‹ Georgette (volume 2)Chapitre 8 sur 24 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Départ , Arrivée.

Jean et notre héroïne furent peut-être les seuls qui , durant cette nuit mémorable, ne quittèrent point leur lit et continuèrent tranquillement de dormir, sans se douter de ce qui se passait

dans l'auberge ; aussi furent-ils les premiers levés et habillés.

Jean descend dans la salie basse; il est fort surpris de ne voir personne, il va remonter à sa chambre lorsqii'il rencontre le chevalier, descendant trèsdoucement de l'endroit où il avait couché. (Cette fois il est dans un costume plus décent.) Le Gascon s'arrête, mécontent de trouver là le fermier; mais, seVemettant bientôt, il lui propose de venir prendre l'air avec lui dans la campagne.» Parbleu! ce seraitavec plaisir, répond Jean, mais on est si paresseux ici que personne dans Tauberge n'est levé, de sorte que la porte d'entrée est encore fermée. — Nous nourrious peut-être sortir par le jardin ? — Pas

SG GEOBGETTE.

davantage : la grille , qui était ouverte hier, est fermée maintenant, je ne sais pourquoi. »

A cette nouvelle, la figure dn clievriîier s'allonge de doux pouces : il resle un moment immobile; puis, comme par réflexion, il salue Jean en disant qu'il va dans sa chambre attendre le réveil des voyageurs.

I.ebon fermier s'impatientait de la lenteur de ses compagnons de route; enfin les gens de l'auberge parurent, bientôt tout le monde fut sur pied. Georgette accourut demander si Ton allait remonter en voiture. Les voyageurs se questionnaient à l'oreille sur les aventures de la nuit, chacun riait et regardait son voisin en souriant malignement.

GEORGETTE. Sj

La petite servante ne descendit pas; le marchand entra dans la grande salle, en s'appuyant sur sa canne; il paraissait vieilli de dix ans depnis la veille; le militaire fumait dans un coin sans dire un mot , la vieille regardait attentivement chaque voyageur, cherchant à deviner quel était le mortel épris de ses charmes; la nourrice n'otait pas les yeux de dessus son nourrisson, et ce fut avec im grand plaisir que ces différens personnages entendirent le conducteur les avertir qu'il était Theure de se remettre en route.

Charles de Merville monrait à cheval au moment où Georgette s'éioignair»

«Adieu, ma petite amie, lui dit-il de loin. — Adieu. Viens me voir à la ferme

OU je ne t'aimerai plus » Eu disant cela , notre héroïne monta en voiture, et Cliarles s'éloigna au grand galop.

Tout le monde était dans la voilure.

Le postillon allait fouetler ses chevaux, lorsque le conducteur s'aperçut que le chevalier lui manquait. Il jure, crie... on appelle le voyageur, on cherche dans Tauberge. L'hote, qui n'était pas payé, conçoit de vives inquiétudes en se rappelant l'escapade de la nuit. On cherche inutilement M. le chevalier; enfin, en furetant dans sa chambre, on rcm.Trque le désordre qui règne dans la cheminée , Tatre et les chenets sont couverts de suie; on monte aux greniers, on regarde sur les toits, et Ton trouve

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h grande épée du vainquenr des Maures accrochée à une gouttière ! plus do doute, le somnambule s'est sauvé parles toits! L'aubergiste rit de l'aventure, le conducteur ne peuts'ompéchcr d'en faire autant, et les voyageurs s'éloignent en faisant leurs réflexions sur cette manière de voyager à peu de frais.

Laissons rouler la diligence ; l'enîretien des voviîgeurs pourrait à la longue (aligner nos lecteurs; hâtonsnous d'arriver avec le fermier et Georgetieà Bondy, où ils saluèrent leurs compagnons de route, qui continuèrenl. de galoper vers Paris; suivons les personnages auxquels nous nous intéressons , clans la demeure champêtre qui va de-

go GEORGETTE.

venir le théâtre des premières folies de Georgette, et voyons, avant tout, quel effet produisit son arrivée inattendue sous le toit rustique du bon fermier.

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