‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 67 sur 182 · FRANÇOIS GIGOT DE LA PÉYRONIE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS GIGOT DE LA PÉYRONIE

Pexpérience généralement reconnues de François de la Peyronie, maitre chirurgien en notre bonne ville de Paris :

A ces causes, de l’avis, etc. nous avons, par ces présentes signées de notre main, retenu et retenons le sieur François de la Peyronie en la charge de notre premier-chirurgien, sur la démission faite en nos mains à condition de survivance par le sieur Mareschal père, du consentement du sieur son fils, pour par le sieur de la Peyronie Pavoir et exercer en l’absence et survivance du sieur Mareschal père, en jouir et user aux honneurs, autorités, prérogatives, prééminences, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, hostelages, récompenses, fruits, profits, revenus et émoluments accoutumés et y appartenant, tels et semblables qu’en jouit ou doit jouir le dit sieur Georges Mareschal, et ce tant qu’il nous plaira,sans qu’advenant le décès de Pun ou de l’autre la dite charge puisse être déclarée vacante ni impétrable sur le survivant, attendu le don que nous lui en faisons dès à présent, et sans qu'il soit tenu de prêter autre serment que celui qu’en a ci-devant fait le sieur Mareschal et celui qu’en fera le sieur de la Peyronie en vertu des présentes (1).

Cette pièce est conçue dans des termes flatteurs pour Georges et Louis Mareschal; l’un est qualifié de « premier homme de Part », et les motifs de la démission du second sont exposés de façon honorable. Ce n’est plus, comme dans le « brevet d’entrées », l’état des affaires de Louis Mareschal qui l’oblige à céder sa charge, mais il y est contraint par sa mauvaise santé, son désintéressement et l’affection qu'il porte au jeune roi, malgré sa « capacité » de chirurgien et son « zèle » de bon officier.

Le 8 février, Dangeau note le remplacement de Louis Mareschal par la Peyronie et rapporte les conditions de leur entente : «Mareschal, premier-chirurgien du roi, avait obtenu depuis plusieurs années la survivance de sa charge pour son fils, et ce fils vient de s’accommoder de cette survivance avecla Peyronie, chirurgien en grande réputation, qui donne à M. Mareschal père quarante mille livres et à Mareschal fils mille écus de pension; on donne un brevet de retenue à la Peyronie de vingt mille écus. »

La grâce autrefois accordée à Louis Mareschal fui valait done, à trente-quatre ans, une pension viagère de douze mille francs, et son père en retirait une somme importante. La Peyronie obtint son brevet de retenue « en faveur de ce que sa nouvelle

(1) Archives nationales, O1 63, p. 38.

charge l’obligerait de se distraire du travail ordinaire dont 1l soutenait son état et sa famille. » Saint-Simon annonce ainsi son entrée en fonctions : « Mareschal, premier-chirurgien du rot, dont le fils avait la survivance, mais si dégoûté du métier qu'il ne voulait plus l’exercer, s’accommoda de sa charge avec la Peyronie, fort grand chirurgien, qui parut depuis grand et habile courtisan, et qui fit grand bruit à la Cour et dans le monde. Il avait beaucoup d’esprit et d’ambition (1). » Le chroniqueur Mathieu Marais dépeint le nouveau chirurgien du roi comme « vif, languedocien, hardi et disant tout ce qu’il voulait (2) ». Mareschal et la Peyronie se complétaient l’un l’autre : l’union de ces deux hommes eut pour la chirurgie les plus heureux résultats.

Donnant les clauses de l’arrangement conclu entre Louis Mareschal et son successeur, Dangeau ne mentionne pas les faveurs royales dont le premier-chirurgien et son fils bénéficièrent en cette occasion. Par brevet du 1 janvier 1720, Georges Mareschal reçut une pension viagère de quatre mille livres : « Le roi, dit le brevet, a voulu témoigner au sieur Mareschal, son premier-chirurgien, la satisfaction qu’a Sa Majesté des services qu'il a rendus, tant au feu roi, à Monseigneur, à M.le Dauphin et Mme la Dauphine, que ceux qu’il continue de lui rendre avec le même zèle et la même affection (3). » Et Louis Mareschal obtint une gratification « annuelle » de trois mille livres, bientôt transformée en pension de pareille somme par brevet du 9 août 1721. « Le roi, lit-on dans cette pièce, ayant ci-devant accordé au sieur Georges-Louis Mareschal, l’un de ses maîtres d’hôtel, une gratification annuelle de trois mille livres en considération de ce que, après avoir servi le feu roi, Monseigneur et M. le Dauphin, tant à Versailles qu’à l’armée, en qualité de premier-chirurgien en survivance du sieur Mareschal, son père, et la faiblesse de son tempérament l’empêchant de continuer cette profession, il a bien voulu s’en démettre en faveur du sieur de la Peyronie, l’intention de Sa Majesté est qu’elle lui soit continuée par forme de dédommagement (4). »

(1) Mémoires, 1. XVII, p. 299.

(2) Ibid., II, p.288:

(3) Archives nationales, O1 64.

(4) Zbid., O1 65.

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