‹ Georges LouisChapitre 91 sur 145 · PRET · texte numérisé non relu

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sont pas encore arrêtées, que les questions sont devenues moins pressantes et qu'il faut y réfléchir de nouveau. Peut-être pourrions-nous l'amener à s'ouvrir davantage en nous montrant disposés à entrer par quelque côté dans les vues que nous lui connaissons ; mais rien ne peut l'obliger à parler, puisqu 1l peut toujours dire avec vraisemblance que les

questions sont si complexes, si difhciles, qu'il nest pas encore en mesure de formuler des propositions définitives.

Il en est ainsi depuis vingt ans.

La Russie ouvre la conversation sur ses visées secrètes, lorsqu'elle entrevoit des possibilités d'action, et elle rentre dans le silence lorsqu'elle a constaté qu'il y a peu de chances d'entente.

Le doute subsiste donc toujours sur les décisions qu'elle

prendrait, si la situation venait à s'aggraver.

Ces dernières phrases, très rares sous la plume de Georges Louis, de tournure mélancolique dans leur philosophie brève et sagace, n'ont rien du renoncement d'un diplomate hors d’haleine : elles devraient être le viatique de tout Occidental négociant avec des intelligences orientales. Elles étaient dignes d'être hautement encouragées. À dix reprises, l'ambassadeur revient sur la peine quil éprouve à étreidre le ministre russe qui recule et se dérobe à ses interrogations. Le 23 mars, Georges Louis fit sa lettre sur un mot qui exprime cet ennui : € La cuite de la conversation n’a abouti à aucune autre précision. M. Sazonoff m'a demandé de la reprendre, dans quelques jours !» De même le 3 avril : « Le Mmistre ajourne encoreiles précisions. Mais il voit que nous ne laisserons pas tomber l'entretien. J ai pris rendez-vous avec lui pour après-demain soir. » Et pourtant, loin de

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a e 1 * » e ? ni A en plus la patience, la continuité dans l'effort, pour etre au contact, prêt à tout :

Saint-Pétersbours, 10 avril 1912

Devons-nous en présence de tels dangers garder une attitude négative et nous borner à décliner toute responsabilité ?

Nous en avons assurément le droit. Si le Gouvernement russe nous tient au courant de ses initiatives, il les prend sans s être concerté avec nous, ét par conséquent 1l n en peut résulter pour nous aucune obligation.

Mais n'aurions-nous plus aucun devoir envers la Russie, si subitement la guerre devient menacante entre elle et l’Autriche ? Et, si l'Allemagne déclare comme en mars 1909 qu elle soutiendra son alliée, pourrons-nous dire que nous resterons neutres? Ce serait assurer définitivement la domination de l'Allemagne en Europe.

Ainsi, quelque intérêt moral qu’il y ait pour nous à décliner des responsabilités qui ne nous incombent point, nous ne sommes nullement assurés d'empêcher la guerre, en faisant entendre au Gouvernement russe qu'il se met en dehors du casus fœderis et qu'il agit à ses risques.

Ne pourrions-nous intervenir plus efficacement

Par son questionnaire du 14 février, M. Sazonof nous a demandé implicitement notre concours tout au moins diplomatique pour le maintien du statu quo. Si dans un de mes derniers télégrammes j'ai proposé de le lui donner. c'est afin que nous puissions parler à Vienne, à Constantinople et dans les petits États slaves en même temps que la Russie, et exercer ainsi, à tout moment, une action modératrice qui pourrait être fort utile.

Je crois qu’une intervention active, que vous dirigeriez,

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