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que Je présidais, m engagèrent vivement à me rendre en Russie \ . ., ° pendant les vacances parlementaires : j’accomplis, en effet, ce . s à voyage au mois d août 1912.
La mémoire impeccable de M. Poincaré l’a sans doute trahi. Bien avant l'été, dès le 12 mars, il s'était enquis, auprès de l'ambassadeur des dates où les déplacements de l'Empereur s'accommoderaient le mieux de sa visite : car lui-même, en raison de ses obligations de président du Conseil, ne pouvait s’absenter qu'à l'époque des vacances parlementaires :
Saint-Pétershbourg, 22 mars 1912
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Secret. Je réponds au télégramme n° 260.
M. Sazonoff fera part à l'Empereur de votre désir d’être reçu par Sa Majesté après la séparation des Chambres françaises au mois d août. On est certainement très satisfait de votre projet et de l'époque que vous avez proposée pour le réaliser. |
Saint-Pétersbourg, 26 mars 1912
M. Sazonoff vient de me dire qu'il a parlé aujourd'hui à l'Empereur de votre projet de visite, et que Sa Majesté s’en est montrée très satisfaite.
M. Isvolsky va être chargé de vous informer que l'Empereur pourra vous recevoir dans la seconde moitié de juillet (vieux style), c'est-à-dire en août avant le 13.
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194 CEORGES LOUIS
En mars, le prétendu malaise n'existait pas, et ni l'alliance balkanique, ni la liaison d’Isvolsky avec Tittoni n'avaient frappé M. Poincaré. S'il s'était donné la pee de lire plus attentivement les dépêches de son ambassadeur, qui le prévenait sans cesse du caractère inquiétant des communications insuffisantes de Sazonoff, s'il avait invité Georges Louis à poursuivre dans cette vole des enquêtes serrées, si surtout 1l ne s'était pas entêté à créer la carence diplomatique en détruisant de ses mains l'autorité de son représentant, il aurait probablement deviné plus vite que l'union des Etats balkaniques, sous les auspices de la Russie, renfermait, comme l’outre d Eole, les vents les plus tempétueux. Pour se rendre à l'évidence, 11 fallut qu'il en causât sur place avec Sazonoff. Luimême avoue que les accords signés successivement à Sofia le 29 février 1912, puis le 29 avril, le 16 mai et le 22 septembre de la même année, le furent dans des circonstances qui { sont encore à mes yeux un peu obscures ». Son récit devant l'auditoire select de la Société des Conférences vaut son pesant d'or :
Revu M. Sazonoft. Il a en main le texte de la convention serbo-bulgare, en russe. Il me la lit en la traduisant.
Il n’y est parlé de statu quo que pour prévoir le cas où 1l serait troublé.
La Bulgarie et la Serbie s'engagent réciproquement à tâcher de concerter leur mobilisation. Si l’une croit devoir mobiliser, elle prévient l’autre ; si l’autre refuse de limiter, on a recours à l'arbitrage de la Russie.
L'arbitrage de la Russie apparaît, d’ailleurs, à chaque ligne de la convention.
Une partie de la frontière, près du lac d'Ochrida, n'est pas
définitivement fixée : c’est la Russie qui sera chargée de la déterminer le moment venu.
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Je fais remarquer à M. Sazonof que cette convention ne répond aucunement à la définition qui m en avait été donnée, qu'elle est, à vrai dire, une convention de guerre, et que, non seulement elle révèle des arrière-pensées chez les Serbes et chez les Bulgares, mais qu’il est Atcraindre que leurs espérances ne paraissent encouragées par la Russie, et que ce partage éventuel ne soit un appât pour leurs convoitises.
M. Sazonoff reconnaît que le ministre de Russie à Sofia, en transmettant cette convention à Pétersbourg, l’a lui-même qualifiée de convention de guerre.
La Russie pouvait exercer un droit de veto, et le ministre russe soutenait qu 1l ne manquerait pas de s’en servir pour assurer le maintien de la paix : maïs on à vu que ce veto ne fut pas lancé ou que les Balkaniques passèrent outre, ce qui revient au même pour convaincre de fragilité, de nullité ou de complicité la politique soi-disant pacifique de Sazonoff. M. Poincaré déploie toutes ses facultés d'avocat pour la couvrir, en la qualifiant tout au plus d'imprudente. Mais ses conversations à Saint-Pétersbourg, telles qu'il les reproduit lui-même pour les atténuer, sont s1 peu rassurantes que son exposé très indulgent ressemble à un réquisitoire. Les restrictions, les pièces incomplètes, les mauvaises défaites, tout s’y trouve, tout y décèle l'embarras le plus suspect. Âu moment même où Isvolsky célébrait l'accord serbo-bulgare comme un rapprochement essentiellement pacifique, il appuyait l’admission à la cote française d’un emprunt bulgare de 180 millions, c'est-à-dire d’un trésor de guerre pour Ferdinand. La démarche de l'ambassadeur russe est du Î 1 mai, et les Carnets de Georges Louis, à la date du 12 mai, ouvrent un jour extraordinaire sur les palinodies d'Isvolsky. Le renséignement vient de Bénac, dont la compétence en matière financière n’était pas niable
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