‹ Georges LouisChapitre 95 sur 145 · D I ÉD TT · texte numérisé non relu

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puissant auprès de lui. Ses secrétaires ne comptent plus. Il n'y a que Raffalovitch qu il reçoive à toute heure. C'est l'Empereur Guillaume qui a conseillé au Tzar de prendre Isvolsky comme ministre des Affaires Étrangères. Et, ce qui est curieux, c est Isvolsky qui a fait le rapprochement | anglo-russe.

1 Witte a connu la nomination d'Isvolsky par le Tzar luimême. Nicolas II lui dit : « Accepteriez-vous une ambassade ? L | — Sj c'était en Amérique ou au Japon, non, et Je ne souhaiterais pas non plus être Ambassadeur en Allemagne : mais ail- | leurs, oui. — Même si vous deviez avoir un ministre des | Affaires Etrangères plus jeune que vous? — Oui, répondit | Witte. Un Ambassadeur ne relève que de l'Empereur. Et | d’ailleurs, si le comte Lamsdorff est moins élevé en grade que | moi, il a plus d'années de services. — Le comte Lamsdorff aura quitté le ministère à ce moment », répliqua l'Empereur. Witte ajoute : « Je m empressai de prévenir Lamsdorff, qui ne savait rien. »

: «€ Cela se passait, dit Witte, au moment où l'Empereur venait de le nommer comte. » x « À mon retour de Portsmouth, Edouard VII et Guillaume Il | me firent demander d'aller les voir. Je répondis que je ne le | pouvais que sur l'ordre de mon Souverain, et l'Empereur me fit télégraphier d'accepter l'invitation de Guillaume II. C'est alors que j allai à Rominten.

« Comme je n'allai pas à Londres, Edouard VII me fit porter le projet d'arrangement qu Isvolsky devait signer plus tard. C'est le Premier Secrétaire de Benckendorff qui me l’apporta de la part du Roi. Mais je répondis que, bien que partisan de l'établissement d'excellents rapports avec l'Angleterre; prêt même à appliquer les principes du projet d'arrangement, je ne pourrais cepéndant conseiller à mon Souverain de m'autoriser à signer un tel arrangement.

« Et ce fut Isvolsky, amené au pouvoir par l'influence de

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l'Allemagne, qui prit sur lui de faire aboutir ce projet d'accord. C'est que, à son arrivée aux affaires, 1l avait auprès de lui quelqu'un qui le tenait comme Raffalovitch le tient aujour-

d'hui.»

Les mêmes Carnets reproduisent sur le même personnage une curieuse conversation où M. de Castellane disait à Georges Louis le 3 février 1914 :

Poincaré m'a dit avant d’aller en Russie tout ce qu'on peut dire contre un homme au sujet d'Isvolsky, qu'il était un traitre à la solde de Tittoni, qu'il en avait la preuve, que la politique d'Isvolsky était une politique, personnelle, nullement en rapport avec les instructions de son gouvernement, que c'était l'ambassadeur le plus dangereux, etc.

Et c'est avec Isvolsky qu'il a été en Russie, et il ne voit aujourd hui que par ses yeux.

Si, à la suite de quelques tours dont Isvolsky n'était pas ménager, même avec ses amis et ses alliés, le Président Poincaré s est exprimé avec cette véhémence, sa colère fut un rapide éclair, très vite éteint. Omnia serviliter pro dominatione * tout pour ne pas nuire au voyage en Russie, dont il avait dès le début de son ministère causé avec Ceurpes Louis, la grande pensée du règne. Dans ses conférences sur les origines de la guerre en 1921, il dit expressément que cette visite à Saint- Pétersboute avait

pour but, après le vague malaise de l'affaire Louis, de

rétablir les rapports entre les deux gouvernements et de calmer ses inquiétudes sur l'alliance balkanique :

M. Fallières, et avec lui MM. Bourgeois, Briand, Millerand,

Delcassé, Pams, Steeg et tous les autres membres du cabinet

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