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inconcussum dans les passages a rdus, sur les pentes trop rapides. Jusqu'en 1912, jusqu à l'arrivée au pouvoir de M. Poincaré, dont l'infatuation repoussait les avis, même les plus ‘autorisés, par terreur d'être échipsé, Case Cote fut Lannnaeur et le régulateur modèle, universellement écouté: son opinion féreait loi. En 19] 1, lorsque les vents d'Agadir soufflèrent en tempête, c'est encore vers lu1 que les responsables quêtèrent du secours. Entre M. de Selves, que tout surprenait, effarait, démontait, at M'Cillaue condamné à à suppléer |'inconsistance d'un ministre sans idées ni ressources par li ingéniosité de ses expédients et la fréquence de ses interventions, la machine grinçait. Tout le monde fut d'accord pour prier
notre ambassadeur à Samnt-Pétersbourg de prendre au
pied levé des vacances qui ne furent ni un repos ni une sinécure. Il s'installa à nouveau dans son fauteuil retrouvé. Îl s y sentait tellement à l'aise qu'il cumula sans peine les deux fonctions : cette ubiquité le rendit arbitre de nos rapports avec l'Empire russe. Nous eûmes maintes fois à nous en féliciter : car les premières amorces du programme captieux d'Isvolsky réclamaient un jouteur de taille pour éviter les pièges de l’agitateur perpétuellement agité. Georges Louis ayant tous les pouvoirs dans sa main déjoua les finasseries de son insinuant collègue. Le succès du négociateur français pose nettement l'interrogation à laquelle nous répondrons, par le récit des représailles que la vengeance d'[svolsky ne fit pas attendre longtemps. Dès qu'il fut de mèche avec M. Poincaré, il ourdit le coup
e Jarnac pour se délivrer des da dchéne es supprimant le contradicteur.
Jusque-là Georges Louis fut libre de conduire nos affaires extérieures dont tous les fils se rassemblaient harmonieusement dans sa tête. Avec sa culture du passé
et son goût des choses modernes, 1l réglait au mieux lés
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higes les plus complexes. A l'ombre de ses veilles les Francais pouvaient dormir en paix. Son intégrité, son application aux besognes quotidiennes 1 Impr imalent à ses consultations le sceau de la certitude, Rien ne dépassait sa science. Rien n étonnait sa prescience. Les utopistes, les mégalomanes et les brouillons ne faisaient pas recette dans son cabinet : 1l haïssait par principe les expédients fragmentaires qui disloquent la politique et l'éloignent de son centre de gravité. Âttentif à tous les vœux de la
patrie, 11 n en délaissait aucun qui aspirât à sa prospérité et à sa grandeur. Îl se distingua par son universalité de 1903 à 1909 à la direction politique, à l'organe permanent par excellence. Mais ce fut à l'ambassade de Russie où il sé donna tout entier, de juin 1909 à février 1913, quil fit preuve du plus de sagesse et de caractère.
Brusquement arrêté, dans la plénitude de ses forces physiques et de ses facult és cérébrales, par une destitution grossièrement signiñée, 1l fut remercié pour avoir paravsé les plans cauteleux de deux étrangers outrecuidants. Ils eurent l’aplomb d'exiger la tête de ce Français sans reproche et sans peur :1ls l'obtinrent, ce qui est un comble, du gouvernement francais intimidé ou complaisant. Elle fut livrée à un forcené avide d'mcendier | Europe pour se dédommager de ses pas de clerc ou de ses malchances, et à un ministre à genoux devant les injonctions insatiables du Panslavisme.
Georges Louis limogé, selon le rite de la guerre future, se replia fièrement dans un isolement farouche : mais la douleur de la bl essdre imméritée fut inguérissable, et le noble chagrin de la capitulation consentie à Paris sur son dos mina lentement sa santé. Néanmoins, en dépit de cette infamie, uniquement soucieux du bien général et de l'honneur national, 1l s inclina sous la rigueur d'une décision meurtrière qui lui fut transmise avec un rafñhinement
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atroce d impertinences, de méchancetés et de goujateries, Îl se tut pour que le scandale de l'affront qui le frappait à la tête et au cœur ne fit pas tort au bon renom de la France, à notre moralité internationale en rejaillissant sur elle.
Au moins, par cette résignation stoïque, par cette abstention totale qui le tortura, sans pourtant l'aigri Ir ni l'exaspérer, 1l n'a pas fourni à ses contempteurs le moindi re thème de quolibets ou de récriminations. Îls n'ont pas eu l'amusement vil et lâche de s'emparer d’un mot, d’une ligne, d'un geste, tant qu 1l vécut, pour ternir son dossier sans tache, pour lui attribuer la part la plus minime dans leurs échecs. L'avenir les imputera en entier à eux seuls. Au tribunal des comptes suprêmes, dans la vallée de Josaphat, ils n'auront pas davantage un prétexte futile pour arguer qu ils ont été desservis par un agent indocile ou rebelle. Mais alors auront-ils encore le front de soutenir le regard d'un Georges Louis et de plaider sans rougir leur cause avariée devant la Majesté de l'Histoire ?
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; {es plans de la machine infernale qui fit sauter Georges | Louis à l'improviste, sans qu'il eût le loisir de se recon- | naître, remontent au début de 1912 : la mine fut chargée, | amorcée, et le détonateur prêt vers le commencement de | mai. Les dépêches et les lettres quiédiheront les plus incrédules sont naturellement peu explicites sur les entretiens + préliminaires, les sous-entendus à demi-mot et le rôle proportionné des acteurs : mais elles établissent la préméditation. Par elles, noùs reconstituons sûrement, heure par heure, les phases successives de l'opération. Elle ne se termina, au dépit des affiliés de la cabale, qu en février 1913, un an plus tard : c'est que leur ruse fut en défaut devant des obstacles imprévus. Ils durent interrompre net l'exécution du projet scélérat. Inauguré par un guet-apens, leur coup manqua une première fois : ils feignirent d'y renoncer, pour mieux y revenir. Îls effacèrent les traces d'érésioi : : après quelques mois d'un détachement félin, ils bondirent de nouveau sur leur proie à l'instant favorable. Et ce fut la consommation du crime. L'attaque brusquée que nous allons narrer ouvrit cette chasse à l’homme. Jusqu'au bout, jusqu'à l'hallali, elle ne cessa pas d'être mordante, häineuse et sans toit,
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