‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 140 sur 182 · LES COLLATÉRAUX DE GEORGES MARESCHAL · texte numérisé non relu

LES COLLATÉRAUX DE GEORGES MARESCHAL

Georges Mareschal groupait autour de lui des parents collatéraux sur lesquels il étendait sa protection. Du premier mariage de sa mère Marguerite de Sel était né un fils, nommé Laurent Thomas. On ignore ce que devint ce frère utérin, mais, d’un acte notarié du 1er juillet 1716, « 1l appert Me Georges Mareschal, écuyer, seigneur de Bièvre, conseiller, premier-chirurgien du roi, avoir cautionné et s'être obligé pour le sieur Louis-Laurent Thomas-Mareschal, son neveu, trésorier général de la marine aux îles françaises et terre ferme de l'Amérique, envers le sieur Louis Mettra, marchand bourgeois de Paris, de la somme de vingt mille livres qu’il a prêtée au dit sieur Mareschal, trésorier (1). » Ce Louis-Laurent était certainement un fils de Laurent Thomas, qui Joignait à son nom celui du premier-chirurgien. Georges Mareschal lui avait fait obtenir une charge importante, et, dans l’acte ci-dessus, il lui prêtait une assez forte somme, qu'il éleva, le 11 septembre suivant, à vingt-deux nulle livres, soit à près de cent mille francs. Louis-Laurent épousa Madeleine Veyrier, jeune créole de la Martinique, et revint en France : d’abord « trésorier provincial de l’extraordinaire des guerres au département de la généralité de la Rochelle », il exerça plus tard dans la même ville les fonctions de commissaire des guerres. Les deux époux reçurent de leur oncle beaucoup d’autres prêts, car, par acte du 9 juillet 1734 (2), ils durent abandonner au premier-chirurgien, en retour de leurs engagements, tous leurs biens meubles et immeubles : cette convention attribuait à Georges Mareschal leurs propriétés de la Martinique, sises paroisse Saint-Jean-Baptiste; puis deux créances : l’une de soixante-cinq mille livres, passée au profit

(1) Bibliothèque nationale, pièces originales, n° 1846, dossier 42650. (2) Etude de Me Dulion, notaire à Paris.

de Louis-Laurent et de sa femme par leurs*beaux-frères et frères Jean et Michel Veyrier, demeurant à la Martinique; l’autre de quarante mille livres, provenant de la succession de Mme Perret, grand’mère de Madeleine Veyrier; enfin un billet de huit mille livres. Le total de cette fortune était considérable, mais les créances possédaient une valeur discutable, et le premier-chirurgien rendit, en les acceptant, un nouveau service à ses neveux.

Lous-Laurent Thomas-Mareschal eut deux enfants dont les registres paroissiaux de la paroisse de Notre-Dame, à la Rochelle, conservent les actes de baptême; dans ces documents, il est qualifié

de « Messire » et « d’écuyer ». Son fils, né le 12 mars 1731, et nommé Georges en l’honneur de son grand-oncle, eut pour parrain « Messire Jérémie de Mailly, écuyer, chevalier, seigneur de la Houssay en partie, lieutenant-colonel du régiment des Landes, chevalier de Pordre militaire de Saint-Louis », et pour marraine « dame Catherine Dubois, épouse du sieur Nicolas Claessen, député du commerce ». La fille de Louis-Laurent, née le 9 janvier 1733, reçut les noms de Marie-Louise-Charlotte; son parrain, Charles Toutant de Beauregard, était lieutenant de M. le premier-chirurgien du roi à la Rochelle, et sa marraine se nommait «Marie Boisard, épouse de M. de la Carte (1) ». :

On trouvait auprès de Mareschal un autre neveu nommé Martin Guérin : c'était sans doute le fils d’une sœur de Marie Roger (2)- Ayant embrassé la profession chirurgicale, il l’exerçait avec distincton; en 1710, son oncle le fit nommer chirurgien ordinaire de Phôpital de la Charité; dans un factum que les frères de Saint-Jeande-Dieu produisirent en 1718, lors du procès qu'ils soutinrent contre le premier-chirurgien, ces religieux disaient : « Le sieur Mareschal ne pourra disconvenir que le sieur Guérin, son parent, n’a été toléré dans lPhôpital qu’à sa prière; les lettres qu’il a écrites en 1710, et pour demander la grâce, et pour remercier de l’avoir obtenue, sont produites au procès (3). » En 1713, Martin Guérin possédait une certaine réputation; larchevêque de Cambrai vantait sa main « sûre et légère (4) ». Bientôt Mareschal lui procura la clientèle d’un prince.

Dangeau écrit le 16 octobre 1716 : « Le roi Jacques, qui est toujours à Avignon, a envoyé un courrier à Mareschal, premier-chirur-

(1) Archives départementales de la Charente-Inférieure, et Bibliothèque nationale, inventaire de ces archives. (Ville de la Rochelle, paroisse Notre-Dame, E, supplément 607.) On ignore si la postérité de Louis-Laurent Thomas-Mareschal subsiste encore.

(2) Voir p. 53 (note 1).

(3) Bibliothèque nationale, F3 307, p. 12821.

(4) Voir p. 335 du présent ouvrage.

sien du roi, pour le prier de lui envoyer diligemment un chirurgien accoutumé à faire la grande opération. Mareschal y a envoyé son neveu, n’y pouvant aller lui-même. » Et, le 2 du mois suivant, on lisait dans la Gazette de Hollande : « Le sieur Guérin, fameux chi-rurgien de Paris, parti en poste pour Avignon, y a fait l’opération de la fistule au chevalier de Saint-Georges. »

Le malade était le fils du roi d'Angleterre Jacques IT, que détrôna la Révolution de 1688 : prétendant à la couronne de ses pères, il s’intitulait « Jacques III ». Après avoir combattu dans les rangs français sous le nom de « chevalier de Saint-Georges », il dut quitter la France quand Louis XIV, signant le traité d’Utrecht, reconnut comme roi d'Angleterre le protestant Georges Ier, électeur de Hanovre. En 1716, Jacques IIT se réfugia dans le Comtat-Venaissin, domaine du pape Clément XII, et c’est là que le neveu de Georges Mareschal vint lui faire la grande opération. « Le sieur Guérin, très habile chirurgien de l’hôpital de la Charité à Paris, étant allé à Avignon avec la permission de M. le régent, le 17 octobre, fit Popération de la fistule au chevalier de Saint-Georges : ce prince la supporta sans témoigner la moindre douleur; il fut guéri en peu de temps (1). »

Le prétendant récompensa Martin Guérin en le nommant son premier-chirurgien, et en lui obtenant du pape le titre de « comte du palais de Latran (2)»; mais le neveu de Mareschal ne put jamais jouir de ses prérogatives à la Cour de Londres, car Jacques Stuart échoua dans ses tentatives contre la maison de Hanovre. Demeuré à Paris, Martin Guérin exerça la charge de chirurgien-major du régiment des Gardes françaises. Il avait épousé Mille Godot de Mouy (3), dont 1l eut quatre enfants. L’ainé de ses fils, Georges Guérin, fut un opérateur réputé; nommé en 1733 chef du service chirurgical de l’armée d’Italie, puis, en 1737, chirurgien en chef de l’hôpital de la Charité, il obtint la charge de chirurgien-major de la seconde compagnie des Mousquetaires. Le petit-neveu de Mareschal fut anobli par Louis XV et reçut le cordon de l’ordre de Saint- Michel. Dans les lettres patentes qui lui accordent la première de ces faveurs, on lit : « Elevé dans l’étude de son art sous les yeux de son père, chirurgien-major de l’hôpital de la Charité de Paris et du régiment de nos Gardes françaises, ainsi que sous ceux du feu sieur

(1) Journal de Buvat, t. I, p. 191.

(2) C’est le titre officiel des comtes romains.

(3) Archives nationales, Y 55, fo 15 verso, testament de dame Godot de Mouy, veuve du sieur Martin Guérin, chevalier, comte du palais de Latran, premier-chirurgien du roi Jacques III d'Angleterre.

Mareschal, notre premier-chirurgien et son parent, ses progrès répondirent à ce qu’on attendait et devait attendre de maitres si célèbres (1). » De son mariage avec Françoise de Cuperly (2), Georges Guérin n’eut que des filles.

Une sœur de Georges Guérin, Marie-Clémence, épousa le chirurgien Sauveur-François Morand, plus tard seigneur de Flins (3) : ce praticien, qui prononça l'éloge de Georges Mareschal à l’Académie royale de chirurgie, était né en 1697; il gagna sa maîtrise par un stage de six ans à l'hôtel des Invalides, dont son père était chirurgien-major, et fut reçu à Saint-Côme en 1721. Sa réputation d’anatomiste était alors si grande que l’année suivante on le nomma, maloré sa jeunesse, membre adjoint de l'Académie des sciences. En 1724, il rentra comme chirurgien à l'hôtel des Invalides, et ce fut alors que Georges Mareschal lui donna sa petite-nièce en mariage, le 15 mai 1725. Dans son Eloge de Morand, le professeur Louis mentionne qu’en épousant Mile Guérin, «il devint parent de Mareschal dont il s’assura la protection (4). »

Le petit-neveu du premier-chirurgien fut successivement chirurgien-major de Phôpital de la Charité, du régiment des Gardes francaises et de l'hôtel des Invalides. En 1747, il ambitionna la succession de la Peyronie : obligé de s’effacer devant M. de la Martinière, il reçut, dix ans plus tard, le cordon noir. Au mois d’août 1773, époque de sa mort, on lit dans la correspondance de Grimm et Diderot : «M. Morand avait été homme à la mode et fort recherché dans la société, très indépendamment de son talent. Une belle figure, de l'assurance, un esprit orné et extrêmement fin et délié n’avalent pas peu contribué à sa haute réputation. » Son fils, le médecin Clément Morand, et son neveu, le chirurgien Sabatier, ont leurs noms inscrits dans l’histoire de la science.

D’après l’oculiste Ancel, Mareschal aurait compté parmi ses proches un quatrième praticien; relatant une opération suivie de la mort du malade, il dit : « Je fis Pouverture du cadavre avec M. Dorsimont, chirurgien, parent de M. Mareschal (5). » Mais on ionore quel lien de famille unissait le premier-chirurgien du roi à cet anatomiste (6).

(1) Bibliothèque nationale, mss., nouveau d'Hozier, n° 168, lettres patentes de juillet 1756.

(2) Archives nationales, Y 70, p. 171.

(3) Bibliothèque de la ville de Paris, ms. 26170: Archives nationales, Ÿ 55, fo 15 verso; LAROUSSE, article Morand.

(4) ELov, dans son Dictionnaire historique de la médecine, commet une erreur en affirmant que Morand avait épousé « la fille » du premier-chirurgien.

(5) Mercure de France de février 1722. ;

(6) Peut-être avait-il épousé une des filles d’Elisabeth du Brun, sœur de Georges Mareschal.

Brevet de gentilhomme ordinaire du roi en faveur du sieur Louis

Mareschal, avec survivance pour son fils. (Archives nationales OT 60, p. 65.)

Aujourd’hui 6 mai 1716, le roi étant à Paris, le sieur Belluchau de Villiers, l’un de ses gentilshommes ordinaires, s’étant volontaire ment démis de sa charge, Sa Majesté a fait choix pour la remplir du sieur Georges-Louis Mareschal, et a voulu, en même temps, par une grâce smgulière, en accorder la survivance à Louis-François Mareschal, son fils, quoiqu'il soit encore en bas âge, pour marquer par là au dit sieur Mareschal le souvenir et la satisfaction qu’elle a des bons et assidus services qu’il a rendus au feu roi son bisaïeul et qu’il continue à rendre à Sa Majesté en la charge de son premier-chirurgien, dont il est pourvu en la survivance de son père qui l’exerce depuis un grand nombre d’années avec tant de capacité et de distinction, et, pour cet effet, Sa Majesté, de Pavis de M. le duc d'Orléans, régent, de M. le duc de Bourbon, de M. le duc du Maine, de M. le comte de Toulouse et des autres pairs de France, grands et notables personnages du royaume, a retenu et retient le dit sieur Georges-Louis Mareschal et le dit Louis-François, son fils, au dit état et charge de l’un de ses gentilshommes ordinaires vacante, comme dit est, par la démission du dit sieur de Villiers, pour par eux l’exercer en survivance l’un de l’autre, en jouir et user aux honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, fruits, profits, revenus et émoluments accoutumés et y appartenant, tels et semblables qu’en a joui ou dû jouir le dit sieur de Villiers, et qu’en jouissent les autres gentilshommes ordinaires, et ce, tant qu'il plaira à Sa Majesté, sans qu’advenant le décès de l’un ou de l'autre la dite charge puisse être réputée vacante n1 impétrable sur le survivant, attendu le don qu’elle Jui en a fait dès à présent; mande

et ordonne Sa Majesté aux gardes de son trésor royal que les dits gages et droits ils aient à payer, chacun à l’année son exercice, au dit sieur Mareschal père, et,-après son décès, ou de son consentement pendant sa vie, à son dit fils en vertu du présent brevet que Sa Majesté a pour assurance de sa volonté signé de sa main et fait contresigner par moi, conseiller secrétaire d'Etat et de ses commandements et finances.

Brepet qui accorde au sieur Mareschal fils les entrées de la chambre et du cabinet. (Archives nationales, O1 60, p. 66.)

Aujourd’hui 6 mai 1716, le roi étant à Paris, le sieur Georges- Louis Mareschal lui a représenté que, quoiqu'il ait plu à Sa Majesté de le pourvoir de la charge de l’un de ses gentilshommes ordinaires, il désire néanmoins avoir l’honneur de lui continuer ses services en la charge de son premier-chirurgien, dont le feu roi avait eu la bonté de lui accorder la survivance sur la démission de son père; mais, comme il pourrait arriver que dans la suite l’état de ses affaires Pobliserait de se démettre de la dite survivance, il a très humblement supplié Sa Majesté de vouloir lui conserver les mêmes entrées dans sa chambre et cabinet dont il a accoutumé de jouir en la dite qualité de premier-chirurgien; à quoi ayant égard, et désirant donner au dit sieur Mareschal des marques de la satisfaction que Sa Majesté a des services que lui et le sieur Mareschal son père ont rendus au feu roi son bisaïeul et de ceux qu’il continue de lui rendre en la dite qualité, Sa Majesté, de l’avis de M. le duc d'Orléans, régent, etc., veut et entend que le dit sieur Mareschal continue de jouir sa vie durant des entrées dans ses chambre et cabinet dont il jouit et est en droit de jouir en la dite qualité de premier-chirurgien, enjoignant Sa Majesté aux huissiers de sa chambre et de son cabinet de lui en laisser en toutes occasions l’entrée libre, nonobstant qu’il vienne à se démettre dans la suite de la dite charge de son premier-chirurgien, et, pour assurance de sa volonté, Sa Majesté m’a commandé d’en expédier au dit sieur Mareschal le présent brevet.

Lettres de nomination de François Mareschal en qualité de conseiller clerc au Parlement de Paris. (Archives nationales, V1 235.)

Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut.

Savoir faisons que, pour la pleine et entière confiance que nous avons en la personne de notre cher et bien amé Me François Mareschal, avocat en Parlement, sous-diacre du diocèse de Paris, et en ses sens, suflisance, loyauté, prudhomie, capacité et expérience en fait de judicature, fidélité et affection à notre service, pour ces causes et autres à ce nous mouvant, nous lui avons donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes l'office de notre conseiller clerc en notre cour de Parlement de Paris, grand’chambre d’icelle, que tenait et exerçait notre amé et féal François Robert, dernier paisible possesseur d’icelui (au moyen de quoi il a fait le rachat du droit annuel) qui l’a volontairement résigné en nos mains au profit du dit sieur Mareschal, qui, en exécution de lédit du mois de décembre 1709 et déclarations données en conséquence, a payé la finance, à Peffet de jouir du dit office à titre de survivance, ainsi qu'il appert par la quittance dont copie collationnée est ci, avec autres pièces concernant le dit office, attachées sous le contrescel de notre chancellerie pour icelui avoir, tenir et dorénavant exercer, en jouir et user par le dit sieur Mareschal aux honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, privilèges, exemptions, franchises, libertés, gages, droits, fonctions, pouvoirs, fruits, profits, revenus et émoluments au dit office appartenant et y attribués, tels et semblables et tout ainsi qu’en a bien et dûment joui ou dû jouir le dit sieur Robert, et qu’en jouissent les pourvus de pareils offices, pourvu toutefois que le dit sieur Mareschal ait atteint l’âge de vingt-cinq ans accomplis

requis par nos ordonnances suivant son extrait baptistaire du 26 jan-

vier 1690; qu’il n’ait en notre dite Cour de Parlement aucuns parents ni alliés aux degrés prohibés par nos dites ordonnances, conformément au certificat qu’il en rapporte, e1 avec le dit extrait baptistaire aussi attaché sous notre contrescel, et qu’il ait satisfait à notre déclaration concernant les études de droit, à peine de nullité des présentes, de sa réception et perte du dit office.

Si donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre Cour de Parlement à Paris, qu'après leur être apparu des bonnes vie, mœurs, conversation, religion catholique, apostolique et romaine du dit sieur Mareschal, et de lui pris le serment en tel cas requis et accoutumé, ils le reçoivent, mettent et instituent de par nous en possession du dit office, l’en faisant jouir et user, ensemble des honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, privilèges, exemptions, franchises, libertés, gages, droits, fonctions, pouvoirs, rang, séance, immunités et autres droits, fruits, profits, revenus et émoluments susdits, pleinement et paisiblement et au dit titre de survivance, et à lui obéir et entendre de tous ceux et ainsi qu'il appartiendra ès choses concernant le dit office. Mandons en outre à nos amés et féaux conseillers les présidents, trésoriers de France généraux de nos finances à Paris, que par les receveurs et payeurs des gages et droits des officiers de notre Cour ou autres comptables qu’il appartiendra, ils fassent payer et délivrer comptant au dit sieur Mareschal ceux appartenant au dit office, dorénavantet par chacun an, aux termes et en la manière accoutumée, à commencer du jour de sa réception, rapportant copie de laquelle et des présentes dûment collationnée pour une seule fois avec sa quittance sur ce suffisante; nous voulons les dits gages et droits être passés et alloués en la dépense des comptes de ceux qui en auront fait le paiement par les gens de nos comptes à Paris, auxquels mandons ainsi le faire sans difficulté.

Car tel est notre plaisir.

Donné à Paris le vingt-sixième jour de mars l’an de grâce mil sept cent dix-neuf et de notre règne le quatrième.

Brevet qui conserve au sieur Mareschal les honneurs de la charge de maitre d'hôtel, nonobstant sa démission. (Archives nationales, 0-09.)

Aujourd’hui {er juin 1725, le roi étant à Versailles, en permettant au sieur Mareschal, l’un de ses conseillers maîtres d'hôtel ordinaires, de se démettre de sa charge, Sa Majesté a voulu lui donner une marque distinguée de la satisfaction qu’elle a de ses services et de ceux du sieur Mareschal, son père, en lui conservant les honneurs de sa charge; à cet effet, Sa Majesté a permis et permet au dit sieur Mareschal de servir nonobstant la démission qu'il a faite de sa charge, conjointement avec les trois maîtres d'hôtel de quartier, de porter le bâton, de donner la serviette à Sa Majesté et de faire toutes les autres fonctions attachées aux charges de maître d’hôtel, sans néanmoins qu'il puisse prétendre aucun gages n1 émoluments, et sans tirer à conséquence, mande Sa Majesté à Monseigneur le duc de Bourbon, grand-maître de France, de faire jouir le sieur

. Mareschal du contenu du présent brevet que pour assurance de sa volonté Sa Majesté a signé de sa main.

Brevet qui confirme la cession faite par le sieur Mareschal père à son fils de son logement au Louvre. (Archives nationales, OT 74, p. 228.)

Aujourd’hui 25 mai 1730, le roi étant à Fontainebleau, le sieur Mareschal, premier-chirurgien de Sa Majesté, la très humblement supplié d’agréer qu’il cédât dès à présent au sieur Mareschal, son fils, maître d'hôtel honoraire de sa Majesté, le logement qu'il occupe au Vieux Louvre et de lui en confirmer la jouissance sa vie durant; et Sa Majesté, voulant donner aux sieurs Mareschal père et fils des marques de la satisfaction qu’elle a de leurs services, a agréé la cession faite par le dit sieur Mareschal père à son fils du logement qu'il occupe au Vieux Louvre, pour par le dit sieur Mareschal fils en jouir sa vie durant. Et pour assurance, etc.

Analyse des « observations de chirurgie » dues à Georges Mareschal et recueillies soit dans les ouvrages contemporains, soit dans les Mémoires de l’Académie royale de chirurgie.

C’est principalement à l’opération de la taille « par le grand appareil » que Georges Mareschal apporta des perfectionnements : d’après le Dictionnaire historique du médecin Eloy, il la rendit « plus simple et plus sûre (1) ». Après avoir fait l’historique de ce procédé de lithotomie, qui fut tout d’abord employé par les seuls chirurgiens de la Charité, le professeur Louis écrit dans son Rapport sur difjérentes méthodes de tailler : « M. Mareschal rectifia les instruments que ses prédécesseurs avaient déjà corrigés; 1l se servit d’un lithotome moins large, etil perfectionna cette opération par une incision à Purèthre, prolongée intérieurement en glissant le bistouri le long de la cannelure de la sonde pour s’approcher du col de la vessie : c’est cette incision plus étendue qu’on a nommée le coup de mattre (2) ».

Garengeot explique ainsi la pratique spéciale du premier-chirurgien : «M. Mareschal porte d’abord la pointe du bistouri presque au même endroit où l’incision doit se terminer, et de Ià 1l monte vers la verge et descend vers Panus. On peut dire à sa louange qu’il fait cette opération avec tant de dextérité et de promptitude que je lai vu tailler moi-même huit sujets dans l’espace d’une demi-heure et quelques minutes (3). »

Dans son 7'raité de la lithotomie, Tolet mentionne un autre instrument dû au premier-chirurgien : « Pour sonder les hommes, je ne

(1) Liège, 1755. Voir aussi l'Histoire de Calais, par l'abbé LEFEBVRE, 1766, CIEL eps 707.

(2) Mémoires de l’Académie de chirurgie, t. IX, p. 365. Louis fut, après Morand, le secrétaire perpétuel de l’Académie.

(3) Traité des opérations de chirurgie. Paris, 1740, t. IT, p. 74%,

désapprouve pas l’usage d’un cathéter ou sonde-cave, qui, depuis

son bec jusqu'aux anneaux, formerait une courbure comme un demi-cerele : M. Tardi, ancien procureur au Châtelet de Paris, se

sonde lui-même avec un cathéter de cette figure, et je lui ai oui dire -

que cette sonde avait été faite par le conseil de M. Mareschal, premier-chirurgien du roi (1). »

Mareschal constata l’un des premiers que les lésions antérieures de la vessie sont guérissables : Garengeot cite une cure où le chirurgien du roi vit la démonstration de ce fait. Mareschal avait guéri un officier atteint d’un coup de mousquet au bas-ventre; dix ans plus tard, comme cet officier ressentait des douleurs annonçant la pierre, le premier-chirurgien lui fit opération de la lithotomie, et tira de sa vessie un caleul dont la balle autrefois reçue constituait le noyau; c'était une preuve que l’organe avait été complètement percé. « Cet exemple sur l’autorité du célèbre M. Mareschal, conclut Garengeot, est très authentique et plus que suffisant pour prouver que les plaies de la partie antérieure de la vessie ne sont pas mortelles (2). »

Dans son Cours d'opérations, Dionis explique que le traitement des plaies intéressant l’épiploon fut modifié par le premier-chirurgien; d’après le démonstrateur du Jardin royal, cette portion du péritoine doit-être liée et sectionnée au delà de la ligature, avant d’être remise en place dans Pabdomen : « Voilà la manière d’en user à l’égard de l’épiploon, enseignée par nos prédécesseurs et suivie jusqu'à présent par les plus grands praticiens, écrit-il; mais M. Mareschal nous assure qu’il a remis plusieurs fois l’épiploon sorti en partie, sans y faire ni ligature ni extirpation, et qu'il n’en est point arrivé d'accident. Sa grande pratique, tant à l’hôpital de la Charité de Paris que dans la ville, et sa haute réputation, qui l’a élevé au premier degré de la chirurgie, ne nous permettent pas de douter que ce qu’il avance ne soit vrai; c’est pourquoi le jeune chirurgien ne peut pas manquer en l’imitant (3). » Plus tard, Verdier commentait ainsi ce passage : « M. Dionis, dans son Cours d’opérations de chirurgie, dit que M. Mareschal, premier-chirurgien du roi, avait remis plusieurs fois l’épiploon, sans y faire de ligature n1 d’extirpation. On doit penser que les portions de l’épiploon que ce grand chirurgien remit dans le ventre n’avaient aucune mortification; il est évident que, si ces portions de membrane graisseuse eussent été corrompues, il aurait exposé le malade, en les faisant

(1) Edition de 1708, p. 112 et 113.

(2) Traité d'opérations de chirurgie, t. I, p. 170 et 171. (3) Edition de 1782, p. 93.

AUS ER M px ce A RE *E “+

Page 1