CROQUIS D'ILLUSTRATION POUR ‘“ HÉRODIAS
Mais, parce que Théodore de Banville était mort quelques mois auparavant, sa joie d'artiste s'imprégnait de sa douleur filiale, la première quil lui était donné de connaitre.
On le revit au Salon de 1893 avec le Pillage d'une Villa gallo-romaine par les Huns, page vibrante et terrifante.
Mais alors sa sensibilité artistique subissait une crise. Cet artiste de trente-quatre ans, qui avait presque | épuisé toutes les douceurs que la gloire réserve à ses prédestinés, se préoccupait de suivre !
une autre Toute: f.
celle que lui |
avait tracée le succès lui paraissant monotone.
Cnan auparavant, Lucien Doucet l'avait in-
troduit dans ce milieu sym- ÉTUDE POUR LA FIGURE D'ISRAFIL DANS “IA MORT DE BABYLONE
boliste que les jeunes revues exaltaient depuis 1886. Rochegrosse connut aussi Saint- Paul Roux, qui s'intitulait le Magnifique, et avec qui il faillit prendre la direction de l'Odéon : Camille Mauclair, à la veille de publier Æleusis, essai d'esthétique et de métaphysique, et Maurice Beaubourg, l'auteur de L’]mage et des Contes pour les Assassins.
Un peu plus tard, vinrent Marcel Schwoob, Pierre Quillard, Mæterlinck, Claude Couturier, qui, avant d'écrire de jolis romans, avait fait de la peinture, Jules Perrin, le visionnaire de cette fantastique Broceliande, Gustave Charpentier, que venaient de mettre en lumière Les Impressions d'Italie et La Vie du Poète, et enfin un jeune homme, élève de l'académie Julian, qui passait ÉTUDE pour écrire de fort béaux vers : Henry Bataille.
Le demi-dieu, révéré par cette sorte de cénacle, était Stéphane Mallarmé, que Rochegrosse enfant avait connu chez Banvile ; cette vénération fut partagée par Ibsen quand un élève du Conservatoire, Lugné-Poë, eut, avec Camille Mauclair, fondé le Théâtre de l'Œuvre et donné la première représentation de Rosmersholm, aux Bouftes-du-Nord,
le 6 octobre 1893.
En outre, tout le monde se passionnait pour la question wagnérienne,