‹ Gérard de Groote [microform]Chapitre 12 sur 50 · CHAPITRE II. 2b · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 2b

Bien mieux, par un acte en date du 20 septembre 1374, il fît don de sa maison paternelle «t à l'usage des pauvres qtii voudraient se consacrer au service de Dieu; » et, par un second acte, du 23 juillet 1379, il confirma la précédente donation, en précisant ses intentions par les statuts qui suivent :

« Mon intention n'est en aucune façon de fonder tin « ordre nouveau, ou une nouvelle religion, mais simple- ♦^ ment d'offrir l'hospitalité à des femmes (joncvromvm) ^ qui cherchent un lieu de retraite pour adorer Dieu, •< dans l'humilité et la pénitence. — Ces filles (et veu- ^ ves) ne seront astreintes à aucun vœu, ni affiliées à « aucun ordre, ni distinguées par aucun vêtement ecclé- «< siastique ; mais elles resteront et s'appelleront laïques, « et seront vêtues de couleur sombre, comme les autres « honnêtes femmes de la cité; elles vivront dans la « chasteté et obéiront à une régente, élue chaque « année à la majorité des voix, et dont l'élection devra « être confirmée par les échevins. — Si quelqu'une « des sœurs (ou béguines) mendie au dehors, ou in- * troduit chez elle de l'argent, elle sera de suite expul- « sée; car, c'est par le travail de leurs mains qu'elles « doivent toutes se procurer ce qui est nécessaire à « leur vie commune, sauf le cas de maladie ou d'infîr- « mité. Et, tout en travaillant, elles ne doivent pas né- « gliger les exercices de piété, ni laisser éteindre le « feu de l'esprit ; mais, pendant le travail en commun « l'une d'elles lira à haute voix les « Heures de la Vierge, »

en souvenir de leur maître Gérard de Groote. Voy. Paquot : Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des XV H provinces des Pais-Bas.-^ Louvain, 1745 (vol. I, p. 419).

« les <^ Sept psaumes pénitentiaux, etc.,* depeur,dit Groote, « qu'elles ne se livrent à des bavardages superflus (1). » .. Telle fut la première ébauche des ^ Confrérie de la vie commune, » on voit qu'elle ne s'appliquait dans le principe qu'à des femmes, libres des liens du mariage. Après celle de Deventer, les plus célèbres confréries de « Sœurs de la vie commum » furent celles de Diepenveen, de Bronopia, de Bethania, Elles avaient encore beaucoup d'analogie avec les anciens « Béguinages^ (2) ; mais s'en distinguaient déjà par cette règle absolue du travail manuel et en commun, qui était aux yeux de Gérard de Groote le remède le plus efficace contre les abus des ordres monastiques.

Par le premier acte de donation, maître Gérard s'était réservé, sa vie durant, dans sa maison un petit appartement qui ne communiquait avec les Béguines que par un * tour: * c'est par là qu'elles lui faisaient passer les aliments qu'elles achetaient pour lui au marché, mais qu'il cuisait lui-même; et il ne leur parlait jamais qu'à travers une fenêtre grillée et fermée par un rideau.

Dorénavant il n'accepta plus une seule invitation au dehors; mais, par contre, il avait coutume d'inviter des pauvres ou des bourgeois pieux à son frugal repas, qu'il assaisonnait toujours par la lecture de quelque bon livre, ou par quelque appel à la conversion. Sa bibliothèque se trouvait dans la salle à manger (3). C'est ainsi que ce grand maître dans l'art de

. (1) Dumbar : Het herkelyke en wereltlyke Decenter. — Arnhem, 1752, vol. I, p. 507-10 et 549-50. Cf. Manuscrit de La Haye, fol. 252^ Epistola Gerardi ad JohannemCele.

(2) A. Jundt : Ouvrage déjà cité, p. 45,

(3) Thomas àKempis: Vitamufj, Gerardiy cap. xi.

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