‹ Gérard de Groote [microform]Chapitre 36 sur 50 · CHAPITRE VJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VJ

ter votre tente, de manière à vous préparer un jardin potager et fruitier, sur le versant qui est au soleil. Si Dieu me prête vie^ je viendrai souvent y séjourner avec vousl » Or, maître Gérard mourut cette même année. On conçoit que cette dernière pensée du maître fût réalisée promptement, comme un ordre sacré. Le couvent < le Sainte-Agnès eut pour premier prieur Jean de Kempis (près Cologne), l'un des fondateurs de la confrérie de la vie commune à Zwolle ; lequel y amena plus tard son frère cadet jT/î ornas (1399). Ce couvent fut sans doute fondé en dehors de l'autorité de Florent Radewyns ; car il parait qu'il excita longtemps une sorte de jalousie chez les Pères de Windesheim (1).

Dane le siècle suivant, tous les couvents de chanoines de Saint-Augustin aux Pays-Bas, en Allemagne, et même dans le nord et le centre de la France, furent soumis à ce même chapitre de Windesheim (2); en sorte que, au bout d'un siècle, on en comptait plus de quatre-vingts ralliés au même ordre. Mais ilsdéclinèrent eu même temps et par les mêmes causes que les confréries de la vie commune. Le dernier couvent, celui de Frenswegen (dans le duché de Beiitheim, sur les frontières de la Hollande et de la Westphalie), subsistait encore au début denotre siècle; et fut fermé par Napoléon I, en vertu du même décret qui supprima la maison des Frères à Emmerich.

Mais il n'était pas aussi facile d'abolir les bienfaits des chanoines de Windesheim que de fermer leurs mai-

(1) Thomas à Kempis. Clivonkon Montmjnelanum cap^. i.

(2) J. Buschius. Op. citât., cap. xlvii.

sons; car ces œuvres étaient conservées dans le trésor littéraire de l'humanité.

On l'a vu, les chanoines réguliers de Windesheim, comme les Frères de la vie commune étaient vefsés dans ia connaissance des Lettres sacrées et profanes ; mais ils se distinguèrent entre tous par la richesse de leurs Libliothèques et par le commerce des manuscrits. La plupart tenaient aussi école, pour les clercs de famille riche, tels que celui de Tongres, où l'on enseignait la géographie, les principes des mathématiques, et où les élèves représentaient des tragédies sacrées (1); celui de Stein{[iTès Gouda), où Erasme passa les premières années del'adolescence, mais non pas les plus heureuses (1 Ins.) Il se plaint « qu'on y cultivât les lettres en secret, mais \2i dive bouteille ci\ \mh\\c \ * Il y eut môme des, couvents, parexemplc celui de Saint e'Mane(\)vès Beverwyk) où l'on ne s'occupait que du commerce des parchemins, de la cire et du miel. Ce ne furent là que des exceptions, conséquences inévitables du milieu commerçant où ils se trouvaient et du principe môme du monachisme, qui épuise à la longue ses vertus.

Plusieurs des Pères de Sainte- Agnès excellèrent dans la composition des hymmes sacrées; celles de Jean Schuthen, composées à l'usage du couvent de Sainte- Agnès sont les plus remarquables. Mais leurs chefsd'œuvre furent les éditions de la Bible et les « Extraits des Maximes des Saints, * (rapiaria).

Les Pères de U%^f?s/?e/m avaient rassemblé dans leur bibliothèque les plus anciens manuscrits de la Vulgate d« saint Jérôme, qu'ilsavaient fait acheter à grand prix,

(1) et (1 bis). Delprat. Op. ciUi., p. 223 cl 225.

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