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, et assure que ce rappel aurait été demandé par le Gouvernement russe par l'entremise de l'Ambassade de Russie à Paris. Présentée sous cette forme la nouvelle n'est pas exacte.
«M. Georges Louis ayant exprimé, à plusieurs reprises, que le climat rigoureux de Saint-Pétersbourg ne convenait ni à luimême, ni à sa famille,et des changements devant avoir prochainement lieu dans le haut personnel diplomatique fran-
ù Li # î | | | . + "4 Fe a es 1 Ai »
£ à 41 "| 1 1 + | pe) fn & ; !
14 | Me } 1] & ! « Lo ç EE. | ! | . Si 1 Le #1] au si “© + * à :
Ye :
2 $ 2: 4 F ER ï :
Pa : ÿ F4 . :
mn | i ] 4 1 ju >
Dane rose ee
ddittit = . Kent ous DER ETES hs ON Ki Ye PR KT | 2" : : L
çais, 1l a été tout naturellement question, dans des conversations confidentielles entre M. Poincaré et M. Isvolsky, d’un changement éventuel de l'Ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg.
«Mais, au cours de ces conversations, M. Isvolsky n’a évidemment rien dit de désobligeant sur la personne de M. Louis. qui jouit de la plus grande estime dans les cercles gouvernementaux et sociaux de Saint-Pétersbourg. »
Tout est mensonge dans ce morceau, jusqu’à la vérité qui s y glisse pour rendre la falsification tolérable, juss , \ < PSE qu aux éloges de la fin où M. Poincaré désavoue toutes ses a : È A ° so accusations ! La contre-partie des hâbleries où l’informateur officiel a dû descendre par ordre se trouve dans une lettre du 10-23 mai d'Isvolsky !. Il y dit expressément sans o ® 9 e souci de la bienséance et de l’urbanité :
… D'une manière générale, si désagréable que puisse être l'actuel incident, il est sans doute bon que cet abcès soit enfin crevé : car à la fin les rapports de Louis pouvaient causer un tort irréparable à nos relations avec la France.
… Je comprends combien vous sera désagréable votre première rencontre avec Louis. Îl me semble qu’il mérite parfaitement que vous lui indiquiez tranquillement, mais fermement, les causes de votre mécontentement.
En tout cas, :l ne saurait plus être compté parmi les habitants de Saint-Pétersbourg, et doit se le tenir pour dit.
Le tort irréparable causé aux relations de la Russie avec la France n était que le tort causé à Isvolsky lui-même. Cette confusion perpétuelle, entretenue par lui dans l’esprit de M. Poincaré, était le secret de son influence. So