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CHAPITRE VI. M

<< pagnie, ni vous, prêtres, ni vos sœurs les Béguines, « s'il néglige d'observer la chasteté, le renoncement à « tout bien propre, l'obéissance et par-dessus tout la •< charité; et s'il ne consent pas à travailler de ses « mains (1). »

D'après ces recommandations si sages du maître mourant, les chanoines de Windesheim observèrent rigoureusement la règle de saint Augustin (2). Ils portaient la robe blanche des chanoines, symbole de la chasteté; avec un capuchon noir, symbole de la mort et de la vanité des choses de ce monde. D'ailleurs, à l'instar des Frères de la Vie commune, ils se livraient à tous les travaux agricoles ou industriels, persévéraient dans la prière, la confession mutuelle et le chant des hymnes, et s'occupaient aussi de la copie des manuscrits et de la composition des « rapiaria, »

Empêché par sa mort prématurée, ce chrétien, digne des temps apostoliques par son zèle austère et par sa fermeté inébranlable, confia l'exécution de son projet à ses plus cliers disciples, Florent Radewijns et Hendrik de Wilsem. Ce furent eux qui édifièrent le premier couvent à Windesheim (à mi-chemin entre Deventer et Zwolle), dans des terrains cédés à titre gratuit par Berthold ten Hâve et Lambert Stuerman, sur la rive droite de l'Yssel.

(1) J. Buscluus. op. cilat., cap, v.

(2) Celte règle est extraite d'une lettre de saint Augustin à sa sœur et de sesdeux sermons de Moribus dericorum; elle ne fut pas appliquée aux clianoines avant le xi« siècle. — U ne faut pas confondre ces chanoines réguliers avec les ermites de saint Augustin, qui furent réunis en un Ordre par Innocent IV sous la même règle, mais devinrent un Ordre mendiant, comme les Dominicains et Franciscains. C'est de ces Augustins moineSj et non pas des chanoines de saint Augustin, que sortit Luther. — V. Encyclopédie des Sciences ttelig., article de Ch. Schimdt sur les A'igustins.

m GÉRARD DE GROOÏE.

Le nouveau monastère l'ut richement doté par divers amis de Groote et inauguré dans l'année 1387, par le vicaire de l'évêque d'Utrecht. Cette maison eut pour premiers prieurs : Henri Klingebijl (de Hôxter sur le Weser), Werner Keyrikanip eiJean Vos vanHetisden, trois hommes convertis par maître Gérard, et éminents par leur piété et leur savoir (1).

Les années suivantes virent s'élever les couvents de Marienhom (près Arnheim), de Nieuwe Licht (près Hoorn), auxquels se joignit celui des Augustins à Eemsteyn (près Dordreciit), qui existait déjà. Ces trois maisons, avec la première, sesoumirent à l'autorité du prieur de Windesheim et obtinrent du pape Boniface IX 1 395), l'autorisation de former un Ciiapitre général, autonome, qui pourrait s'adjoindre des couvents d'autres diocèses (2).

Au chapitre de Windeslieim vinrent bientôt s'agréger les couvents de Saint- Jean (à Amsterdam), de Vredesweel (près Munster) ; enfin le célèbre couvent du Mont Sainte-Agnès (près Zwolle), où il y avait déjà, depuis 1385, une maison de Frères de la vie commune, bâtie sur l'emplacement désigné par Groote lui-même.

En effet, comme il était venu en 1384 à Zwolle, et que des amis, désireux de mener une vie plus intime, lui demandaient de leur indiquer un lieu de retraite, il sortit de la ville, vers l'Orient, et, ayant choisi un terrain exposé au midi, il leur dit : « C'est ici qu'il faut plan-

(t) J. Buschius. op. citât., cap. vi et seq.

(2) J. G. R. Acquoy: Het kloosterte Windesheim en zyn Invloed. (2v.) Ulrccbt, 1875. Dans cet ouvrage, le modeste et savant professeur de Leide a remis en lumière et presque rendu à la vie ce Port-Royal de la Hollande.

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