‹ Georges LouisChapitre 59 sur 145 · NI OU AES · texte numérisé non relu

NI OU AES

Ainsi,au cours de l’entrevue si aisément et si cordiale-

ment accordée, Georges Louis n'avait rien oublié, tou-

chant à tour de rôle et sans exception tous les sujets qu'embrassait l'Alliance. Partout où surgissaient des conflits latents de mauvais aloi, il n'avait pas manqué de mettre une sourdine intelligente, conforme à sa diplomatie mesurée et soucieuse de la paix. C'est le triomphe du genre : c’est par de tels légers coups d'aviron que la barque européenne, ballottée au milieu des vagues et des récifs, peut être conduite honorablement au port. L'Empereur n'était n1 sanguinaire n1 belliqueux. Il avait imauouré son règne par un projet pacifiste, plein d'intentions aussi naïves que touchantes. Avec un partenaire loyal, aidant à dénouer plutôt qu’à trancher les nœuds gordiens, il n’eût pas jeté au bout du Transsibérien une armée difhcile à ravitailler contre le Japon : il n'eût pas en 1914 lancé un ordre de mobilisation qui bloqua dans les casernes de l'Empire 15 millions d'hommes dont deux à peine recurent des fusils pour se battre, et le reste languit inactif, proie vouée d'avance à la croisade du bolchevisme. Sans les hurluberlus qui se grisaient de romans économiques, de dépouilles et de butin, Nicolas IT aurait écouté de préférence la voix de la conciliation ; 1l eût préservé sa couronne et lui-même de la défaite, de la révolution et du massacre.

À Péterhof, Georges Louis tenait les dés en mam:1il usait de son droit pour mettre la France et la Russie dans le bon chemin. Il avait quelque juste fierté d'avoir causé utilement avec le Tzar. Dans une lettre du 30 juin, 1l disait à M. Poincaré : « Je crois que dans une certaine mesure on pourra indiquer à la presse, si vous le jugez utile, l'impression qui se dégage de l'audience que m'a donnée l'Empereur. » Un homme politique guidé par le sentiment du bien public n'eût pas dédaigné cette

meme mate

RENE dm a HSE gr À, a a

LT us 7,

Page 1