‹ Gérard de Groote [microform]Chapitre 40 sur 50 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

retardait les plus avancés, dorénavant, les études suivirent une marclie plus régulière et plus rapide.

Parmi les discipU's des Frères de la vie commune qui se firent un nom par leur talent pédaj?o^ique, il faut mentionner au premier raii;^' : JmnStanémk; Louis DrinftPiiJm^g, et Jean Stiirm.

Jean Slandonk (1), nù à Maliues d^iiio famille do pauvres artisans, fit ses études chez les Frères deOouda et de Cambrai, qui montrèrent A son égard le même désintéressement que ceux de Deventer k Tégard de Thomas A Kempis.

Distingué do bonne heuii^ pv'^r son esprit profond et son talent dialectique, il lut envoyé par leurs soin^^ s^ rUnivci^sité de Partît, où il devint au bout de <pielques années professeur de tlfcéologie cl fut, en 1485, élu recteur par les quatre nations qui composaient alors TUniversîté : celle de France, celle de Picardie, celle de Normandie et celle d'Allemagne. Nommé,en i^Oi,princii>al du ciiUégc de Mont-Aigu, il se consacra de tout cceur h r«Mucation et au patronage des étudiants ; et, avec le produit d'une collecte feite clieas quelques grands seigneurs el riches bourgeois de la capitale, il oonstruisît» tout près dudît collège, une maison pour servir d'iiôtol aux étudiants moins forlun»^. Exilé i^r Louis Xïl, i^ cause de son Inébranlable opposition au divorce projeté eaitre ce roi et sa première femme Jeanne, fille de Louis XI, princesse tr^s-verlueuse, et rentré dans son pa>^, Jean Standonk fonda ou resUura à ses fVais de semblables • CoUéges de pauvres ckrcs » à Malines, à

ri) HulŒus. 0^ ciMl. Tomn V. p. îXn.

Louvain, à Cambrai et à Valenciennes (1495 à 1500). Et il institua dans tous ces collèges les mômes règlements d'organisation et métliodes d'enseignement, qu'il avait vus appliqués avec tant de succès à Gouda et à Cambrai par ses maîtres : les Frères de la vie commune. Voici, en effet, comment il s'exprime dans les « Proiegomènes aux statuts des pauvres du collège de Montaigu *, où il examine les causes de la décadence de l'Eglise et des perturbations de son gouvernement :

« On ne peut trouver ailleurs de cause plus grave de «< déformation, que dans la négligence de nos contem- « porains à associer à l'étude des lettres et des scien- « ces, avant tout, la pratique des vertus et riionnêteté « de la vie (1). * Cette déclaration de ^ tandonk concorde parfaitement avec le précepte fondamental de Groote, qui était non pas seulemont de cultiver l'intelligence,maisde réformer les mœurs et de réveiller la vie intérieure chez ses disciples (2).

Dès le milieu du xv' siècle, les Frères de la vie commune furent en rapport avec l'Alsace par les voies fluviales et reçurent dos élèves de Strasbourg. Parmi ceux que leur envoya Pierre Schott (mort en 1490), Ammeister de Strasbourg, l'ami de J. Geyler et le savant éditeur de Gerson, se trouvait un jeune homme de Paderborn : Louis Dringenbenj, (mort en 1490) qui manifestait déjà de grandes aptitudes pour l'enseignement.

(1) Manuscrit de la Bibliothèque de l'Arsenal, à Paris, n° 1,168 (in-folio). « De Reformatione Parisiensis Academiœ, fol. 50'. Sequuntur statuta seu ordinationes venerabilis collegii Montis Acuti. Prapambulario introductis. »

(2) LatomuSj dans le Corsendonka, dit des Frères de la vie commune: « Scholas tenent, et non solum litteras, sed et mores quoque discipulos « sucs, el bene vivcre docent. »

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