‹ Gérard de Groote [microform]Chapitre 39 sur 50 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

l'ordre de Windesheim, comptait plus de cinquante maisons de Frères ou de Sœurs de la vie commune, issues de la maison-mère de Deventer ; plus de quatrevingts monastères de chanoines réguliers, bien réformés et incorporés au chapitre général de Windesheim; et plus de cent groupes de Tertiaires (c'est-à-dire de Laïques ralliés à la dévotion moderne) sortis de la môme souche (1). Or, ce n'est pas seulement par le nombre et l'espace, mais surtout par les résultats moraux et religieux, que l'on doit mesurer la force vive d'une telle association ; il faut donc rechercher maintenant quelle a été l'influence exercée par ces œuvres de Groote et par les héritiers directs de son esprit, sur le développement des écoles, la renaissance des lettres et la réformation des mœurs et de la religion, dans les siècles suivants.

Lorsqu'on étudie la vie des plus célèbres docteurs du moyen-âge, onestfrappé de leurs fréquents déplacements au point qu ils ne restaient guères plus de trois ans dans la même Université (2). Maître Eckhart, par exemple, professa successivement à Paris, à Strasbourg, à Francfort, à Cologne et peut-être aussi à Mayence. Mais celte incessante mobilité profitait beaucoup moins aux étudiants, qui manquaient de suite dans l'enseignement, qu'à la célébrité des professeurs.

Aussi la première réforme introduite par les Frères de la vie commune, fut-elle la permanence des profes-

(1) J. Buschius. Chronicon Windesemense, cap. xvtt.

(2) La plupart des professeurs, appartenant aux ordres mendiants, étaient envoyés par ie supérieur-général de leur Ordre tantôt ici, tantôt ]à, suivant les besoins de la cause.

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seurs dans chaque école ; on les attachait à leurs chaires par la perspective d'un nombreux auditoire (1) et, partant, d'honoraires élevés. Or, on était assuré de ne jamais manquer d'élèves, parce que l'instruction primaire était donnée gratuitement (1^'"); et même, pour les classes d'humanité qui étaient payantes, les Frères faisaient souvent remise de Fécolage aux étudiants les plus pauvres; témoin Thomas à Kempis qui rend grâces aux Frères de Deventer d'avoir pu achever ses études gratis (2).

Ce qui contribua plus encore que la fixité des maîtres et la îTratnité des études primaires au sncc^ des Ecoles do la vlo commune, ci^ fat la distinction étiblie par les Frères, en classes de ^TRmuuureet classes d^hntna* nité. Dans les 2>remières« les Frèix^s euseignaicut euxmômes la lecfore, récriture, Torthographe, le calcul et quelquefois la géograplûe; les denn^res étaient oonsaerées à réiude du latin cl du grec, dr l:i riiiMorlque et de la théologie^ et confiées aux humanistes les plus éminents (3). Cette division à elle seule op^ra une salutair^ ri^volution dans lVn5iPt^'nement; car, tandis qu'auparavant, lesproCwstîurs avaient souvent î'i lonrf^ cours des étudiants qui savaient^ peine lire et dont l'iKnomuiv^

(1) Alex. I(ftçlii5^ ^ccfc^A 3!i àïk% I IK*>iettk!r; Jcaa Cde^^O aos 4 2%'otte; Stiiraiu 45 à $tr«^!<xirf .

(î M Dftdio>u\. 1. Ce.Ooriif Ke?/«?r«(Wft,iin Béfnrmfttcur cuholiqun. PtRt'ii? oaas^urv qu'il? a\^il. YrryTariséO 1^00. six cMiU éMt(« à fhjoote d'Alkmaar: hiA ecBts à celle de /.y.oIIc; •Joux'^ cents àoHId 4e Beéft«to- IkMct Jiisqu*A S.dOÛ à oHt^ de nfrenter.

|2> TliCMAf k KempH. Viia mag. FlorfaUi, oà^. xxï\\ • Vn^ms Vltoe <nmmiinU csfnliU^ (NJCrif^ c)iirui% libeBox cl qutiequc Q|ms cfint MiiiU-

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