‹ Gérard de Groote [microform]Chapitre 13 sur 50 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

bien vivre et dans l'étude de l'Écriture-Sainte passa trois années de retraite, dans celte maison célèbre jusqu'à la fin du xvi^ siècle sous le nom de « Meester Gerrifs huis (J), î» partageant son temps entre la lecture delà Bible etdesPères de l'Église (entre lesquels il avait une prédilection pour ^int-Augustin et Saint-Bernard), la prière et la correspondance avec ses nombreux amis (1).

Nous rapportons à cette demi-retraite de Gérard de Groote à Deventer (1344 à 1377) un autre opuscule, qui se trouve comme le précédent, imprimé à la suite çles œuvres complètes de Thomas à Kempis et a pour titre « De sacris libris studendis (3). » En tête on lit cette déclaration « que la racine de toute étude et le miroir de la vie doivent être l'Evangile, parce que c'est là qu'on trouve la vie du Ghirst. » Il admet ensuite, mais en sous-ordre, la lecture de la Vie et des Discours des Pères, celle des Épîtres et des Actes des Apôtres; en dernier lieu, les Paraboles et les Psaumes. Après avoir donné quelques préceptes relatifs à l'audition respectueuse de la messe et à l'observation rigoureuse des jeûnes, il constate, avec un certain regret, que, dans l'Égliseprimitive, tous les fidèles communiaient au corps et au sang du Christ, tandis qu'aujourd'hui on a remplacé la participation au calice, par le « Pax vobiscum »

(1) Cette maison servit plus tard d'hôtel des ;Monnaies pour la province d'Over- Yssel ; sur le même emplacement s'élève l'hôtel « Groote en Voorster » rue des Béguines.

(2) Thomas à Kempis en dit (Vita, cap. XUI) : « Scripsit inter cœtera « plures notabiles Epistolas quae, apud plerosque siraul aggregatae, pro M digno memopiali servantur et leguntur. »

(3) Thomas à K. Vita Gerardi, vers la fin.

* ce qui est un signe de décadence de l'Église. » Il n'était pas possible que maître Gérard demeurât ainsi à mi-chemin entre le monde et la retraite; à micôte sur la pente de l'ascétisme mystique ; car, une fois que l'homme est imbu de cette idée que tout, dans le monde, est mauvais et fait obstacle ù l'union de l'âme avec Dieu, il en vient logiquement à rompre les derniers liens qui l'y rattachent. Déjà, dans les premiers mois de l'année 1377, Groote s'était rendu au couvent de Groenendal, dans la forêt de Soignes (Viridis Vallis),pour y voir Ruysbroek, vers lequel il se sentait attiré par un fervent amour (1) ; et ce grand mystique, qui était persuadé que tous ses livres lui étaient dictés par le Saint- Esprit, ne fit qu'augmenter le désir de son jeune ami de se vouer à la retraite.

C'est ce que fit Gérard de Groote peu après la fête de Pâques de cette année : il quitta, sans esprit de retour, sa ville natale et la maison de ses pères ; et après avoir obtenu de son ami de Kalkar une cellule, il se retira à la Chartreuse de Monnikhuisen, qui était située dans une riante vallée des environs d'Arnhem (aujourd'hui Klarenbeek). Là, sans s'être lié par aucun vœu, par aucune règle, « il soumit son corps chéti faux exercices « les plus rigoureux, tels que : jeûnes fréquents, absti- « nence totale de viande; veilles forcées et port d'un « cilice noueux autour des reins, afin (nous dit son « biographe) de réformer l'homme intérieur, créé à l'i- ^ mage de Dieu ; et d'apprendre par sa propre expé-

(1) Ttioniftsi K. {Vita^ etp. X): « IniioM comroenJirI «Iniiifofn pdori - itiiro, a» Gcrardus. cuji». (Câbdliim pMuM tom in Imo i\tù qtnm in • tatim llcrl coorupt«o. »

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