‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 63 sur 182 · LE GENTILHOMME ORDINAIRE DU ROI · texte numérisé non relu

LE GENTILHOMME ORDINAIRE DU ROI

Simon Cuivier, sieur de la Buissière, et Louis, son fils, en survivance;

Etienne de Liboy, sieur de Jemeppe, baron de Chavane:

François de Niert, marquis de Gambais, et Louis, son fils, en survivance;

Pierre de Feu, sieur de Charmoy;

Jean Chuppin de Montcheny;

Antoine de Sabine, baron de la Quièze;

Louis de Beurville, lieutenant dans le régiment du roi:

Pierre Le Gendre, sieur de la Terrasse;

Mathieu Grout, sieur de Campaneu;

François Messier;

Pierre de Béran, marquis de Catilly;

François de la Chauvignière:

Claude Lombard, vicomte d’'Ermenonville, sieur de Montalant et de Valiscourt.

Après un certain nombre d'années de service, les gentilshommes ordinaires pouvaient obtenir « des lettres de vétérance », vendre leur charge et rester en fonctions. Mais le don d’un brevet de survivance constituait une faveur assez rare, puisque, en plus de Louis Mareschal, deux seulement de ses collègues, MM. de la Buissière et de Niert, l'avaient obtenue. * Les gentilshommes ordinaires du roi, qu’on nommait « les ordinaires de chez le roi », ou plus simplement «les ordinaires », étaient les « officiers d’ordonnance » de Sa Majesté. Les douze ordinaires de service assistaient chaque jour au lever et au coucher du roi; ils l’accompagnaient en tous lieux pour être à portée de recevoir ses ordres : c’est à lui-même qu’ils rendaient compte de l’accomplissement de leurs missions, possédant pour cela « l'entrée du cabinet ».

Le roi les chargeait de porter aux Provinces, Parlements et Cours souveraines l’expression de sa volonté, ou bien ils représentaient Sa Majesté dans les cérémonies auxquelles on la conviait (1); d’autres fois, les ordinaires se rendaient chez les princes malades, pour s'informer de leur santé au nom du roi. Is allaient de même complimenter certains personnages, à l’occasion d’un événement important survenu dans leur

(1) Ainsi, en 1719, le régent envoyait un ordinaire au collège des jésuites pour assister, au nom du roi, à la représentation théâtrale donnée par les élèves.

famille. À part de rares exceptions, les gens « titrés » (cette appellation était réservée aux ducs français et aux princes des maisons étrangères) avaient seuls droit à ces visites. Quand Louis Mareschal apportait les compliments royaux, on le recevait avec les marques du plus profond respect, car il représentait Sa Majesté : le maître de la maison, avançant un fauteuil, l’invitait à s’y asseoir. Se couvrant sur la demande de son hôte, Mareschal s’acquittait de son message et se levait; le personnage complimenté lui donnait alors la main, et le reconduisait à son carrosse. « Toutefois, écrit Saint-Simon, les duchesses s’arrêtaient au milieu de la seconde pièce (1). »

Les gentilshommes ordinaires étaient envoyés auprès des Cours étrangères, soit pour notifier la naissance d’un dauphin, soit pour éclaircir un incident diplomatique : c’est en qualité de « chargés d’affaires » que M. Rousseau de Charmois se rendit à Ratisbonne, et M. de Juvisy à Stuttgard, sous le règne de Louis XIV. Quand un ambassadeur arrivait à la frontière, il ÿ trouvait un ordinaire pour le recevoir et l’accompagner à la Cour, mais les Cintroducteurs des ambassadeurs » disputaient cet honneur aux gentilshommes du roi : en 1721, la contestation fut tranchée à l’avantage des ordinaires, et les introducteurs ne servirent plus de guides aux envoyés étrangers que lors des audiences royales.

Le roi mettait ses gentilshommes à la disposition des souverains qui venaient en France : en 1717, M. de Liboy s’en fut à Dunkerque avec M. d’Hérouville, maître d'hôtel du roi, pour recevoir Pierre [er et ne plus le quitter durant son séjour; le czar fit aux deux officiers royaux l’honneur de les inviter à sa table.

Aux ordinaires revenait encore la mission d’accompagner les grands seigneurs exilés, expulsés ou condamnés à la prison; c’est ainsi que, lors de la conspiration du prince de Cellamare, un collègue de Louis Mareschal reconduisit aux Pyrénées l’ambassadeur espagnol, tandis que d’autres suivaient le cardinal de Polignac jusqu’à son abbaye d’Anchin, en Flandre, ou menaient la duchesse du Maine au château de Dijon. Enfin, les mêmes officiers s’employaient à la Cour en des circonstances

(1) Mémoires, tal Vs D:#199

Page 1