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CHAPITRE VII

Il revint des Pays-Bas, imbu des principes des Frères de la vie commune, et fonda à Schlestadt, avec le concours du magistrat de la ville, une Ecole latine dont il fut recteur pendant quarante années (1450 à 1490). Cette école fut florissante durant tout le xvi^ siècle ; en 1517, elle comptait jusqu'à neuf cents étudiants ve lUS de Lorraine, de Suisse et de l'Allemagne (1). C'est elle qui forma la plupart des humanistes qui préparèrent en Alsace, la Renaissance des études classiques et la Kéformation religieuse, et dont le plus célèbre est Jacques Wimpheling. Wimphelmg (mort en 1520) élève de Dringenberg et natif de Schlestadt, après avoir professé avec succès à Heidelberg, fonda dans sa ville natale et à Strasbourg des sociétés littéraires, qui jouèrent un grand rôle dans le développement des études libérales, et publia des ouvrages de pédagogie, remarquables par cette même alliance de l'éducation morale et de l'instruction littéraire, qui nous a frappé chez Standonk (2). Il fut à son tour le maître de J. Sturm.

Mais ce fut Jean Sturm (mort en 1589) qui fut le plus puissant rénovateur des Ecoles en Alsace. Lui aussi avait été un élève des Frères de la vie commune, à Liège. Après avoir fondé une imprimerie grecque à Louvain, il se rendit à Paris, où il professa la logique et la littérature hellénique avec le plus grand succès (1529-37) ; mais, forcé de s'éloigner comme suspect de Luthéranisme, il se rendit à Strasbourg, où il ouvrit

(1) Dacheux. Op. citât., p. 342 et 143.

(2) Dacheux. Cf. de Kock. Mémoire sur la Société littéraire fondée par Wimpheling, dans les Mémoires de l'Académie des Sciences morales et politiques, tome I.

une école florissante pour l'enseignement des humanités ; qui reçut en 1566 de l'empereur Maximilien II le titre d'Académie. Durant les quarante-cinq années qu'il en fut recteur, il la porta à un haut point de prospérité et tut, pour ainsi dire, le père de cette vieille Université de Strasbourg (1), qui a été la médiatrice entre la science allemande et l'esprit l'rançais, et l'une des lumières de l'Europe civilisée, jusqu'à l'incendie de la riche bibliothèque et le bombardement de la cité par de nouveaux Barbares î Or, le propre et original caractère de la méthode de Sturm, était d'éveiller et de cultiver les facultés spéciales à chaque étudiant, plutôt que de charger leur mémoire de notions incomprises et de vides foi-mules; et il avait ce principe en commun * avec les Frères de la vie commune, de faire servir les belles-lettres aux bonnes mœurs.

Standonk et Sturm, Drimjenbenj et Winip/ieling ne furent pas seulement d'excellents pédagogues, mais, joignant l'exemple au précepte, ils furent des philologues distingués. Ainsi, fidèles au double principe de Gérard de Groote, ses disciples contribuèrent aussi puissamment à la renaissance des lettres anciennes, par la propagation des manuscrits sacrés et profanes, par la fondation de nombreuses bibliothèques, à côté de leurs écoles, et par les enseignements donnés aux humanistes.

On conçoit tout d'abord que, lorsque des centaines de copistes de bonne volonté furent employés à transcrire jour et nuit des exemplaires de la Bible, des Pères et des écrivains classiques, le prix de ces ouvrages qui

(1) J. Sturm. De litter arum ludis recte aperiendis. Argentorati, 1549. Cf C.h Srhmifit. Vie et tramiix de Jean Sturm. Strasbouri', 1855.

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