‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 84 sur 182 · LES SUBSTITUTIONS · texte numérisé non relu

LES SUBSTITUTIONS

dame donateurs conserver dans leur famille les biens présentement donnés, dans une seule et même main, sans les morceler mi partager, ils ont par ces présentes substitué les terres, fiefs, maisons, héritages et autres choses ci-dessus donnés, autant que substitution peut s'étendre, graduellement et successivement, aux enfants mâles du nom des sieurs donateur et donataire, l’ainé, et ses descendants mâles dans tous les degrés, préféré au puiné, pourvu toutefois que celui qui sera dans le degré pour profiter de la présente substitution soit né en légitime mariage et ne soit pas engagé dans les ordres sacrés, auquel cas la présente substitution passera à la personne suivante, et, les mâles manquants, les filles succéderont aux dits biens, conformément à la coutume de Paris (1). » Une dernière clause stipulait que si Louis, ou chacun des appelés à la substitution, décédait sans enfants avant Georges Mareschal ou sa femme, les biens feraient retour au donateur survivant,

Quand le premier-chirurgien fut devenu seigneur de Vélizy et de Valprofond, il substitua de même aux aînés de son nom « la terre et seigneurie de Vélizy, la ferme appelée le petit Vélizy et dépendances, le fief de Valprofond, une maison située à Villefavreuse, paroisse de Bièvre, et généralement toutes les appartenances et dépendances des dits biens, tant en fieis que rotures ». Ce second acte est daté du 17 octobre 1727 (2).

Les volontés de Georges Mareschal reçurent une exécution aussi entière que le permettait la loi : les domaines substitués passèrent à son fils Louis, puis au fils aîné de celui-ci, Georges- François Mareschal de Bièvre, et enfin au fils de ce dernier, Georges-François II Mareschal de Bièvre, marquis de Bièvre, qui mourut au début de la Révolution.

Quelques jours avant d’acquérir la seigneurie de Vélizy, le premier-chirurgien avait été l’objet d’une haute distinction; Louis XV, atteignant sa treizième année le 16 février 1723, fut proclamé majeur, et le 24 février on lisait dans la Gazette de Hollande : « Sa Majesté a accordé la croix de l’ordre de Saint- Michel à M. Mareschal. » Il semble que le jeune roi ait voulu, par un des premiers actes de son pouvoir personnel, reconnaître

(1) Archives nationales, Y 49, publication au Châtelet du 4 juin 1720. (2) JZbid., Y 51, publication au Châtelet du 8 février 1730.

le dévouement du praticien qui, depuis sa naissance, lentourait de tant de soins.

Les ordres de chevalerie, dits ordres du roi, étaient en France au nombre de trois. L’ordre du Saint-Esprit, réservé aux seioneurs de haute naissance, récompensait les plus éminents services rendus à l'Etat ou à la personne du roi; ses cent chevaliers portaient leur croix suspendue à une écharpe bleue. L'ordre de Saint-Louis, purement militaire, était accordé aux officiers de terre et de mer qui se distinguaient pendant plus de dix années dans les armées de Sa Majesté : il comprenait des commandeurs et des chevaliers; la croix des premiers s’attachait à une écharpe rouge; un simple ruban de même couleur fixait celle des seconds au revers de leur justaucorps; le nombre des uns et des autres ne dépassait pas cinq mille. Enfin, le roi faisait chevaliers de Saint-Michel les gentilshommes qu’il voulait particulièrement honorer : l’ordre comptait environ cinquante chevaliers, dont une large écharpe noire retenait la croix.

Le nombre extrêmement réduit de ces décorations donnait un grand prestige aux privilégiés qui les obtenaient; celui dont jouissent aujourd’hui les cent mille chevaliers de la Légion d'honneur, ou les innombrables titulaires des autres ordres, ne saurait entrer en comparaison. De même qu’on appelait « cordons bleus » et « cordons rouges » les chevaliers du Saint-Esprit et les commandeurs de Saint-Louis, on désignait les chevaliers de Saint-Michel sous le nom de « cordons noirs ».

L'ordre conféré à Georges Mareschal fut établi par Louis XI en 1469. A l’origine, il ne comprenait que trente-six membres, mais peu après, lit-on dans un ÆEtat de la France qui en fait l'historique (1), il fut en quelque façon avili par le nombre infini de personnes auxquelles il avait été conféré. » Aussi, Louis XIV le réforma par lettres patentes du 12 janvier 1665, limitant à cent le nombre des chevaliers de Saint-Michel; au début du règne de Louis XV, ils étaient cinquante, et, quand vint la Révolution, l’ordre comptait quatre-vingts titulaires. Pour y être admis, il fallait, d’après l’article 4 des statuts de 1665, « être de la religion catholique, apostolique et romaine, de bonnes mœurs, âgé d’au moins trente ans, noble

(1) Celui de 1727.

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