MORT DE GEORGES MARESCHAL
chirurgien, suivant son droit seigneurial. L’acte rédigé à l’issue de la cérémonie est ainsi conçu :
L’an de grâce mil sept cent trente-six, le vendredi quatorzième du mois de décembre, le corps de défunt Messire Georges Mareschal, écuyer, conseiller, maitre d'hôtel et premier-chirurgien du roi, chevalier de l’ordre de Saint-Michel, seigneur de Bièvre, Vélizy et autres lieux, âgé de soixante-dix-huit ans, décédé en son château de Bièvre le jour précédent, a été inhumé dans le chœur de cette église, en présence de MM. les petits-fils et gendre, et de MM. Guérin et Lambert, qui ont signé avec plusieurs M" les curés ci-dessous et nous qui avons soussigné.
Signé : MARESCHAL DE BIèvRE; JOBET, curé de Saclay; Roussel; GuÉRIN; J. CaMEr, curé de Vélizy; LAMBERT; M. Samson, curé de Massy; S. SERLOCK, curé des Loges; L. Massarp, curé de Clamard; L'ANGE, curé d’Igny, promoteur; F1ZES, prêtre, vicaire de Vauhalan; A. HErvY; Le Bœur, prêtre; Firzes ALp, vicaire de Saclaï; J.-L.-G. DE VILLEPOIX, curé de Bièvre (1).
La Gazette de Hollande (lettre du 14 décembre), et la Gazette de France du 15 annoncèrent la perte que venait de faire le monde chirurgical; dans son numéro de décembre 1736, le Mercure de France inséra cet article :
« Le 13, Georges Mareschal, écuyer, seigneur de Bièvre et de Vélizy, conseiller et premier-chirurgien du roi et chevalier de l’ordre de Saint-Michel, mourut en son château de Bièvre, près Versailles, âgé de soixante-dix-huit ans. Il était chirurgien juré de Saint-Côme à Paris et avait été longtemps chirurgien ordinaire de l’hôpital de la Charité. Il s'était acquis une grande réputation dans sa profession par son habileté dans les opérations les plus difficiles; c’est ce qui le fit appeler dans les consultations que le feu roi fit faire, en 1696, pour un abcès considérable dont Sa Majesté fut attaquée à la nuque. Après la mort de Charles-François Félix, il fut déclaré, au mois de mai 1703, premier-chirurgien du roi; il fut fait aussi maitre d'hôtel de Sa Majesté au mois de juin 1706, anobli par lettres données
(1) Registres paroissiaux de la commune de Bièvres (Seine-et-Oise). Le nom de la seigneurie de Georges Mareschal s’écrivait ordinairement sans s finale; dans le courant du dix-neuvième siècle, l’orthographe la moins usitée fut officiellement adoptée, pour distinguer Bièvres d’autres villages s’appelant de même.
à Versailles au mois de décembre 1707 et honoré du coller de Saint-Michel en 1723.
€ Il laisse un fils, Georges-Louis Mareschal, ci-devant gentilhomme ordinaire de la maison du roi et son maître d'hôtel, aujourd’hui l’un des fermiers généraux de Sa Majesté depuis 1732. »
Quelques mois après la mort de Georges Mareschal, Marie Roger reçut de Louis XV une pension de trois mille livres (douze mille francs), « comme marque sensible de la satisfaction que Sa Majesté avait eue des services de feu son mari (1). » Mais elle profita peu de cette libéralité du roi, et, le 8 mars 1738, la compagne du premier-chirurgien s’éteignait au château de Bièvre; elle fut également ensevelie dans l’église paroissiale.
L’an de grâce mil sept cent trente-huit, le lundi dixième du mois de mars, le corps de défunte Marie Roger, veuve de défunt Mre Mareschal, écuyer, conseiller, ancien maître d'hôtel, chevalier de Pordre de Saint-Michel et premier-chirurgien du roi, seigneur de Bièvre, Vélizy et autres lieux, décédée au château du dit Bièvre le samedi précédent, a été inhumé dans le chœur de cette église en présence de messieurs son petit-fils, seigneur de Bièvre; M7 Roussel, fermier général; Mr Guérin et Mr Deniset, qui ont signé avec nous, ancien chirurgien des Gardes françaises, écuyer, conseiller secrétaire du roi et trésorier de France, lesquels ont signé avec nous.
Signé : MARESCHAL DE BIÈVRE; GuÉRIN; RouUssEL; DENISET; J.-L.-G. DE ViLrepoix, curé de Bièvre (2).
Les sépultures de Georges Mareschal et de Marie Roger, revêtues de dalles en marbre noir (3), furent longtemps vénérées par les habitants de Bièvre; mais, en 1793, les deux pierres tombales furent arrachées et détruites : le souvenir du premierchirurgien n’est plus perpétué aujourd’hui dans l’église de Bièvre que par l'inscription d’une plaque de marbre posée par Georges Mareschal en sa qualité de seigneur du lieu : « Dame Marguerite Legras, au jour de son décès femme de défunt Pierre Silvy, bourgeois de Paris, par son testament reçu par Lange et son confrère, notaires à Paris, le 23 décembre 1706, a
(1) Archives nationales, O1 81, brevet du 22 janvier 1737. (2) Registres paroissiaux de la commune de Bièvres. (3) Dans son Histoire de la ville et du diocèse de Paris (Paris, 1754), l’abbé
LeBœur décrit les sépultures de Georges Mareschal et de Marie Roger.