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Aussi annonçait-il parfois qu’il « toucherait » seulement les étrangers.
Au commencement du dix-huitième siècle, on ne croyait plus guère à l'efficacité du pouvoir miraculeux des rois de France; Dionis termine cependant par cette recommandation son chapitre des opérations de la face (1) : « Le roi touche cinq fois l’année ceux qui ont des écrouelles. Ce sont les jours qu’il fait ses dévotions. Il se présente à chaque fois sept ou huit cents malades pour se faire toucher, et un grand nombre de ceux qui ont été touchés par le roi assurent avoir été guéris par cet attouchement : c’est pourquoi je conseille à tous ceux qui sont affligés de ces maux de tenter un moyen spirituel si doux pour obtenir leur guérison, avant que de se livrer entre les mains des chirurgiens. » Certains serofuleux, venus avec la foi, éprouvaient une vive émotion quand ils sentaient sur leur figure la main du Roi-Soleil, et cette secousse nerveuse amenait une heureuse modification de leur mal, sinon sa complète disparition.
Anciennement, chaque fois que le roi« touchait », le premiermédecin et le premier-chirurgien recevaient deux douzaines de pains évalués à deux livres, trois « setiers de vin de table » du prix de vingt-huit livres six sous, et douze «gibiers piqués » valant vingt-quatre livres six sous. Ces honoraires en nature furent
remplacés par de l’argent comptant, et c’est une somme de cin-
quante-quatre livres douze sous, soit deux cents francs environ, que Fagon et Mareschal se partageaient après chaque cérémonie.
Les émoluements fixes, les honoraires des saignées et les graüfications du « toucher » ne formaient pas tous les revenus de la charge de Georges Mareschal. En joignant à son office celui de premier-barbier du roi, Félix le père avait acquis, pour lui et ses successeurs, le titre et les fonctions de « chef et garde des privilèges de la barberie et chirurgie du royaume ». Au début, le premier-chirurgien du roi exerça directement sa juridiction sur toutes les Communautés des barbiers-chirurgiens de France par le moyen de lieutenants qu’il plaçait à leur tête : édit de février 1692 supprima ces officiers, qui furent chacun remplacés par deux « chirurgiens jurés royaux » pourvus d’of-
(1) Cours d'opérations, p. 643.
fices héréditaires (1). Le premier-chirurgien conservait seulement la nomination de deux lieutenants, l’un pour la Communauté des chirurgiens-barbiers de Paris, dite de Saint-Côme, l’autre pour celle des barbiers-chirurgiens de Versailles : en compensation, Félix lé fils reçut une pension annuelle de trois mille livres, qui fut continuée à Georges Mareschal.
Mais le titre acquis par Félix le père comportait d’autres avantages. Demeuré chef nominal des barbiers pratiquant leur art hors Paris, le premier-chirurgien percevait sur chacun d’eux un « droit de joyeux avènement » : tous ceux qui, en un point quelconque du royaume, faisaient profession de chirurgie ou de barberie, y compris les oculistes, les dentistes, les bandagistes et les sages-femmes, devaient remettre au premier-chirurgien, lors de son entrée en fonctions, la somme de vingt et un sous trois deniers (2). En 1737, le duc de Luynes évaluait à « trente ou quarante mille (3) » le nombre des artisans tenus de payer cette redevance. Un peu plus tard, la Martinière, successeur de la Pevyronie, retira quarante-huit mille livres (4) de son droit d’avènement. On peut en déduire que ce droit valut à Georges Mareschal, dans les premières années du dix-huitième siècle, environ vingt-cinq mille livres, soit plus de cent mille francs.
S1 le premier-médecin Fagon ne régentait pas la Faculté de médecine, la Communauté de Saint-Côme reconnaissait Mareschal comme son chef. C’est au premier-chirurgien qu’il appartenait de fixer les réunions de cette corporation, de présider les séances, d’y porter le premier la parole. Mareschal consacrait les délibérations, recevait les serments des maîtres, arrêtait définitivement les comptes, maintenait la discipline et veillait à l’observation des statuts imposés à la Compagnie. Enfin il exerçait un droit général d'inspection sur tous les praticiens culüvant à Paris une branche quelconque de la chirurgie ou de
(1) Cette mesure, excellente au point de vue fiscal, car les nouvelles charges furent vendues, devait causer une anarchie fâcheuse dans le corps chirurgical, et Georges Mareschal la fit plus tard rapporter.
(2) Cette obligation leur était imposée par l’édit du 28 mars 1611, qui maintenait au premier-barbier le droit de recevoir de chacun d’eux cinq sous parisis, « à cause de l’état et office de premier-barbier » (art. 17), et quinze autres sous parisis « pour subvenir aux frais, mises et dépens de l’entretènement des statuts du métier » (art. 21):0r, vingt sous parisis valaient vingt et un sous trois deniers tournois.
(3) Mémoires, t. 1, 16 décembre 1736.
(4) CHAUSSIER, Mémoire sur l’abus des droits attachés à la place de premier-chirurgien. Dijon, 1789.
la barberie. Comme son service auprès du roi l’empêchait de
remplir entièrement ces diverses attributions, le premier-chirurgien se faisait remplacer par le «lieutenant » dont l’édit de 1692 lui conservait la nomination.
Le « grand chef-d'œuvre » entrainait pour les candidats à la maîtrise des frais considérables : droits à payer aux prévôts, au receveur de la Communauté, au premier-chirurgien du roi, ete. D’ordinaire, Georges Mareschal n’assistait pas aux examens: mais, s'il y avait doute sur la capacité d’un aspirant, il lui faisait subir la dernière épreuve. Les statuts de 1699 donnent le détail des sommes revenant au premier-chirurgien dans chaque examen :
Pour répondre à la requête présentée par le candidat
En cuddiétre immatriculée ere, lv. 4 livres.
Pour unmalriculerle candidal. . : .. : . . : . . oi Poire subir e entativé nl LUN ge V2 Pour répondre à la requête présentée par le candidat
en vue d’être admis au « premier examen ». , . . k — Pour envoyer le candidat au premier examen, . . 6 — Pour lui faire subir le premier examen. . . . . : 49 — Pour répondre à la requête présentée par le candidat
EHovué edientrer en semaines à Lu ete 4 — Pour l’examiner pendant la « semaine d’ostéologie » 42 — Pour l’examiner pendant la « semaine d'anatomie » 41 — Pour l’examiner pendant la « semaine des saignées ». 12 — Pour l’examiner pendant la « semaine des médica-